Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Piste cyclable des Carrières

Poursuivons cette fois-ci notre aventure à travers les rues de Montréal là où nous nous sommes laissés la dernière fois, à l’angle des rues Bernard et St-Laurent, dans le Mile-End.

Lors de la chronique précédente publiée il y a déjà quelques semaines de cela, j’avais présenté quelques lieux et commerces dignes d’intérêts situés sur la rue Bernard, entre l’avenue du Parc et la rue St-Laurent. À quelques pas à peine se trouve la piste cyclage des Carrières, qui longe le chemin de fer entre les rues Clark et Papineau.

Endroit agréable pour aller faire un tour de vélo, depuis l’arrière de l’iconique entrepôt de la rue Van Horne chapeauté de son château d’eau jusqu’aux côtés du parc Père-Marquette, en passant sous le viaduc Van Horne et à côté de l’incinérateur des Carrières. La piste cyclable est tantôt bordée d’arbres et de verdure, tantôt bordée par des murales ornées de graffitis.Oon peut y croiser d’autres habitués de l’endroit qui viennent faire un tour de vélo ou des gens qui profitent du parcours de la piste cyclabe pour éviter les feux de circulation automobile et les feux de circulation des rues voisines.

Il est possible d’accéder à la piste cyclable à travers de nombreux trous percés dans la clôture longeant les côtés du chemin de fer. Une entrée située à l’angle des rues Van Horne et St-Urbain se trouve dans un « guerilla garden » installé sur un terrain abandonné par la ville. Glen LeMesurier, artiste et résident du secteur, entretient et installe des sculptures élaborées à partir d’objets trouvés le long de la voie ferrée et de pièces d’équipement de trains abandonnés.

L’artiste s’occupe de tailler les herbes qui poussent sur ce morceau de terre oublié par l’administration publique, tout en revendiquant davantage d’espaces verts pour la population ainsi que davantage d’accès pour permettre aux piétons et aux cyclistes de circuler. En effet, aucune infrastructure ne leur permet d’aller d’un côté à l’autre du chemin de fer sans faire un large détour par des rues à forte circulation automobile. Après 8 ans, la ville n’a toujours pas présenté de plan d’aménagement de ce terrain, mais n’a pas non plus manifesté l’intention concrète de vouloir retirer les sculptures qui y sont installées. Peut-être estime-t-elle qu’il serait trop risqué d’y installer quoi que ce soit d’autre de peur de soulever la colère des citoyens, ou celle du joueur de tuba qui s’y installe pour pratiquer son instrument au cours des fins de semaine d’été.

Un lieu incontournable du parcours est le viaduc Van Horne, prolongement de la rue du même nom jusqu’à la rue St-Denis. Cet endroit, et surtout l’espace piéton qui se trouve sous son tablier, a pris beaucoup de place dans le milieu culturel alternatif de la ville. Depuis les concerts illégaux de Megasoid qui s’y sont tenus au cours de 2006 et 2007 et qui ont mené à la forme actuelle du Bridge Burner, tenu à l’occasion de la St-Jean-Baptiste.

Tous les dimanches en fin de soirée au cours de l’été, Les Pirates viennent d’ailleurs y « jammer » quelques morceaux jusqu’à ce que leur génératrice soit morte ou qu’il fasse trop froid à la fin de l’automne.

N’hésitez pas à enfourcher votre vélo et aller y faire un tour. D’ici-là, si vous avez des suggestions d’endroits à découvrir, contactez-nous.

Viaduc Van Horne

rues Van Horne & Rosemont, au-dessus de St-Laurent

Plus qu’une simple structure de béton au-dessus du chemin de fer du Canadien Pacifique et de la rue St-Laurent, le viaduc Van Horne est une icône du Mile-End, accompagné du château d’eau surplombant les entrepôts frigorifiques situés au 1 rue Van Horne.

Aux deux extrémités du viaduc se trouvent des lieux abrités de toute circulation automobile : d’un côté, un espace inutilisé appartenant à la ville appellé « parc sans nom », avec des sculptures mises en place par les habitants du quartier et les ruines d’un four à pain en plein air démoli par les autorités, à proximité d’un parc avec jeux d’eau pour les enfants. De l’autre côté se trouve une place où les résidents s’exprime sur le sol asphalté par des graffitis ou des installations faites de matériaux récupérés. Certains revendiquent davantage d’espaces verts, d’autres, des passages pour piétons plus sécuritaires alors que d’autres se contentent d’exprimer leur créativité à des inconnus en collant un mot sur un des nombreux pieds du viaduc.

Parmi les dizaines d’installations éphémères mises en place par le public, on peut également assister à des ateliers de réparation de vélo ou le fameux Bridge Burner, fête tenue dans le cadre de la St-Jean-Baptiste mettant notamment en vedette la musique de Ghislain Poirier et de Megasoid.

Incinérateur des Carrières

rues des Carrières & Chambord

Anciennement connu comme l’incinérateur numéro 5, cet ancien incinérateur de résidus domestiques est maintenant abandonné et le terrain est actuellement occupé par l’écocentre de la Petite-Patrie.
Construit au début des années 30 dans le but de se débarrasser des incinérateurs domestiques utilisés à l’époque qui étaient devenus dangereux et désuets, le premier incinérateur municipal était capable de brûler plus de 300 tonnes de déchets par jour. Bien que son utilisation diminua la quantité de déchets enfouis dans les dépotoirs à ciel ouverts de la ville, la rapide dégradation de la qualité de l’air dans le quartier due à l’activité de l’incinérateur a contraint l’installation à subir de nombreuses modifications.

En 1993, après l’échec des modifications visant à réduire l’impact sur la santé des résidents du secteur, l’incinérateur se voit contraint de fermer ses portes, après être devenu un véritable danger pour les citoyens du quartier Rosemont. Depuis sa fermeture, l’incinérateur des Carrières héberge plusieurs locaux de la voirie, et son grand stationnement ainsi que son garage intérieur abritent de nombreux véhicules de la ville.
Ses deux tours de 75 mètres de haut, visibles à des kilomètres aux alentours, sont devenues des symboles du quartier et les élus municipaux parlent régulièrement de leur démolition. La dernière démolition avait été évitée lorsque des rumeurs selon lesquelles le Taz Mahal (plus grand skate park de la région de Montréal) y déménagerait ont vu le jour.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.