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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Wipeout

Par Simon Bilier

Ce printemps j’ai eu l’opportunité de participer au tournage de l’émission Wipeout, tournée à Buenos Aires en Argentine au mois de mai. Ça prend environ 16 heures de vol pour s’y rendre, c’est long, inconfortable et ils nous servent de la volaille en repas. Là-bas, au resto on nous donne le choix entre une assiette de pâtes et une assiette de poulet, alors je choisis les pâtes..et bien à ma surprise il s’agit de pâtes au poulet.

En commençant vous devez savoir que j’ai pas le droit de vous dire si j’ai gagné ou non, il faut que je garde le punch pour l’émission. De toute façon, ça va être plus fun à regarder si vous savez pas où je me suis rendu.

Wipeout, en gros, c’est quatre épreuves réparties sur 2 jours de tournage, et à chaque épreuve on élimine environ la moitié des participants. La première épreuve c’est les qualifications, là où il faut traverser un étang de boue, le mur coup de poing, les fameux ballons rouges et une corde à Tarzan. Les 20 candidats y passent, et à chaque fois il faut réarranger le parcours, desfois ils ont des problèmes techniques et ça devient plutôt long, il faut attendre. Nous on est arrivé sur le site à 7h, où il nous ont gracieusement offert du pain, de la confiture, quelques fruits et du sirop de café (simplement du café pas buvable !), puis ils nous emmènent sur le terrain (enfin !) et nous expliquent un peu comment va se passer la journée. On fait des photos de groupe, des photos individuelles, quelques vue de caméras, puis les entrevues… 20 entrevues. Par hasard je suis le dernier alors j’attends. J’apprends à connaître mes compétiteurs et compétitrices : sur 20 on est seulement 3 à pas avoir de tattoo, c’est nous les marginaux ! Il y a du monde en forme pis d’autres pas, un gars qui cours 3 heures à chaque jour, un policier qui joue au hockey, un mec dans la cinquantaine, une serveuse de restaurant dans la quarantaine, une gothique, puis un étudiant de la Poly qui fait du kung-fu ! Hé oui, je fais du kung-fu et j’ai une barbe de 15 cm, c’est pas un hasard et c’est probablement ce qui a fait qu’ils m’ont choisi pour l’émission.

Moi j’allais là pour me défoncer et me rouler dans la boue, et ça je l’ai fait allègrement ! De la boue j’en ai vu souvent dans ma vie mais quand j’ai vu l’étang à travers lequel il fallait passer j’avais moins envie d’y goûter. Le matin avant que les techniciens ne commencent à tout remuer pour l’émission, on pouvait voir une espèce de couche d’huile et de saleté flotter au dessus de cette masse visqueuse de boue non-homogène. Déjà qu’on soit en Argentine et que j’veux pas attraper la tourista avec leurs bactéries, imaginez un étang de boue qui stagne sur un plateau de tournage depuis des années, c’est la même boue qui est utilisée à chaque fois, en plein air, pour des tournages successifs et ils se contentent d’y rajouter de l’eau quand elle s’assèche et d’enlever les chaussures des malheureux participants qui sont resté prises. Laissez-moi aussi vous dire que ça ne sent pas le chlore à côté de leurs bassins d’eau non-plus.

En attendant mon tour je sentais l’adrénaline monter en moi, je n’étais plus capable de rester assis tranquillement, il fallait que je bouge. Je pouvais seulement entendre le mur de coups-de-poings se déclencher une fois ou deux lorsque mes concurrents y passaient, et chaque fois je m’imaginais comment ça se passerait pour moi. En montant la colline pour aller au point de départ je regardais le parcours et réalisait la chance que j’avais de pouvoir m’amuser sur un aussi gros terrain de jeu, selon les organisateurs il s’agit du plus gros parcours à obstacle au monde ! Depuis que je suis tout petit que j’en bave à regarder Star Wars, Jackie Chan et Indiana Jones, aujourd’hui c’est moi qui est devant la caméra et qui joue au héros.

