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La sulfureuse et envoûtante Carmen

Dans le cadre de l’Oktoberfest, les journalistes du Polyscope avaient rendez-vous à Munich pour tenter de capter l’atmosphère unique qui règne sur la capitale bavaroise pendant ces deux semaines. Entre quelques bières, l’opéra de Munich, le Bayerische Staatsoper, offrait plusieurs représentations de grande qualité. Dans le dernier numéro se trouvait la critique du 100e anniversaire des Ballets Russes, cette semaine, rendez-vous avec Carmen de Bizet.

Georges Bizet (1838-1875) composa l’un des opéras les plus célèbres du répertoire lyrique pendant la dernière année de sa vie et légua ainsi au monde musical une œuvre riche, en langue française, connue internationalement, ayant pour thème non seulement la passion, mais surtout la liberté.

Carmen (Elina Garanca), personnage éponyme, est une sublime et sulfureuse gitane capable de faire perdre la raison à tout homme. Lors du premier acte, elle se retrouve arrêtée après qu’une altercation entre les cigarillères et les dames du village ait éclaté, puis se faisant amener en cellule, elle réussit à séduire le soldat Don José (Jonas Kaufmann) qui la laisse s’enfuir, ce dernier perdant par la même occasion son grade et se retrouvant derrière les barreaux. De nombreux airs méritent d’être connus ou seulement écoutés, comme « Près des remparts de Séville » et « L’amour est un oiseau rebelle », YouTube saura combler vos désirs lyriques.

Deuxième acte d’un spectacle qui en compte quatre. Le toréador Escamillo (Ildebrando D’Arcangelo) arrive en ville, pour la prochaine corrida, parfaite occasion pour célébrer, chanter et danser. Il tombe amoureux de Carmen, mais cette dernière refuse ses avances, restant fidèle à Don José nouvellement libéré après deux mois d’emprisonnement. Il n’est pas la seule personne à tomber sous l’emprise de la belle gitane. Le capitaine Zuniga (qui mit en prison Don José) n’est pas insensible à ses charmes, et arrive lorsque le soldat déchu vient retrouver Carmen. Un duel intervient alors entre les deux hommes, obligeant Don José à s’enfuir et à rejoindre les voleurs et l’illégalité. « Votre toast, je peux vous le rendre », « Je vais danser en votre honneur » et « La fleur que tu m’avais jetée » sont autant de moments forts de cette seconde partie ; ça ne vous dira peut être rien au premier abord, mais cherchez le premier air, et vous retrouverez le fameux « Toréador, prends garde… ».

Acte III, les brigands planifient leurs prochains méfaits. Don José et Escamillo se croisent et se provoquent mutuellement en duel au nom de Carmen, ils sont arrêtés in extremis par les brigands. Don José apprend par Micaela (Genia Kühmeier, prise d’amour pour Don José) que sa mère est mourante, et décide de la rejoindre, laissant seule Carmen, mais la menaçant de mort si elle le trahit. Don José perd toute notion rationnelle, tandis que Carmen respire de liberté et d’évasion… un triste destin est inévitable…

Dernier acte. La corrida a finalement lieu, avec piccadors et peones, danseurs et musiciens. Décors hauts en couleur d’où émanent la chaleur et la fête espagnole. Don José est de retour après la mort de sa mère, et attend Carmen qui est maintenant compagne du toréador à la sortie de la corrida. Complètement submergé par la jalousie et la haine, il poignarde Carmen, et se livre désespéré à la population. Le rideau se ferme sur une ovation complète de la part du public bavarois rendant ainsi hommage à un spectacle d’une grande qualité d’interprétation, techniquement sans faille de la part du chef d’orchestre Karel Mark Chichon, et ô combien fort en émotions grâce aux prouesses lyriques de Carmen, de Don José, et de Micaela. Carmen est un opéra à voir absolument une fois dans sa vie, je ne peux que vous le conseiller, allez-y, vous ne serez aucunement déçu de l’expérience ! Bravo encore au Bayerische Staatsoper pour ce moment magique.

Crédit photo : Wilfried Hoes

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