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Liebe Ist Für Alle Da : L’amour avec un grand L

En préface, je dois admettre que je suis un fan de Rammstein jusqu’à la moelle des os. Bien que cela puisse compromettre l’objectivité de cette critique, j’aimerais bien ajouter que les meilleurs fans d’un groupe de musique sont souvent les meilleurs critiques dudit groupe, car ils peuvent être excessivement sévères. Pour prouver cet énoncé, je dois donc rapporter que j’ai failli brûler l’album Rosenrot (le 5e album de Rammstein). Pas parce qu’il était mauvais, mais plutôt parce qu’il n’était pas digne de Mutter, leur meilleur album à mon avis, ou même de Reise, Reise.

C’est donc avec une excitation hors du commun que je me suis à écouter le sixième opus du groupe de métal industriel allemand, le premier en 4 ans. Et, ô comble de joie, c’est du bon. Mais vraiment excellent. En fait, l’attente en valait la peine, car l’album est aussi bon, sinon meilleur que Mutter. C’est tout dire. Mais comment évaluer un album de Rammstein ? Simple, avec 4 critères précis. Est-ce qu’il y a une chanson avec des paroles vulgaires et un vidéoclip encore plus choquant ? L’album est-il une meilleure évolution de la musique de groupe ? Y a-t-il une chanson mélangeant musique symphonique avec de la grosse guitare ? Et finalement, est-ce que l’album en général réussit à fournir une véritable poussée d’adrénaline, à nous pomper ?

Premièrement, Liebe Ist Für Alle Da comprend bien une chanson controversée : il s’agit de Pussy. Sur un rythme entraînant et agressif, le chanteur Till Lindemann fait l’apologie de la baise, rien de moins. Et avec un refrain anglais en plus de ça. Les paroles dudit refrain ? « You have a pussy / I have a dick-A / So what’s the problem / Let’s do it quick. » Si cela vous offusque, ne consultez surtout pas le vidéoclip non-censuré : il s’agit d’un porno… Mais c’est Rammstein, et c’est un groupe qui adore la provocation.

Deuxièmement, le groupe a pigé beaucoup d’éléments de ses derniers albums pour assembler leur dernier opus. Par exemple, on peut donc retrouver les riffs de guitare ultra-aigus dans le morceau éponyme de l’album, Waidmanns Heil est brutal à souhait, et dans Ich Tu Dir Wen, les arrangements subtils de violons concordent très bien avec la guitare. Cependant, le morceau Frühling In Paris est bien différent des autres. Au lieu d’être du métal pur et dur, le genre se situe plutôt autour du rock alternatif. Et étrangement, c’est très satisfaisant. La mélodie est bonne, et la guitare fait encore sentir sa présence, malgré la légèreté de la chanson (en comparaison). Il est très douteux que le répertoire de Rammstein s’oriente vers ce genre de musique, mais l’exécution est réussie, et je ne serais pas contre de réécouter de futurs morceaux similaires.

Troisièmement, le nouvel album comprend bel et bien un morceau alliant certains éléments de musique classique avec la barbarie associée au groupe : il s’agit de Rammlied. À mon avis, il s’agit d’une particularité propre à Rammstein, et j’en suis très friand. Ainsi, au début du morceau, un chœur en fond de trame accompagne le chant de Till, pour être sauvagement coupé par une agression de guitare électrique. De plus, tout au long de la chanson, les violons accompagnent la batterie, la basse, la guitare et le synthétiseur. À mon avis, ce seul morceau justifie l’achat de l’album.

Quatrièmement, je peux déclarer sans regret que cet album est en mesure d’augmenter le rythme cardiaque de 50 %. Une preuve : conduire en écoutant Liebe Ist Für Alle Da augmente votre agressivité au volant de 150 % : vous n’avez qu’à demander au pauvre type que j’ai sauvagement coupé sur la métropolitaine l’autre jour. Mes excuses…

Mots-clés : Musique (217)



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