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Double opéra réussi

Le samedi 26 septembre a marqué le début de la 30e saison de l’Opéra de Montréal avec cette double programmation, qui met en scène Gianni Schicchi et Pagliacci, le tout dirigé par Alain Gauthier.

Pagliacci

Tout le village est réuni et apprend que la troupe de comédiens de Pagliacci viendra faire une représentation dans leur village. Les enfants sont heureux, s’amusent, les parents parlent entre eux de cet évènement tant attendu. Le jour de la représentation arrive et l’excitation est à son comble dans le petit village italien, tous ignorent que la comédie tournera au drame… Pagliacci, le chef de la troupe a appris que sa femme Nora l’avait non seulement trompé, mais qu’en plus elle voulait le quitter. Il décide de régler ses comptes sur scène. À ce moment-là Marc Hervieux, qui joue Pagliacci, pousse sa voix de ténor au maximum afin d’exprimer tout son désespoir de mari trompé. Sa colère est si grande qu’il finira par tuer sa femme et son amant.

Dès le début de la représentation, tous nos sens sont en éveil. L’orchestre à nos pieds captive l’attention dès la première note, on a envie de ne pas quitter des yeux le chef d’orchestre, mais les comédiens arrivent et commencent à chanter… Les décors sont magnifiques, les jeux de lumières aussi.

Gianni Schicchi

Après la pièce de Pagliacci qui nous menait jusqu’à Florence, nous y sommes restés pour la suite de l’opéra. Et c’est maintenant une histoire de famille florentine qui est au cœur de l’opéra. Buoso Donati, un riche notable est mort, mais une rumeur dit qu’il déshérite sa famille pour tout donner aux moines. De rage, celle-ci qui espérait avoir des terres et des biens, pense à un stratagème pour pouvoir s’accaparer la fortune. Ainsi intervient le rusé Gianni Schicchi. Il va simuler le défunt devant le notaire, pour pouvoir changer le testament en sa faveur au grand malheur de la famille… Sans oublier le fond de romance entre la fille de Gianni Schicchi et un neveu de Buoso Donati.

Ce deuxième opéra beaucoup plus placé sur le ton comique que tragique, est un vrai plaisir. Le jeu des acteurs est parfaitement coordonné, ce qui donne une profondeur supplémentaire à la pièce. Le changement d’époque est aussi un véritable plaisir pour les yeux. Au lieu d’être en 1299, nous nous trouvons dans les années 50, en pleine révolution vestimentaire. Les personnages peuvent ainsi après leur faux deuil retirer leurs vêtements noirs pour laisser apparaître une multitude de couleurs. Traduire correctement la pièce, puis l’adapter à notre époque est probablement la principale réussite du metteur en scène.
Sans temps mort, les personnages passent de l’état de fausse tristesse pour le défunt, à une véritable tristesse pour la perte de leur héritage. On pourra même citer un personnage : « Qui aurait cru que l’on verserait de vraies larmes le jour de la mort de Buoso ? ».

La musique associée, jouée par l’Orchestre Symphonique de Montréal est également d’une grande aide pour nous faire ressentir les émotions des personnages. Tantôt joyeuse tantôt triste. Entre la pièce précédente et celle-ci, nous pourrons également remarquer les similitudes. La première est une pièce comique qui se termine par un drame alors que la seconde pièce, commence par la mort d’un des acteurs. Mais tout ceci forme une symbiose qui n’aurait pas pu mieux fonctionner. On y retrouvera dans le rôle de Gianni Schicchi, le baryton Grégory Dahl. Ce dernier a su dans la pièce, avec son rôle et sa voix, donner un nouveau souffle au personnage. Le comique de geste qu’a su gérer et entreprendre Grégory Dahl, puis le comique des paroles, et de répétition dans toute la pièce, nous ont fait énormément rire.

Mots-clés : Musique (217)



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