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Heathenfest : Une soirée avec les barbares du heavy metal

Jeudi, 5 novembre 2009, 18h. Une longue file longe le National, à deux pas du métro Beaudry. L’excitation est palpable parmi les fans de heavy metal attroupés ce soir là, et pour cause, le Heathenfest débarque en ville. Même si l’ouverture des portes se fait attendre, on entend quelques groupuscules d’individus à l’aspect barbare entonner des classiques comme « Wenches and Mead ».

À l’intérieur, première surprise pour ceux qui n’ont jamais été au National : le plancher est en pente. Le thrash s’annonce déjà particulièrement violent et imprévisible, comme on l’aime. Pour rattraper le retard (une constante dans la majorité des évènements de heavy metal), le premier groupe, Kivimetsän Druidi embarque peu après l’ouverture des portes. Dure commande, étant donné que la majorité des fans présents n’ont pas encore atteint le vestiaire. C’était mon premier contact avec le groupe, et quelle impression il m’a fait : à peine les premières notes du sound check entamées, la foule se rue vers l’avant. Le métal folklorique aux nuances symphoniques bien particulières du groupe a magnifiquement préparé la salle pour le reste de la soirée. Seul bémol : plusieurs des chansons du groupe se prêtent au chant par la foule sur le parterre, et quand vous ne pigez pas un mot de finnois, ce n’est pas forcément la chose la plus évidente. Nonobstant, il va sans dire que le groupe sera très bien reçu à Montréal la prochaine fois qu’il viendra dans les parages, au vu de la performance qu’il a livré.

Aussitôt les membres de Kivimetsän Druidi sortis, c’est au tour du groupe Vreid de venir nous métalliser les oreilles. Tout droit venus de Norvège, leur black metal lourd et implacable a créé un agréable contraste avec le groupe précédent, bien que le thrash se soit un peu calmé, presque bercé par les mélodies des norvégiens.

L’accalmie allait être de courte durée, car dès leur sortie de scène, le parterre scandait déjà l’arrivée d’Alestorm, groupe de pirates culte dans la communauté métal. Tous les classiques ont été joués, et entendre la foule chanter les hymnes comme « Nancy The Tavern Wench » a su me donner la chair de poule. D’ailleurs, nous avons même eu droit à un « Wall of Death » pendant « Captain Morgan’s revenge ». Avec le plancher en pente, le moment n’était rien de moins que magistral. C’est exténués que les fans du parterre ont accueillis Belphegor, un groupe de black/death metal bien connu. Le chanteur, particulièrement verbeux, m’a notamment fait rire avec la phrase suivante : « Hey Montreal ! [long silence] Fuck ! ». Mis à part le vocabulaire fort développé du chanteur, l’énergie qui émanait du groupe a, à ma grande surprise, réussi à garder le thrash bien vivant, et ce même après le déferlement de la vague Alestorm.

Malgré la déferlante de métal de qualité qui s’est abattue sur nos tympans toute la soirée, la palme du groupe le plus attendu revient à Eluveitie. Reconnus pour leur savant mélange d’instruments acoustiques et de sonorités métal, les membres du groupe suisse n’ont pas déçu. Le National entier leur mangeait dans la main. Une partie de leur prestation fut réservée aux chansons acoustiques, et, malgré tout, le sentiment métal n’as pas du tout quitté la salle. Le répertoire parcouru s’est avéré un véritable crowd pleaser, et à plusieurs reprises, on a senti la salle parcourue d’un véritable frisson. Magistral.

Mots-clés : Musique (217)



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