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Histoire d’un presqu’accident

Certaines personnes ont la piqûre de la vitesse. Je fais partie de ce groupe-là. Conduire à vive allure me donne beaucoup de sensations fortes, et à mon avis, cette vitesse est une dépendance au même titre qu’un paquet de cigarettes. Et comme une clope, ces excès de vitesse peuvent être très dangereux, car on peut se retrouver dans un état stationnaire en l’espace de quelques millisecondes : et ça, c’est souvent mortel. Toutefois, je me réserve quand même le droit de trouver que les limites de vitesse sur nos autoroutes sont trop basses : ne serait-il pas mieux d’imposer une vitesse maximale de 110 km/h sur les grandes autoroutes ? Après tout, les provinces des Prairies et la Nouvelle-Écosse ont toutes adopté cette nouvelle limitation.

En contre partie, je trouve pas mal plus raisonnable les limites de vitesse imposées sur les routes secondaires (ex : route de campagne), car contrairement aux autoroutes, celles-ci sont plus étroites et comportent de nombreux virages. C’est d’ailleurs dans un de ces virages que j’ai failli perdre le contrôle de mon véhicule cette fin de semaine. En conduisant de manière très inspirée, j’ai approché un virage beaucoup trop rapidement. En appuyant brutalement sur les freins, les pneus ont commencé à déraper, et ma voiture s’est finalement immobilisée à 5 à 6 mètres d’un arbre. Le seul incident à rapporter est que j’ai renversé une poubelle placée sur le bord du chemin. Par pur hasard, le lendemain matin, j’apprends qu’une connaissance d’une de mes amies a été admise à l’hôpital pour une chirurgie au cerveau suite à une collision en voiture… C’est en partie à cause de cette malheureuse coïncidence que j’ai finalement réalisé que rouler trop vite peut mener à de graves accidents. D ans mon cas, j’ai été chanceux de m’en tirer qu’avec une grosse frousse, car si j’étais allé encore plus vite ou que mes freins étaient avaient été trop usés, j’aurais fait un câlin brutal à un arbre tout droit devant moi.

Mon presqu’accident m’a également intrigué quant aux statistiques sur les accidents causés par la vitesse. Les chiffres recueillis par la SAAQ sont d’ailleurs choquants : au Québec, 40 % des collisions mortelles sont causés par des excès de vitesse. Ce pourcentage monte à 50 % pour les conducteurs de 16 à 24 ans. Plusieurs facteurs expliquent ce taux de mortalité élevé. Tout d’abord, plus la vitesse est élevée, plus l’énergie cinétique augmente, et plus la collision est violente. À titre d’information, un impact à 100 km/h équivaut à une chute du haut d’un édifice de 14 étages. Ensuite, le temps de réaction du conducteur est nettement réduit, retardant ainsi les manœuvres d’évitement. Finalement, à haute vitesse, l’adhérence des pneus est fortement réduite : à titre d’exemple, les pneus de la Bugatti Veyron (pourtant spécialement conçus pour la voiture) n’ont qu’une durée de vie de 15 minutes lorsque cette dernière roule à sa vitesse maximale, soit 406 km/h (toutefois, son réservoir d’essence sera complètement vidé en 12 minutes…)

Des solutions ? Il y en a, la plus évidente étant de maintenir une vitesse raisonnable, c’est-à-dire pas plus de 20 % que la limite de vitesse en vigueur, et ce, uniquement lorsque les conditions routières le permettent. Quant aux maniaques de vitesse, ceux-ci peuvent participer à des journées de lapping (c.-à.-d. tours de piste) sur des circuits routiers. Sur certains circuits, il y a même des instructeurs professionnels pour assurer la formation et la supervision des pilotes. Les tarifs sont également très attrayants : au circuit de Sanair, en Estrie, une journée de lapping complète coûte 100 $, ce qui est bien moins cher qu’une contravention de 105 $ plus frais administratifs (et un point d’inaptitude) pour rouler à 130 km/h sur une autoroute. Pour les amateurs de drag racing, les prix débutent à 10 $ la journée.

Finalement, je n’ai qu’une seule suggestion à faire aux plus imprudents : si vous tenez à rouler à fond sur les voies publiques, de grâce, limitez-vous aux autoroutes avec division au milieu, et faites le uniquement lorsqu’il n’y a aucun véhicule à proximité : ainsi, vous ne mettrez pas la vie des autres en danger. D’ailleurs, j’aimerais faire remarquer que les excès de vitesse sont sévèrement pénalisés : à 145 km/h dans une zone de 90 km/h, c’est 718 $ plus 10 points de démérite. À 180 km/h dans une zone de 100 km/h, la contravention est de 1 255 $ plus 14 points d’inaptitude. Aussi, dans les 2 cas, le permis est suspendu pour une période de 7 jours. Le mot de la fin : faites preuve d’un peu de retenue, un accident n’arrive pas qu’aux autres…

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