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Nuit_Nacht_Notte

Nuit_Nacht_Notte… avec un titre comme celui-là, on devine que la prémisse de la nouvelle création de Jocelyne Montpetit prend racine dans cet instant où le soleil se couche et où l’on ferme les yeux pour se transporter dans l’univers des rêves. Ici, la chorégraphe et interprète montréalaise continue son exploration sensorielle des grandes questions existentielles, entrepris avec Faune, présentée l’année dernière à l’Agora de la Danse. Depuis, cette création originale a voyagé à Palerme en Italie ainsi qu’au Japon, où Jocelyne Montpetit a été invitée à joindre une équipe de recherche du Département du corps et de l’image à l’Université de Rikkyo.

Agée de 57 ans (on ne lui donnerait jamais), Jocelyne Montpetit excelle maintenant plus que jamais dans son art. Elle a développé, au cours des années, un style métaphysique bien à elle, une façon de faire partager l’émotion et la fragilité de l’âme. De pièces en pièces, elle continue, à-travers son art, d’explorer l’être humain depuis maintenant presque 20 ans, ayant fondé sa compagnie Jocelyne Montpetit Danse en 1990. Formée auprès de grands maîtres européens tels que Jerzy Grotowski (Pologne) et Étienne Decroux (France), c’est au Japon, entourée de grands maîtres de la danse, qu’elle trouve sa voie. Son style minimaliste, introspectif, féminin, émotif et marginal fait d’elle une grande artiste québécoise, connue de par le monde entier. Il est donc très intéressant de savoir que Jocelyne Montpetit revient à l’Agora de la danse du 27 au 31 octobre 2009 pour présenter Nuit_Nacht_Notte !

Danse solo dont l’inspiration est puisée à même l’atmosphère des grands maîtres du clair-obscur, je dois admettre que Nuit_Nacht_Notte intéressera d’abord un public averti, ou, comme moi, curieux de découvrir cet art troublant du corps, du mouvement et de l’émotion. En effet, même si elle est seule sur cette scène épurée, Jocelyne Montpetit réussit à merveille à nous plonger dans un univers déconnecté du quotidien. Les lents mouvements, soutenus par une trame sonore classique et un parfait éclairage d’appoint, nous rappellent le côté trouble du sommeil, tel un cauchemar qui ne veut pas finir. Par moment, la danseuse et chorégraphe nous plonge également dans une nuit de désir et de folie. Le corps est toujours au centre de l’œuvre. Jocelyne Montpetit visite également celle de l’écrivain Pessoa, dont le texte, Ode à la nuit, est récité en arrière-plan par l’acteur italien Francesco Capitano. Les spectateurs ressortent de la présentation confus, voir même troublés. L’effet est total.




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