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Escroquerie, téléphone et nudité : les ailes du désir

Travailleuses, travailleurs. Exploitants, exploités. France Télécom, suicidés. Libérez-vous de cette tutelle avilissante ! On vous ment, on vous gâte, et franchement… Voilà. Après Morgan Spurlock et Oscar Arias(1), Le Polyscope, à son tour, n’hésite pas à se jeter dans la fosse aux lions. Je dirais même plus : à se livrer à une investigation révolutionnaire. Notre journaliste (qui désire garder l’anonymat) a résisté, six mois durant, à l’alléchante tentation d’engraisser suricates, chèvres, chiens ou tout autre quadrupède à puces(2). Depuis que le meilleur ami de l’Homme a été décrété fer de lance de la communication audio-visuelle, l’animalerie a envahi les couloirs des agences de pub. Les femmes en bikini ? Dépassé, mon vieux  Ce qui fonctionne désormais, c’est du vivant, du bondissant, mais attention : on reste sobre et ciblé. Seul le badaud concerné, rockeur fils à papa, pourra en saisir le sens profond.

Bref, notre courageux samouraï a affronté la nostalgie du cellulaire pendant des mois… Tremblant, parfois ; délirant, souvent, mais succombant, jamais ! Tora, tora, tora… pas de cellulaire.
Non, il n’a pas connu le répit de la sonnerie salvatrice au milieu des bégayements parkinsoniens, pendant ces dîners merveilleux du dimanche chez mamie. Non, il n’a pas retrouvé ses amis aux pubs, clubs et autres beuveries où le jeune dandy aime parader en bande pour siffler la donzelle perchée sur hauts-talons. Non, finalement, il n’a pas pu appeler son pote Gérard, pour lui conter sa dernière anecdote : vol de son cellulaire par un lémur catta ! Mais comment donc a-t-il survécu à cette guerre électronique où seul le cancer triomphe ?
Ah, la dépendance technologique… Il est certain qu’une fois sa grand-mère enterrée, ses parents abandonnés et ses amis en prison, il peut paraitre légèrement moins nécessaire. Mais indéniablement, le caractère dispensable du téléphone mobile est aussi affirmé que celui du camembert avant le dessert, de Facebook à l’aube, ou du fusil automatique avec viseur infra-fouge une fois passée la frontière sud. Oui, l’homme des cavernes s’en est toujours câlissé, et, oui, c’est du luxe. Mais doit-on pour autant négliger ce standard de vie que nous offre sur un plateau le Dieu de la modernité ? Des sens charmés, du temps gagné, des efforts annihilés…

Mais arrêtons ici l’apologie de cette société mercantile, infantilisante et hypocrite. L’abus nous entoure et nous emmure dans un cycle de consommation perpétuel. Nous touchons ici au problème secondaire des ménages modestes qui doivent chaque mois déduire de leurs salaires, factures d’Internet, abonnements toujours hors-forfait des enfants, et inscription aux séries X du mari – à moins, bien sûr, que l’on soit membre du gouvernement anglais(3).
Mais en fait, ces familles ont autant besoin de ces avancées technologiques, pourtant indispensables au culte de la croissance infinie, que de leur première belle-mère. Une machine à laver, lorsqu’elle décide d’être coopérative, a une utilité indéniable. Un fer à défriser, peut-être pas. Un abonnement au Courrier International, oui, un forfait de téléphone à plus de 34,99 $, non. Alors, toi, l’amoureux transi accro aux mots doux du soir : sache que ta blonde possède aussi une adresse courriel. Pour le retardataire chronique, c’est le coup dur : plus jamais le « Kikoulol, attends moi pas, j’aurai du retard ». Plus jamais l’exaspération latente de son chum. Plus jamais le ratage de pièces de théâtre exceptionnelles(4).

1 Prix Nobel de la paix, actuel président de l’équateur.
2 Telus, Fido, Bell.
3 Réf. scandale des notes de frais du gouvernement Brown.
4 « L’homme est un orignal », vendredi 2 et samedi 3 octobre, à 20h.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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