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Idiot proof

Partout autour de nous, sur chaque objet de la vie de tous les jours, on peut sentir la marque des illustres idiots qui sont passés avant nous.
Grâce à leurs efforts soutenus, vous pouvez bénéficier d’une inscription « attention, contenu chaud » sur le contenant du café que vous achetez chez Aramark ou du « ne pas consommer en opérant de la machinerie lourde » sur les boîtes de somnifères. C’est également grâce à eux que l’on retrouve « ne constitue pas un préservatif efficace » sur les emballages de Caramilk et « ne pas tenter à la maison » sur la coiffure de Xavier Dolan.

C’est ce qui arrive quand un produit n’est pas « idiot proof », c’est-à-dire quand un produit n’a pas été conçu pour pouvoir résister à des conditions d’utilisation différentes de celles prévues à l’origine. En gros, ça signifie que non, votre brosse à dents électrique n’est pas sensée servir à décaper votre meuble de salon.

Pendant leur conception, les objets développés récemment comportent de plus en plus d’éléments visant à les rendre inutilisables lorsque soumis à des conditions anormales. Comme lorsque votre brosse à dents électrique et nouvelle sableuse a subitement rendu l’âme lorsque vous avez décidé de mettre une nouvelle couche de peinture sur la table de votre salon.

Le concept est simple, et a été énoncé à de nombreuses reprises par d’illustres inconnus qui n’ont su laisser leur marque qu’en donnant leurs noms à des tournures de phrase. Prenez par exemple le rasoir d’Hanlon (« Ne jamais attribuer à la malignité ce que la stupidité suffit à expliquer. ») ou la loi de Murphy (« S’il y a plus d’une façon de faire quelque chose, et si l’une d’elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu’un pour le faire de cette façon. »). Inutile de préciser que ces deux derniers ont dû avoir des collègues de travail plutôt incompétents pour que ces auteurs puissent en venir à énoncer de tels adages. Il est ici important de noter qu’il est également possible d’en venir à la même conclusion à Poly si vous suivez le cours de champs électromagnétiques et que vous êtes la personne qui rédige les rapports.

Souvent, chez le public-cible prompt aux accidents du genre (mieux connus sous le nom de « sans dessin »), c’est le manque d’activités intellectuelles minimales (mieux connue sous le nom de « Wipeout ») et l’ennui qui sont à l’origine des évènements qui mènent à l’origine de ces avertissements juridiques. Un peu comme l’histoire de comment la notice sur les tronçonneuses qui est passée de « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains » à « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains ou tout autre organe » pour être maintenant « ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains ou tout autre organe de quiconque ».
Gaston et Marcel ont bien rigolé quand ils se sont rendus compte – après quelques bières – qu’ils pouvaient se faire pas mal d’argent en déjouant les avertissements légaux pour opérer en sécurité les outils mécaniques. Ils ont également pu se faire de savoureux hot-dogs avec les morceaux perdus, mais ce sera l’histoire d’un autre éditorial.

Naturellement, les participants à ce protocole sont plusieurs, parce que malgré tout l’effort du monde, il est difficile de démarrer une tronçonneuse sans mains, à moins d’être plusieurs à prendre le relais. Cependant, on peut penser que ces heureux personnages en état d’ébriété sont moins nombreux que quatre ou cinq, parce qu’il y aura alors forcément un petit gros dans le groupe et qui au monde pourrait trouver quelque chose de mieux à faire que de rire du petit gros ?
Difficile de prévoir comment ces gars parviendront à déjouer le système la prochaine fois, on semble avoir fait le tour de toutes les conditions dangereuses possibles… ceci dit, ils se sont bien rendus jusque là, même avec quelques morceaux en moins. « Ne pas tenter d’arrêter la chaîne avec les mains ou tout autre organe de quiconque, et ce, à n’importe quel instant » ? Qui sait, peut-être parviendront-ils à mettre au point une machine à voyager dans le temps pour tenter d’arrêter le mouvement de leur outil tranchant avec les organes d’un aristocrate français à la cour de Louis XIV ou d’un explorateur de l’espace habillé en papier aluminium.

Avec un peu de chance, ils parviendront peut-être à rompre le continuum espace-temps en changeant un élément du passé qui aurait un impact désastreux dans le futur. Impacts désastreux comme l’élection de Stephen Harper… deux fois, ou la disparition du plus grand succès musical québécois de tous les temps, Les Larmes de métal, de Normand Brathwaite.

Wikipédia affirme d’ailleurs que :

La chanson raconte l’histoire d’un robot au cœur blessé criant sa tragédie, exigeant des explications de l’objet de son désir. Aucune réelle évolution n’est apportée à ces prémices de base.

Bien que souvent ridiculisée pour ses paroles simples, la chanson a traversé l’épreuve du temps. On peut aujourd’hui la retrouver sur la compilation Québectronique 80. On y retrouve également une reprise de la chanson interprétée par Mahée Paiement, Normand Brathwaite et Les Denis Drolet, qui conserve essentiellement la même structure que l’originale avec un peu plus de chaos vers la fin. Le 7 mars 2009, Nanette Workman interprète une version blues très étonnante de la chanson Les Larmes de métal dans le cadre de l’émission Belle et Bum animée par Normand Brathwaite.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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