Quand la cloche a sonné, je me suis mis à courir et sauter par-dessus les trous d’eau et de boue, mais je n’ai tout de même pas pu résister à la tentation de me rouler dans la bouette, c’est un peu pour ça que j’étais là après tout. C’est assez marrant d’y avoir les deux pieds mais on en sort pas aussi facilement qu’on y rentre. Après le mur de coups-de-poings j’étais à moitié couvert de boue, déjà un peu fatigué, et en arrivant devant les ballons, j’ai arrêté, je les ai considérés puis j’ai mis mon cerveau à OFF et j’ai foncé. C’était si intense que j’en ai pas de souvenir, mon cerveau s’est probablement mis en mode « urgence » et a cessé d’enregistrer, mais ce dont je me souviens est que je me suis planté, mais vraiment planté solide sur les ballons. Je me souviens de m’écraser de justesse sur un ballon puis de rebondir 3 fois entre 2 ballons avant de tomber la tête la première dans l’eau. Et je ne suis pas un bon nageur alors je me suis rendu de peine et de misère jusqu’à l’autre épreuve, je me suis baladé sur la corde à tarzan pour essayer de passer à travers un mur, pis une fois arrivé sur la plateforme finale j’ai donné toute l’énergie qui me restait pour lâcher un des ces cris bestial en guise de victoire (tel un homme de Cro-Magnon). Ils m’ont demandé de me tourner et refaire ce cris pour la caméra mais j’ai même pas été capable, tout ce qui est sortis c’est un gros FUCK ! de gars épuisé. Tout cela n’a même pas duré cinq minutes mais j’ai brûlé tout ce que j’avais pu emmagasiner de protéines et de sucre avec les quelques fruits et bouchées de pain que j’avais eu la chance de me mettre sous la dent depuis le matin. J’étais essoufflé et encore sur l’adrénaline quand l’animatrice m’a posé des questions alors j’ai fait comme les joueurs de hockey et j’ai donné des réponses stupides.

Alors ils m’ont donné une serviette et m’ont envoyé manger. J’ai englouti mon poulet (encore du poulet ?) et mes patates en discutant avec les autres, car on n’avait pas le droit de regarder alors on se racontait comment ça c’est passé, et c’est là que j’ai appris qui en a une qui a saignée du nez pis une autre qui a cessé de respirer une fois dans l’eau et elle a quand même couru jusqu’à la fin avant de pouvoir cracher ce qu’elle avait avalé d’eau en trop. Pas longtemps après avoir mangé, je commence à voir double, je ferme un œil – c’est ok, je ferme l’autre – c’est ok, mais les deux ouverts en même temps j’arrive pas à les enligner et je vois toujours double ! Je me lève pour activer ma circulation sanguine et après quelques pas je sens quelque chose de bizarre dans ma tête, et là je comprends que mon sang quitte ma tête pour s’en aller à mon estomac, et que si je ne m’étends pas, je vais bientôt m’évanouir et si ça ça arrive, ils vont me mettre en dehors de la compétition ! Heureusement j’ai pu m’étendre sur le divan de la loge rapidement et j’étais revenu en possession de mes moyens au moment où ils nous on tous regroupé pour nous dévoiler lesquels d’entre nous allaient passer à l’étape suivante. Et ils s’arrangent pour faire ça stressant les maudits ! Ils commencent par nommer les plus rapides, dans l’ordre, et plus ça va plus ils ralentissent. Alors là tout le monde se regarde, il n’y en a que 12 sur 20 qui passent à la deuxième étape, mais tous veulent y aller. C’est là que j’ai l’impression d’être en plein tournage de télé-réalité au moment où on dit adieux à nos meilleurs amis… Finalement les chiffres sont donnés et la gang est séparée en deux.

Pour connaitre la suite et me voir me planter il faut regarder l’émission la semaine du 5 octobre (18h30 et 22h00) ou aller voir sur le site web de tqs (maintenant V) : http://vtele.ca/emissions/wipeoutqc/




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