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Fashion sheep

On considère qu’il y a un mouvement ou une vague lorsque 20 % d’une population adopte quelque chose. Étonnant, mais surtout intéressant. Par exemple, les téléphones cellulaires : à partir du moment où 20 % de la population s’était munie d’un cellulaire il y a une quinzaine d’année, c’était fini, tout le monde allait suivre la vague et maintenant c’est devenu une norme. C’est ce qui se passe avec les sites comme face de twit ou bien les modes. Parfois les vagues sont pour le mieux, mais plus souvent, c’est pour le pire.

J’ai en tête plus particulièrement la mode qui court depuis un peu plus d’un an. Le retour des années 80. Souvent étroitement liées aux courants musicaux, les modes vestimentaires reflètent une attitude de vie. Dans toute l’histoire de la musique, depuis que les hommes des cavernes se sont mis à chanter et à taper sur des crânes vides avec des bouts de bois, chaque courant musical était là pour apporter quelque chose de plus, de l’innovation, une évolution. Il ne s’est jamais rien fait d’aussi merdique que dans cette décennie. Tout ce que cette période sombre de la musique a apporté en bifurquant de la ligne normale de l’évolution aura été de nous apprendre salement que si 20 % adoptent la merde qu’on leur sert, les 80 autres pourcent devront aussi en manger. Le techno, le rap, le punk, le grunge, sont nés de la musique des 80’s et disons que c’est la récompense après avoir subi une souffrance auditive pendant 10 ans. N’importe quoi pour ne plus entendre de l’électro fait avec un clavier midi (le même qui a servi à créer les sons de Mario Bros).

On peut quand même reconnaître que ce n’est pas une si mauvaise chose d’être passé par là, car aujourd’hui de nouveaux styles musicaux naissent de croisement entre l’électronique, le rap, le rock, le jazz et j’en passe. Selon moi, tant que l’on crée, c’est signe qu’on réfléchit. J’ai bien dit créer. Pourquoi entend-on des nouveaux groupes faire de la musique des années 80 en 2010 ? Du techno-électro-pop-poche. Ça, c’est quand on ne produit pas des reprises de vieux hits comme Africa du groupe Toto repris par Karl Wolf, Right Round de Dead or Alive reprise par Flo Rida. Et je ne parle pas de l’épidémie des disques entiers de reprise à la Sylvain Cossette qui chante en deux tomes les années 70. Il y a aussi les best of. Avons-nous vraiment besoin d’avoir dans notre collection les meilleures chansons de Vanessa Paradis ?

Pour en revenir à mon point, cette période de manque d’imagination nous fait voir un retour en force du jeans mauve serré, des casquettes en filet avec la palette pointant vers le soleil de 14 h, des grosses lunettes en plastique, des t-shirts fluos, des souliers Nike couleur saumon, des pantalons à taille haute et des maudits leggings. Parenthèse… Les filles : Mettez quelque chose par-dessus vos leggings comme des shorts ou une jupe. D’autant plus si vous vous éloignez de votre poids santé. Personne n’est mis en valeur en montrant ses différentes raies. Il n’y a rien de gratifiant à montrer l’une ou l’autre de ses craques. Bah, moi je regarde, comme tout le monde, mais plutôt avec dédain tout ceux et celles qui contribuent à l’image de la femme comme étant une pièce de viande qui fait saliver. Fermeture de la parenthèse. De suivre comme des moutons les modes, aussi laides soient-elles, laisse croire que soit vous n’avez pas de goût ou d’estime de vous, soit vous ne comprenez pas que s’habiller comme un clown ne met en valeur ni votre intelligence, ni votre personnalité, mais au contraire que vous n’êtes pas capable de réfléchir par vous-même et que vous n’avez aucune personnalité.

En espérant que d’apprendre qu’il faut mobiliser seulement 20 % d’une population pour qu’il y ait un mouvement vous encouragera à agir pour l’évolution de notre société. Bon, je vous laisse, je vais nourrir mon intelligence et contribuer à l’image de la femme en regardant A shot of love with Tila Tequila sur sourdine avec un fond musical de Duran Duran. Après, je vais aller dépenser la moitié de mes prêts et bourses pour m’acheter trois t-shirts VUARNET à 50 $, je suis tellement tendance.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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