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Portrait des disparus

Les dernières semaines ont été difficiles dans le monde musical, avec le décès de plusieurs artistes tels que Jay Reatard,
Lhasa de Sela, Vic Chesnutt
et Kate McGarrigle. Sombre début pour l’année qui s’amorce, avec la disparition des trois derniers artistes touchant de près la communauté artistique de la région de Montréal.

Un bref portrait de ceux qui nous ont quittés dernièrement.

Jay Reatard (1980 – 2010) www.jayreatard.com

Une des icônes de la musique punk et garage des 15 dernières années,
Jay Reatard (de son vrai nom
Jimmy Lee Lindsey Jr.) a produit 22 albums en plus de participer à l’enregistrement d’une centaine d’autres et a donné près d’un millier de performances sur scène dans plus de 20 pays avant de s’éteindre dans son sommeil à l’âge de 29 ans.

Présent dans la métropole pour la dernière fois cet automne dans le cadre de POP Montréal, il avait livré une performance à l’image du mouvement auquel il a grandement contribué : le son était fort et le pit était violent.

Lhasa de Sela (1972 – 2009) www.lhasadesela.com

Sa disparition au tout début de l’année a marqué l’actualité pendant plusieurs jours, au grand dam de ae famille qui souhaitait vivre son deuil dans l’intimité plutôt que sur la scène publique. Les médias ont inondé les ondes en répétant qu’il s’agissait là de la première fois que le décès d’une artiste aurait été annoncé par Twitter, plutôt que de présenter un portrait de la carrière de l’artiste.

La chanteuse, qui s’est illustrée tant en français et en anglais qu’en espagnol au cours de sa carrière, a connu un succès instantané suite au lancement de son premier album en 1997, intitulé
La Llorona. Mélangeant habilement musique traditionnelle mexicaine avec des rythmes empruntés à la musique gitane, son style marque une nouvelle ère dans la musique du monde.

Issue d’une famille de hippie, la chanteuse a passé son enfance à bord d’un bus sillonnant le Mexique et les États-Unis en compagnie de ses parents et de ses neuf frès et soeurs. Arrivée à Montréal en 1991 pour rendre visite à ses soeurs qui étudiaient à l’École nationale du cirque, elle s’installe dans la ville, considérant le Québec comme
« ce qui se rapproche le plus du sentiment d’avoir un pays ».

Tout comme son premier album, les deux suivants, The Living Road et
Lhasa connaissent un grand succès tant auprès de la critique que du public. Atteinte du cancer du sein, elle se voit cependant contrainte d’annuler la tournée prévue à l’automne pour la promotion de son dernier album.
Ses derniers concerts auront été ceux donnés en Islande au cours du mois de mai dernier.

Vic Chesnutt (1964 – 2009) www.vicchesnutt.com

Musicien et compositeur, Vic Chesnutt
a su laisser sa marque au genre folk par ses chansons émouvantes paraissant provenir directement du fond de son âme. Souvent sur un ton de profonde détresse, sa voix s’harmonisait parfaitement à ses paroles traitant souvent de la mort et d’un certain désespoir.

Ce style caractéristique qu’il a entretenu tout au long de se carrière peut certainement être en partie attribué à sa condition physique, qui l’a infl uencé dans la voie qui a fait sa marque. En effet, suite à un accident de voiture en 1983 qui l’a laissé partiellement paralysé, Chesnutt était contraint de se déplacer en chaise roulante et ne disposait que d’une mobilité partielle de ses mains, ce qui ne lui permettait de jouer qu’un nombre limité d’accords à la guitare.

Sa carrière solo a débuté en 1985 alors qu’il est découvert par Michael Stipe, chanteur du groupe R.E.M., qui l’épaule et produit ses deux premiers albums, Little et West of Rome.
Vic a collaboré avec de nombreux groupes et artistes qui ont su faire la renommée de Montréal dont Godspeed You! Black Emperor, Guy Picciotto
(du groupe Fugazi), Van Dyke Parks
et Thee Silver Mt. Zion, plus de faire paraître deux de ses albums sous le label montréalais Constellation Records.

Kate McGarrigle (1946 – 2010) www.mcgarrigles.com

Connue pour paraître sur scène aux côtés de sa soeur Anna depuis les années 60, Kate McGarrigle a été l’une des premières artistes à se produire dans les deux langues officielles pour chanter les chants traditionnels du pays. Les deux soeurs ont été décorées de l’Ordre du Canada en 1993 et ont reçu le Prix du Gouverneur général en 2004 pour leur contribution à la culture.

Au centre d’une grande famille d’artistes, elle laisse dans le deuil son fils Rufus et sa fille Martha Wainwright, également auteurs-compositeurs-
interprètes, nés d’un mariage avec le chanteur américain Loudon Wainwright.

Sa dernière apparition publique aura été aux côtés de ses enfants Rufus
et Martha, à peine six semaines avant son décès, le 18 janvier.

Mots-clés : Musique (217)



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