Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Chronique en trois temps

On est à La Chapelle, cette petite chapelle, où la scène est plus grosse que la salle. En fait, il n’y a pas de scène, mais une aire, un volume, à ras le sol dans un gros bloc noir où l’on rentre sur le côté. Il y a des bouts de plastique, du carton et quelques personnes maquillées qui s’affairent à placer ce qui semble être un désordre, ou les restant d’une pratique, et puis, on comprend que la pièce est déjà commencée, peut-être. Il n’y a pas cette distance propre au théâtre. Ni le rideau, ni la scène. On est là, tout près d’eux, qui nous regardent dans les yeux. Du théâtre qui fait oublier qu’on est au théâtre. Du théâtre Imax 3D.

Et j’ai adoré !

Alors ça commence sans qu’on s’en rende compte j’ai dit, bien parce que le narrateur nous le fait comprendre. Un narrateur, aux tiques et angoissent surprenantes qui déstabilise… parfait pour ce qui s’en vient.
Dans une mise en scène à la Michel Gondry, un bal de métaphores visuelles dans un décor fait d’accessoires industriels, de bâches, de papier kraft, de rétroprojecteurs, d’annotations faites à la peinture en canette, où tout se transforme et s’insert dans la suite des scènes. C’est superbe, gracieux et rien n’est forcé. Vraiment génial. Il y a aussi une touche de Cristo quand l’on voit les acteurs s’entrelacer tout en se faisant emballer dans un immense Saran Wrap, tel un immense bondage pervers.
Ce qui ressort de Chroniques, c’est la solitude, dans la distance avec l’autre et celle avec soi-même. Tout au long de la pièce, le ton est bien balancé, entre l’obscurité du propos et l’humour d’une vie qui est drôlement faite.

Triptyque en trois tests d’Emmanuel Schwartz, dont j’ai bien hâte de voir la suite de sa carrière. De tout ce que je ne connais pas du théâtre, je sens un Schwartz explorateur, geyser d’idées, visuellement ébloui, génial par moment, et qui ne manque qu’un peu de focus pour rallier ces trois Chroniques, trois signatures, factures, directions qu’a prises la pièce, que j’aurais mieux aimé voir comme un tout.

Je regrette un peu l’utilisation de chanson qui ne sont pas des créations originales. J’avais l’impression d’écouter un iPod trouvé dans le Mile-End. Cette pièce aurait été très bien servie par une trame sur mesure.
Moderne et divertissante, c’est à voir avec curiosité, jusqu’au 10 octobre au Théâtre La Chapelle.

www.lachapelle.org

Mots-clés : Théâtre (92)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

Dans la même catégorie

Tchaïkovski, l’homosexualité d’un génie

27 février 2009

Qui dit Tchaïkovski pense à Casse-noisette, à la Belle au bois dormant et au Lac des cygnes : tutus blanc et danseurs efféminés quoi ! Rectifions le tir, loin de là ! Invitée par les Grands Ballets canadiens de Montréal, la troupe de Boris Eifman, provenant de St-Pétersbourg en Russie, nous a offert, les 12-13 et 14 février derniers, un spectacle d’une rare beauté : Tchaïkovski possédé par son double. Durant les deux actes qui composent...

Paloma, seul dans un Spoutnik

31 octobre 2017

Un Shawarma, une fille tu’seule au Métropolis, et le plus grand compositeur québecois de tous les temps. En plus, il fait bon.   Pour manger un Shawarma pré-show, le bord d’une clôture dans une allée sombre derrière le Métropolis fait bien la job. C’est mi-bouchée que je réalise lentement, et quand j’apperçois des gens en camionnette entrer dans l’établissement par une porte mal-éclairée, que je suis pile à côté de l’entrée des artistes. Je ne...

Événements Trance à Montréal

28 août 2009

Certains prophètes de malheur répètent que la Trance est un genre de musique condamné à disparaître sous peu. Peuf !!!!! On retrouve pas moins de 7 artistes Trance dans le populaire sondage « Top 100 DJs » de DJ Mag. . Une autre preuve est qu’il y a toujours de nombreux événements Trance à Montréal-même. Durant le mois de juillet, j’ai eu l’occasion d’assister à deux spectacles Trance, curieusement tous deux commandités par Heineken. Le coût des...