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Direction Munich. Objectif : l’Oktoberfest

Vendredi 2 octobre, 6h35 à Munich, arrivée après un voyage de six heures en bus au départ de Prague la veille. La pluie tombe doucement et froidement sur la ville phare de Bavière, les rues sont désertes, un calme règne et pèse sur les pavés.

L’Oktoberfest, c’est la beuverie de prédilection pour les amateurs de litres de houblon, c’est l’endroit rêvé pour chanter Allemand au milieu de belles bavaroises aux tresses blondes, c’est l’occasion de prendre de plein fouet une folie collective incomparable.

En arrivant sur le site, on voit tout de suite qu’ils ne rigolent pas. Immenses bâtiments dressés pour accueillir les quelques six millions de visiteurs en deux semaines, fêtes foraines pour les enfants et les moins jeunes, kiosques de confiseries, habits traditionnels, et surtout, une foule compacte et omniprésente circule de part et d’autre.

Chaque « tente » regroupe entre 500 et 1000 personnes, prêtes à boire jusqu’à la fermeture, soit 23h30, heure du last call. Les barmans remplissent sans relâche auprès de gros barils de bières les litres des verres. Verres qui peuvent être au nombre de huit dans les bras des frauleins servant les buveurs de bières. Au centre de ces tentes se trouve un orchestre interprétant des chansons populaires allemandes, mais aussi quelques succès mondialement connus comme Bohemian Rhapsody de Queen. Le tout est continuellement ponctué par une invitation à porter un toast (pas besoin de raison particulière), et où tout le monde trinque avec ses voisins, profitant de l’occasion pour danser avec les belles et jeunes allemandes ou étrangères éméchées : Ein Prost, Ein Prost, Ein Prost…

Les hommes et les femmes revêtent leurs habits traditionnels pour l’occasion. C’est assez simple pour la gente masculine : culotte courte de cuir à bretelles, chemise blanche avec fleurs d’édelweiss en métal, grosses chaussettes de montagnes et chaussures de randonnées, le tout recouvert d’un chapeau montagnard. Pour les femmes, c’est un peu plus subtil. Chaque année voit un nouvel ensemble faire son apparition. Bleu, rose, verte, jaune, les robes se déclinent dans toutes les couleurs. Avec un chemisier blanc à dentelle, elles arborent un décolleté plus souvent qu’autrement imposant et fourni, le tout avec une aisance surprenante et charmante. Collants blancs, fine chaussures noires (vous reconnaitrez les touristes à leurs talons hauts…), collier noir ou en métal aux motifs floraux sur la poitrine, et bien sûr, des belles tresses qui ornent le visage. Les sourires s’échangent, les clins d’œil qui au début étaient furtifs se font de plus en plus prononcés et complices, puis c’est un éclat de rire, et on trinque !

Mais Munich, c’est encore plus que simplement l’Oktoberfest. La ville est à visiter. On se doit de s’y arrêter quelques jours pour pouvoir profiter des merveilles qui s’y cachent…hors période de la fête de la bière, si vous préférez ne pas payer 50 euros par nuit… Après s’être cassé la tête avec le système de métro un tant soit peu compliqué mais hautement efficace (sept lignes différentes passent par les mêmes 5 stations du centre ville), les musées de la Pinakothèque et de la Neue Pinakothèka regorgent de chefs-d’œuvre classiques (Rembrandt, autoportrait de Dürer…) pour le premier, et de tableaux modernes pour le second (Picasso, Dali, avant-gardes russes…). La Glyptothek, quant à elle, offre de nombreuses reproductions de sculptures issues des ères helléniste et romaine, avec notamment le Faune de Barbirini.

L’opéra de Munich se trouve entre un recoupement de rues cachées derrière églises et boutiques. Le Bayerisches Staatosper présente pratiquement 4 à 5 fois par semaine de fortes performances, autant au niveau des ballets que des opéras, dans une salle à sept étages entièrement circulaire et présentant un immense lustre de verre soufflé. Les jardins anglais sont un véritable havre de paix traversé par une petite rivière en plein milieu de la métropole, sortie idéale pour une petite sieste près des canards.

Mais voilà, l’Oktoberfest est maintenant terminé, le calme est de retour sur la ville. Les stations qui hier encore étaient remplies de monde sont maintenant désertes, les chants ne se font plus entendre dans les rues, les gens dorment plus tôt et retournent à la vie quotidienne. Après un superbe régime saucisses-bières-strudels aux pommes, me voilà à nouveau dans un bus en direction de Prague, il est 23h55 lundi soir, j’arrive à destination à 6h ; mes cours commencent à 8h dans la ville de Kladno (à une demi-heure de Prague)… Ein Prost… Un vrai guerrier !

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