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Mon dieu est plus fort que le tien !

Dure semaine pour la Scientologie. Tout d’abord, Paul Haggis, réalisateur du film Crash et détenteur d’un patronyme fabuleux, quitte l’Église de façon bruyante. Peu après, Tommy David, porte-parole de l’organisation, participe malhabilement à une entrevue de la chaîne ABC et la quitte en plein milieu plutôt que de répondre à une question sur son culte. En fait, non content d’avoir eu l’air d’un vrai enfant-roi décontenancé en entrevue, il s’est même présenté aux studios d’ABC quelques minutes avant la diffusion de l’entrevue avec la demande formelle de ne pas présenter ladite entrevue. On s’en doute, la manœuvre n’eut pas l’effet dissuasif escompté, et ce malgré que l’Église de Scientologie eut envoyé des mises en demeure avec la même ardeur que des retraités bourrés de Prozac distribuant des bonbons durs le soir de l’Halloween.
Non, le vrai coup dur, c’est un jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris. En effet, l’Église (plus particulièrement deux de ses plus importantes structures françaises) a été condamnée à des amendes totalisant 600 000 euros pour « escroquerie en bande organisée », sans compter que plusieurs têtes dirigeantes du mouvement français en ont eu quelques salées aussi. Ce que c’est succulent. Bon, évidemment, on ne verrait pas une telle histoire arriver aux États-Unis, tout simplement parce que l’Église de Scientologie américaine a les moyens d’engager des guerres judiciaires plus explosives qu’un navet de Michael Bay. Nonobstant, c’est quand même pas souvent qu’on entend un tribunal prononcer un jugement d’escroquerie à l’égard d’une secte. À tous les supporters d’Anonymous (un mouvement s’opposant à l’Église de Scientologie), vous avez quand même un peu plus de carburant pour rigoler. Pour les autres qui croient en la toute-puissance de Xenu, eh bien, continuez comme ça : l’actualité serait plus morne sinon.

Avec le temps, j’ai développé la fâcheuse tendance de voir les différents cultes comme différentes équipes de hockey ou de football européen (évidemment, dans ma version les hooligans sont plus explosifs, incroyable mais vrai). Appelez ça du cynisme si ça vous chante (avec raison d’ailleurs), moi j’appelle ça « ajouter du piquant à l’actualité ». Et un peu comme les Montréalais n’aiment pas les Maple Leafs, moi, je n’aime pas la Scientologie. Ses déboires me font rire. De la même manière, Montréal se morfond quand le Canadien perd en série, eh bien moi, si un texte ancien présentant la mythologie nordique sous un mauvais jour faisait surface, je vous garantis qu’il y a des historiens qui s’en prendraient plein la gueule. Voilà, c’est dit, et espérons qu’une copie du Polyscope se rendra jusqu’au département d’histoire de l’Université de Montréal.

Courrier du Cœur, version barbare

Les temps se refroidissent beaucoup, et j’ai reçu quelques courriels de gaillards inquiets de passer l’hiver sans personne avec qui partager leurs couvertes en peaux de loup. Voyons voir ce qu’on peut faire histoire d’aider le Québec à se repeupler un peu, façon viking.
Thomas a écrit : « Salut, ô roi des Ostrogoths. J’ai repéré une jolie biche et les instincts de chasseur sont en marche. J’ai décidé de la séduire par le bruit. Je commence par où si je veux composer une chanson charmante et émotionnelle pour voir la couleur de ses draps ? »
Alors mon cher Thomas, c’est toute une problématique que tu as là. Heureusement, je connais quelques astuces qui pourront te permettre de crinquer la musique en un rien de temps. Approprie-toi une guitare (le pillage est conseillé), idéalement, électrique, parce que tu vas vouloir mettre de la belle grosse distorsion sale là-dessus. Apprends quelques accords, pas besoin de savoir jouer (sauf si tu comptes former un groupe à postériori) de l’instrument. L’important, c’est de se concentrer sur les paroles. Même si nos instincts narcissiques se mettent en travers de notre chemin, il est capital de parler d’elle, et non de nos faits d’armes nombreux et virils. Aussi, il est important d’être un peu expressif, même si c’est peu masculin. Par exemple, des vers comme « Mes narines s’excitent quand elles repèrent ton odeur » sont à préférer à ceux comme « Tu sens ben bon ». Évite d’en mettre trop, il faut rester un peu terre-à-terre. Par exemple, néglige les « Je me perds dans l’immense océan de tes yeux », sauf si elle a des yeux titanesques et mal formés. Tu connais des demoiselles qui aiment se faire traiter d’abomination au visage difforme qui nous font perdre le sens de l’orientation ? Pas moi, alors, à proscrire. Tu peux aussi accentuer le côté viril et protecteur en lui chantant, par exemple : « Quand d’autres gars te parlent, je veux leur éclater la gueule ». Avec ça, tu es prêt à affronter ce défi. Ah, évidemment, si tu parlais d’une biche au sens propre, et non figuré, et bien je te suggère de remplacer la guitare par l’arc composite. Et que Crom soit avec toi.

Conseil Métal de la semaine

Cette semaine, on se la coule old school. L’album qui a le plus tourné sur mon lecteur mp3 est Seventh Son Of A Seventh Son d’Iron Maiden. Le groupe est à son sommet en termes de performance musicale et de composition : le chant de Bruce Dickinson est majestueux (rien de moins), les harmonies de guitares sont gérées au quart de tour et la production est excellente pour l’époque. En termes de sonorités, c’est le son iconique d’Iron Maiden des années 1980. Donc aucune grande surprise ici, mais une légère évolution dans l’approche qui s’avère bien agréable. Ce n’est pas le meilleur album pour s’initier à Iron Maiden, mais pour ceux qui ont le goût de découvrir un peu pourquoi le groupe est le sujet d’un véritable culte par la plupart des amateurs du genre, c’est probablement l’album idéal. Dans la prochaine édition, on commence la destruction des groupes exécrables, alors attachez votre casque à cornes avec de la broche, ça va saigner !

Mots-clés : Chronique barbare (22)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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