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La verdisation

Oui chers lecteurs, c’est en vous apprenant un nouveau mot, de mon cru je dois dire, que je lance ma chronique sur les incohérences sociales. Je suis probablement le seul à réfléchir sur ces petits sujets qui nous passe sous le nez et même en pleine face et qui nous portent à adopter la mauvaise réaction ! Bon la mauvaise à mes yeux, je ne prétendrai pas avoir la Vérité.

La verdisation c’est quoi ? C’est ma façon politicly correct de nommer les compagnies qui sortent des produits en mettant beaucoup de vert dans la publicité. Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la couleur verte est au menu depuis quelques années. En effet, cette couleur a permis à des produits qu’on aurait cru mauvais pour l’environnement de ne pas l’être ! J’ai entendu dernièrement à la radio le comédien qui fait les annonces pour Hyundai. Vous savez le gars qui fait du parachute et qui a sorti un film là-dessus. Il jouait dans Sur la piste à Canal Famille. Ah oui : Guillaume Lemay-Thivierge. Bref, il m’a appris qu’en achetant une Hyundai Accent 2009 et vendant mon vieux bazou, je faisais un bon geste pour l’environnement. Je veux bien croire que ma Mazda Protégé ‘95 rouillée sans catalyseur n’est pas éco-énergétique (verdisation de la langue en inventant un mot à la mode et à tendance technologique). Mais je me demande comment il fait son calcul de l’impact environnemental pour qu’une nouvelle voiture qui vient de Corée, usinée majoritairement de polymères (donc de pétrole) et qui économisera un litre au 5 000 km par rapport à ma vieille, surtout que ça ajoutera une voiture sur le bassin automobile mondial, puisse effacer l’impact de ma vieille voiture qui de toute façon, roulera quand même, car je risque de la vendre. Vous me direz que le gars qui va acheter ma Mazda avec un trou dans le réservoir à essence va en ajouter une de toute manière. Peut-être s’achètera-t-il une voiture avec un moteur à hydrogène qui ne produira rien de plus que de la vapeur d’eau en plus de ne pas se faire arnaquer en achetant ma Mazda !

Ce n’est pas seulement les compagnies qui verdisent leur image. Il y a aussi les politiciens. Un exemple parmi tant d’autres, Gilles Vaillancourt. Je vais vous le dire tout de suite. J’habite à Laval mais je fais des cauchemars à propos de Gilles Castro. En effet, je lis dans le Courrier Laval que Laval a dépassé l’objectif provincial en termes de recyclage. Félicitations à Fidel Vaillancourt qui grâce son initiative de mettre des gros bacs à roulettes de 240 litres pour remplacer les petits de 60 litres, les lavallois ont recyclé 60 % de plus que l’objectif le papier, de carton, de verre et de métal. On cite aussi le directeur du Service de l’environnement, Guy Courchesne, qui souligne que la consommation des citoyens est proportionnelle à leurs revenus et qu’il n’y a pas beaucoup de pauvres à Laval. Ce qu’il faut lire derrière ça, c’est que non seulement la quantité recyclée a augmenté, mais aussi la quantité de déchets non-recyclables. Ce qui m’affecte le plus depuis que le bac a été remplacé par un plus gros, c’est que la fréquence du camion de recyclage n’a pas diminué et que les bacs sont seulement à moitié plein lorsqu’ils sont récupérés. En plus, on se demande ce qu’on a fait des 60 000 anciens bacs (calcul approximatif pour une population de 360 000 habitants / 6 habitants par maison !). Le plus drôle, c’est que l’éternel dictateur lavallois commence à peine à installer des multi-bacs dans les parcs et autres installations municipales et distribue des bouteilles avec de l’eau du robinet pour la promouvoir durant les événements locaux.

C’est par manque de cohérence je crois qu’on a ce genre de geste. Je ne vise personne en particulier mais je compare un peu ce genre de manque de réflexion à la mode bio. Les gens qui achètent bio, c’est parce qu’ils se soucient de leur santé et de celle de leur famille. Vous êtes-vous déjà arrêté dans la section des fruits et légumes de votre épicerie ? Est-ce qu’on a vraiment besoin d’emballer une orange ou un brocoli individuellement ? Même chose pour la darne de saumon (pour les oméga-3 évidement) dans un contenant en styromousse avec une serviette sanitaire dans le fond, enrobé de pellicule plastique et sans réfléchir au moment de payer, on met le turbo-emballage dans un sac transparent pour que ça ne coule pas dans le sac d’épicerie en plastique ! Pareil comme si du saumon saignait comme la jugulaire de Clint Malarchuk. Comme j’ai du mal à écrire en ne parlant de personne en particulier, je vous présente Gaston, notre abruti de service (je ne connais aucun Gaston, alors si vous vous nommez Gaston, je ne parle pas de vous !). Hey mon Gaston, tu ne penses pas que si tu continues à acheter des fruits emballés individuellement avec de la pellicule plastique non recyclable, tu risques de polluer la terre et que c’est dans cette terre que tes légumes bios poussent et que tes enfants ne pourront pas en manger du (insérer le blasphème de votre goût) de bio ? Alors réfléchis avec ton cerveau et ne te laisse pas verdiser !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.