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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

C’est fini le party

J’espère que vous avez bien abusé du temps des fêtes et profité de votre congé pour manger, boire, fêter et voir les gens que vous aimez.
Parce qu’une autre session s’annonce et nous en avons pour un autre quinze semaines avant de recommencer à vivre ! Je vous souhaite donc une bonne année et j’entame l’année avec un retour sur ce qui s’est passé dans le mois de décembre.

Le Canadien recommence à gagner et les canadiens passent pour arriérés mentaux à Copenhague. Grâce à notre sympathique robot, slash dictateur, slash destructeur de la nature, backslash grand défenseur du cash, underscore complice du perpétuel combat contre les problèmes sociaux. Quand on pense que la conférence de Copenhague a probablement consumé plus de jet fuel qu’elle en fera économiser, on a le droit de se demander si nous nous y prenons de la bonne façon. En fait, est-ce que c’est nos actions et nos gestes qui ne sont pas efficaces ou bien c’est notre façon de réfléchir ? Je serais porté à croire que c’est notre façon de réfléchir, puisqu’il n’y a pas trop de geste concret, efficace qui fonctionne réellement jusqu’à présent.

Je le constate quand je mange mon lunch à la cafétéria et que je vois des gens qui jettent leur cannette de liqueur à la poubelle. Vous savez celle juste à côté du bac de recyclage ? Je vous l’avoue, je dois voir ce geste au moins une fois par semaine. La fois où j’ai le plus rit, c’est quand l’acolyte du producteur de détritus inconscient lui a dit : « Hey, tu viens de perdre 5 cennes ! », notre Gaston de rétorquer : « Ah, c’est juste 5 cennes ! ». Pas de danger que dans une école d’ingénierie nous réfléchissions en termes de développement durable. Après tout, c’est seulement nous qui sommes le plus en contact avec les nouvelles technologies. Ce sont ces nouvelles technologies qui nous donnent de l’emploi. Alors pour continuer de ne pas avoir besoin du 5 cennes des canettes vides et de faire du gros cash, il faudrait peut-être penser à les utiliser, ces technologies que nous concevons (ou allons concevoir !).

L’ultime manque de cerveau, c’est les bouteilles d’eau. Que celui qui a un argument valable d’utiliser des bouteilles d’eau me le prouve… j’attends…
j’attends toujours. Je vous entends déjà me dire : « Lâche-moi avec les bouteilles de plastique, on est sollicité partout pour tout. Pas le droit de fumer en public, pas le droit de parler au téléphone au volant, mange des légumes, mange des Oméga-3, mange des pro-biotiques, passe du temps avec tes enfants, fait du sport, achète local, prend ta voiture le moins souvent possible, fais-toi vacciner contre la grippe, remplis une gourde d’eau provenant du robinet. On ne peut pas vivre notre vie comme on l’entend ? » Vous croyez que l’eau du robinet n’est pas bonne parce que vous avez vu des reportages sur l’état du réseau d’aqueduc ? Premièrement, discutez-en avec un africain et ensuite achetez-vous un micro-filtre (comme un Brita). À la limite, si vous aimez vraiment ça payer pour une des seules choses encore gratuites (peut-être pas pour longtemps d’ailleurs), achetez au moins des 18L d’eau de source. C’est consigné et réutilisable.

N’empêche que c’est quand même aberrant d’écrire ça à l’endroit dans le monde qui possède 3 % des 3 % (2 % sous forme de glace) de l’eau douce mondiale. Dans notre position, soit 0,15 % de la population mondiale, nous devrions nous battre pour que l’eau potable gratuite soit universelle vu notre monopole dans ce domaine. Retournons en Afrique. Il y a des gens qui sont obligés de l’acheter, leur eau, s’ils ne veulent pas boire de l’eau infecte. Ça, c’est pour ceux qui ont l’argent pour s’en acheter. Pourtant, tout comme l’air, l’eau est un élément essentiel à la vie. Si nous fabriquons des bouteilles de plastique pour mettre de la « bonne eau » dedans, ça ne nous avance pas beaucoup, car nous avons non seulement besoin d’eau propre, mais aussi d’air propre. Je ne commencerai pas à vous expliquer comment on fabrique le plastique !

Au Québec, nous sommes bien moins pire qu’ailleurs : notre électricité, nous l’obtenons de l’hydroélectricité. Facile à dire quand nous avons des mégas-turbos réservoirs d’eau dans le nord à l’abri de la vue. Pour ceux qui ont le fameux complexe du « pas dans ma cours ». Si nous n’avions pas cette chance, soyons franc, est-ce que nous ferions la morale aux autres sur leur mode de production ? Je ne crois pas, car nous n’aurions pas le solaire sur les toits des édifices à Montréal, ni de système de géothermie, ni d’éolienne. Nous opterions, comme les autres, pour les hydrocarbures. La preuve, comme nous pouvons compter sur l’hydroélectricité, nous avons à peine d’éoliennes, zéro solaire et zéro géothermie. Avoir un cerveau, Harper le clown investirait dans ces modes de production qui permettraient de vendre plus d’électricité aux États-Unis et au reste du Canada, lui qui pense seulement avec son compte en banque. Oups j’oubliais, il n’y a pas de lobby assez puissant dans ces industries pour le graisser. Parce que tout bon leader politique est là pour ses propres intérêts et non ceux de la société comme nous serions portés à le croire !

Bon je vais aller me chercher un café chez notre traiteur qui a le monopole et par le fait même ajouter une tasse jetable aux 25 milliards de tasses jetées annuellement à la poubelle en Amérique du Nord. Je vais boire ça en restant optimiste à l’idée qu’une école d’ingénierie avec une certification LEED ait un traiteur qui agisse de façon durable avec de la vraie vaisselle et des verres recyclés et recyclables pour les situations de dépannage ! Lorsque mon café aura atteint ma vessie, j’irai l’évacuer à la toilette. Parce que nous les humains, lorsque nous avons envie, nous avons besoin de couper des arbres pour ça et nous devons le faire dans l’une des ressources essentielle à notre survie, l’eau !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.