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Roméo et Juliette

Roméo et Juliette est à l’affiche au Théâtre Maisonneuve jusqu’au 30 octobre, pour la troisième fois avec les Grands Ballets Canadiens de Montréal. Cette pièce, crée par Shakespeare, avec des tirades aussi connues que « Ô Roméo, pourquoi ce nom est-il le tien ? », a été très bien adaptée par Jean-Christophe Maillot.

Tout le monde connait l’histoire romanesque de Roméo Montaigu et de Juliette Capulet. En ce temps-là vivaient à Vérone deux familles riches et puissantes, les Montaigu et les Capulet qui se vouaient une haine mutuelle. Pourtant lors d’une fête, l’impossible se produit, et le regard de Roméo croise celui de Juliette : ainsi leur amour débute. Un coup de foudre, une première rencontre qui s’achève par un baiser. Pourtant le destin ne va pas les laisser tranquille et lorsque Mercutio est mortellement blessé par Tybalt, Roméo se doit de le venger. À cause de cet événement, ce dernier sera chassé de la ville. Il sera aidé par le frère Laurent, qui, cherchant à faire le bien entraînera le pire pour ce tout jeune couple.

Né en 1960, Jean-Christophe Maillot étudie les arts comme la danse au Conservatoire de la région de Tours. C’est un bon soliste mais un accident met un terme à sa carrière de danseur. Il prend alors l’alternative, et devient chorégraphe pour ensuite créer des ballets. Il est ensuite nommé à la direction des Ballets de Monte-Carlo, ou il saura reconnaître beaucoup de futurs talents.

À l’affiche de ce nouveau spectacle, les deux têtes d’affiches sont Xuan Cheng pour Juliette, et Hervé Courtain pour Roméo. Xuan Cheng d’origine chinoise, a aujourd’hui 24 ans. Elle a commencé la danse à l’age de 5 ans, puis est formée à l’école d’art Little Swan à Hunan, puis à l’École du Ballet de Guangzhou. Jeune aoliste, on pourra remarquer son talent dans le rôle de Juliette. De son coté, Hervé Courtain n’en est plus à ses premiers ballets. Aujourd’hui âgé de 35 ans, cet artiste d’origine française a commencé la danse à l’âge de 9 ans puis a été formé à l’école de danse de l’Opéra de Paris. De plus, il n’en est pas à son premier Roméo, en effet c’est la troisième fois qu’il joue Roméo mais ce n’est pas pour autant qu’il prend le rôle à la légère. Il tente à chaque fois de l’améliorer en fonction du personnage, de la vision du chorégraphe mais également en fonction de sa propre expérience. Ainsi, il a réussi à le faire plus sensuel qu’à sa première représentation.

Mais faire un ballet n’est pas sans risques, ainsi pour la représentation, une seconde distribution est prévue en cas d’accident d’un ou de plusieurs acteurs.

C’est donc un ballet réduit en trois actes qui est présenté actuellement, (il y en avait initialement 5 dans la pièce).Et le ballet commence ainsi par une danse de présentation des personnages. Il est vrai que durant les premières minutes, sans paroles, sans aucune indication, il est difficile de reconnaître les Montaigu des Capulet, mais à partir du moment ou les deux amants se rencontrent, alors tout devient limpide et on arrive à voir qui est qui, Mercutio, Tybalt, Benvolio et les autres acolytes. Chaque personnage rythme son corps au son de la musique de Prokofiev. Et c’est là que débute le plaisir pour les yeux et les oreilles. Tout est vu et revu pour que les enchaînements (les bagarres entre les clans, les danses pour la fête) se fassent à la seconde près.

On est ainsi de suite entrainés dans le spectacle, on entre dans la pièce et on devient espion de ce qui se passe. On voit les actions, et on voit petit à petit le drame se mettre en place. Ce n’est qu’une fois la pièce finie que le spectateur pourra enfin sortir de sa bulle pour applaudir le spectacle.

Cependant on pourra noter une note négative, qui est que la pièce perd un peu de rythme vers la fin, ceci s’explique d’une part par la présence unique des deux amoureux, mais également par un ralentissement au niveau de l’orchestre qui donne un autre ton, plus calme plus triste.
Mais malgré ceci, Roméo et Juliette avec les Grands Ballets canadiens est une pièce à voir ou à revoir. Prévoyez quand même de relire l’œuvre de Shakespeare pour ne pas être perdu en cours de route.

Xuan Cheng et Hervé Courtain — Crédit photo : Jianchun Zhang




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