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Les épiceries, des commerces verts ? Bullshit !

Pourquoi tentons-nous de bannir les sacs en plastique dans les épiceries ? Pour être écologique, vous dites ? Bien franchement, tout cela n’est qu’un gros leurre puisque ces commerces demeurent une catastrophe environnementale et une source faramineuse de gaspillage. Je vous en prie : continuez d’amener vos sacs réutilisables, mais exigez que les supermarchés fassent des efforts à la hauteur de leur industrie. C’est le temps de leur lancer un message avant qu’elles s’enflent trop la tête avec leur image de commerces pseudo-soucieuses de l’environnement. Attention, crise de nerfs dans les parages!

Avant que vous ne me mettiez des mots dans la bouche, sachez que je suis tout à fait pour la vente des sacs en plastique. Si vous n’êtes pas assez futés pour amener vos propres sacs, vous allez au moins prendre conscience de votre consommation inutile en payant les 10 ¢ de plus. Affrontez la réalité : la mode qui consiste à amener son lunch dans un sac en plastique différent à chaque jour est dorénavant exclusivement réservée aux sans-desseins. Les collectionneurs de sacs en plastique qui les utilisent simplement pour ramasser de la poussière dans un garde-robe seront brimés pour l’éternité !

Alors si je ne suis pas contre la vente des sacs en plastique, qu’est-ce que j’essaye de vous faire gober ? Un exemple vaut mille mots. Pendant que vous, chers consommateurs, amenez religieusement vos sacs réutilisables pour toutes vos commissions, même que vous en avez toujours un à portée de main, les épiceries emballent leurs légumes avec du styromousse* et offrent une multitude de produits suremballés. Sans vouloir procéder à de la discrimination alimentaire ni parler à travers mon casque, j’ose penser que l’élimination des kiwis dans les supermarchés aurait un impact similaire à la réduction de la consommation des sacs en plastique. On pourrait considérer davantage le nombre de kilomètres parcourus par les produits au lieu de dénombrer les sacs utilisés pour se rendre à notre domicile situé à quelques coins de rue. Et puis qu’en est-il de l’emballage avant de se rendre aux magasins ? D’après moi, on accorde beaucoup d’importance à une très petite partie du cycle de vie des aliments dans les épiceries.

Le pire dans toute cette campagne de réduction de sacs, c’est que les supermarchés profitent beaucoup trop des consommateurs. En effet, avant, ils nous donnaient des sacs pour que nous nous baladons dans les rues avec leur logo. Maintenant, nous devons les payer pour leur faire de la publicité. Ça m’est égal s’ils payent pour remplacer leur logo par une citation du genre « Arrrhgg !! Said the pirate lord ! », mais je n’ai personnellement pas envie de subventionner les épiceries. Au fait, où va l’argent supplémentaire dont ces commerces bénéficient avec leur vente de plastique ? Ils pourraient l’investir dans des projets de développement durable et réaliser des projets pour lesquels ils ont réellement travaillé.

D’autre part, les politiques internes concernant le gaspillage de la nourriture pourraient être sérieusement revues. Alors que nous manquons de ressources dans certains pays, dans notre coin du monde, on décide de jeter des produits laitiers à 5-7 jours d’expiration, des cannes de conserve un peu poquées ou des pains baguettes un peu cassés alors qu’on pourrait en faire don à des personnes dans le besoin.

Enfin, avant que je ne commence à divaguer, je vous demande de considérer des gestes simples : exigez de votre épicerie de ne pas emballer inutilement des légumes dans du styromousse ou demandez leur d’accorder davantage d’importance à la provenance des éléments lors de l’affichage. Je suis persuadé que nous pourrions atteindre un impact beaucoup plus considérable que de vendre des sacs et, en plus, les commerces travailleront réellement pour leur image verte.
* Styromousse : Chers Français, sachez que c’est un québécisme pour « polystyrène ».




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.