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Je veux me torcher avec du papier brun !

Un Américain nécessiterait 39 kg de papier de toilette par an pour assurer la propreté de ce qui inhume dans son intimité. Personnellement, je trouve que ça fait une méchante chiée de papier pour entretenir un péteux et ses alentours. Au fait, j’exagère, ça ne doit pas faire tant de rouleaux que ça si on tient compte du fait qu’une importante proportion de papier hygiénique est vendue en épaisseur multiple tout en étant imprégnée d’une combinaison de colorants, de parfums, de conservateurs, de bactéricides et d’aloès. Je vous dévoile des statistiques alarmantes d’une industrie catastrophique et des trucs pour réduire votre empreinte écologique sans compromettre les soins « premium » que vous vous accordez. Contrôlez bien votre nerf coccygien, car cette semaine, ma chronique torche !

Un problème qui fesses !

Avant que vous ne me preniez pour un puriste, sachez que je ne m’oppose pas à l’utilisation du papier de toilette. Ainsi, je ne vous recommanderai pas d’utiliser une serviette réutilisable ou de compenser en huile de coude supplémentaire en vous lavant les mains plus langoureusement. Par contre, je tiens à attirer votre attention vers l’excès démesuré que l’industrie du papier de toilette commet alors qu’elle pourrait facilement adopter un comportement plus responsable en économisant de l’énergie et des ressources.

À titre d’exemple, aux États-Unis, 98 % du papier hygiénique vendu provient de fibres de bois vierges. Autrement dit, 98 % des 39 kg de papier-cul utilisés annuellement par personne sont directement responsables de l’abattage d’arbres. Or, la production de papier de toilette à partir de fibres de bois recyclées nécessite 50 % moins d’énergie. Dans les faits, 270 000 arbres sont nécessaires chaque jour sur la planète pour assurer la production de mouchoirs, de papier de ménage et sans oublier notre fameux papier de toilette. Votre postérieur sera-t-il réellement offensé si vous sacrifiez la virginité de votre papier hygiénique ?

D’ailleurs, parlant de pureté, pourquoi trippons-nous tant sur le papier hygiénique plus blanc que blanc ? Un mélange de pâte et papier n’est bien entendu pas naturellement de cette couleur et du chlore est souvent utilisé dans le processus de blanchiment. Il existe des méthodes moins nocives pour l’environnement, c’est-à-dire avec des dérivés du chlore, mais pourquoi s’arrêter là ? Personnellement, je serais ravi de me torcher avec du papier au teint brunâtre n’ayant subi aucun blanchiment, mais les compagnies prétendent que les consommateurs n’en achèteraient pas. Ok, du papier brun ça fait malpropre, mais sincèrement, c’est pour se torcher !

Frustration, réaction

Jusqu’à maintenant, j’ai seulement crié au scandale comme tout bon écologiste qui se respecte. Pour satisfaire le désir brûlant de mes charmantes lectrices (c.f. Alex Luca), je vais proposer une solution toute simple qui requiert une prise de conscience reliée à notre pouvoir d’achat. En effet, pour réduire votre impact environnemental, il suffit d’acheter du papier de toilette fait de papier recyclé post-consommation. La désignation post-consommation précise une nuance importante, soit que le papier n’est pas simplement une retaille de la production d’une d’autre source de papier. Concrètement, cela signifie qu’il provient de nos bacs de recyclage et qu’il a stimulé le marché du recyclage tel que nous le connaissons.
Un autre critère qui demeure important dans l’achat de papier de toilette est de vérifier qu’il a été blanchi au TCF (Totally Chlorine Free) ou au PCF (Processed Chlorine Free). Ces deux appellations sont identiques à l’exception que le TCF s’applique aux fibres de bois vierges et le PCF, aux fibres recyclées seulement. Pour plus d’informations, je vous encourage à consulter le Recycled Tissue and Toilet Paper Guide de Greenpeace qui se télécharge même en application iPhone ! D’autre part, si vous trouvez du papier de toilette complètement non blanchi, faites-moi signe pour que je mouille mes pantalons d’extase.

Réduire : une question de sens !

Pour finir sur une note plus légère, je vous fais part d’une application hors pair des 3R par Chris Rugen, un blogueur américain, concernant l’utilisation du papier hygiénique. Avant de penser à recycler et à réutiliser autrement nos matières résiduelles, il faut avant tout réduire notre consommation. Dans cette optique, M. Rugen défend fermement qu’il est plus écologique d’accrocher son papier de toilette avec le bout qui surplombe le rouleau face à l’usager. De cette façon, nous voyons mieux la portion que nous nous apprêtons à utiliser et, apparemment, la déchirure est plus précise. Pour les curieux, retrouvez son Overhanging Public Service Hanger Brochure. Somme toute, ce conseil est à vos risques et périls puisque, selon Francis-Oliver LeBlanc, un chat peut facilement dérouler un rouleau de papier de toilette s’il est accroché dans la position susmentionnée.

Enfin, n’oubliez pas d’acheter du papier de toilette recyclé post-consommation et blanchi au PCF. Surtout, visez bien et, pour le reste de votre visite au petit coin, vous êtes laissés à vous-mêmes !

Sources




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.