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Habitude, quand tu nous tiens

Dans la vie de tous les jours, chacun a ses petites habitudes, certains aiment leur café froid le matin, d’autres aiment s’asseoir au même endroit dans le métro ou encore conjurer le mauvais sort à Poly. Mais ça ce sont des habitudes flagrantes qu’on peut nommer. Pareillement, beaucoup d’éléments dans la société qui sont louches en temps normal, n’attirent même plus l’attention par habitude. Ainsi, ce sont les magasins les plus proches de chez vous que vous ne remarquez pas, parce que le paysage les incluant est devenu trop familier.

Partons pour une petite virée shopping. Je ne peux m’empêcher de remarquer à quel point les habits pour bébés sont mignons. Mais ce qui serait encore plus mignon, c’est un bébé avec les mains dans les poches. Ce détail frappant dans les habits des bébés est quand même à relever : pourquoi les manufacturiers prennent-ils la peine de rajouter un bout de tissu pour faire des poches pour ces vêtements taille miniature ? Mais c’est tellement anodin des poches dans les habits des plus grands qu’on ne remarque plus leur inutilité. Changeons de section maintenant pour celle de la gent masculine. Avez-vous remarqué que dans ces boutiques, l’étage des hommes est toujours au premier étage et celui des femmes au deuxième ? Je me suis arrêtée quelques minutes sur ce fait pour essayer de trouver une réponse à la question. Après réflexion je n’ai pu arriver qu’à cette conclusion : l’étage des hommes est toujours en bas pour leur rendre service ; ils sont ainsi plus proches de la sortie et peuvent prendre leurs jambes à leur cou en ressentant les premiers symptômes d’une overdose textile.

Un petit creux ? Pas de problème ! Allons au restaurant habituel auquel on va toutes les semaines. Installé confortablement à la meilleure table, on parcourt en long et en large toutes les pages du menu pour décider du plat qui va nous ravir. Finalement, indécis, on opte pour le burger qu’on prend d’habitude. Et ce scénario se répète tout le temps ; on trouve le moyen de prendre 10 minutes pour lire la description de chaque plat, prendre 10 autres minutes pour se renseigner dessus auprès du serveur pour finalement choisir celui qu’on connaît.

Mais avant d’aller au restaurant, il a bien fallu que les personnes de la tablée, du sexe féminin, se soient rendues un minimum coquettes en se maquillant. Hommes, observez-bien votre mère, sœur ou conjointe lors de son rituel devant le miroir du sanctuaire sacré. Vous remarquerez indubitablement une bouche ouverte pour appliquer soigneusement le mascara sur les cils. Quelle est cette mystérieuse corrélation entre une bouche grande ouverte et un maquillage des yeux soigné ?

En tout cas, maintenant que Madame se trouve présentable, on peut enfin se diriger vers le restaurant, et ce, en voiture. Observez le mouvement de tête lors des virages. La tête ne peut que s’incliner dans la direction de la voiture, comme pour diriger sa trajectoire. J’avoue, ce geste s’avérerait efficace pour les oiseaux lors de leurs vols, mais en voiture c’est devenu une habitude dont on ne se rend plus compte. Mais il reste plus flagrant devant un écran où c’est une route de Need for Speed qui défile ! En prenant cette habitude on a l’impression de contrôler la voiture mais essayez d’arrêter lorsque vous prendrez conscience du geste : ça ne marchera pas.

Supposons que cette sortie au restaurant ait été prévue mardi 22 septembre, journée sans voiture à Montréal. Vous auriez été contraints de prendre le métro. Cette fois, une personne de votre tablée se trouve être en fauteuil roulant. A priori ceci ne devrait pas poser problème, vu que dans le métro il y a des espaces prévus pour handicapés, sans sièges et avec des rampes. Mais avez-vous pensé à comment votre ami fera pour descendre les escaliers qui mènent jusqu’au quai du métro ? On a pris l’habitude de voir ces espaces réservés avec enseigne au-dessus, sans vraiment se demander, comment est-ce qu’une personne à mobilité réduite ferait pour arriver à cet espace justement.

Vous vous trouvez confortablement installé devant votre écran de télévision en train de regarder en direct le match de hockey, et là vous décidez de monter le son. Seulement les piles sont à plat. Habitude acquise de source inconnue, vous appuyez encore plus fort sur les boutons comme si le fonctionnement alcalin dépendait étroitement de la valeur de la pression exercée sur les boutons de la télécommande.
Souvent en partant en vacances, on n’a qu’une idée : l’évasion. On ne pense plus à la maison, au travail, et à la routine laissée derrière soi au moment du départ. Quand vient le moment de rejoindre de nouveau la réalité, on craint le retour. Mais heureusement que vos collègues de bureau sont là pour vous le rappeler ! En effet, une fois arrivé, la première chose qu’on entend c’est : « Ah ! Tu es rentré ! »

Personnellement j’aurais bien voulu être là au bureau sans être rentrée des vacances, mais apparemment ça n’a pas très bien marché ! Dans la même lignée, la première réplique qu’on entend quand on annonce avoir perdu ses clés, c’est : « Tu les as perdues où ? » parfois on a juste envie de dire : « si je savais on n’aurait pas à avoir cette conversation. » Mais toujours est-il que ce sont des répliques drôles (dans lesquelles je me reconnais) auxquelles on ne pense pas avant de les dire mais qui reviennent par habitude.

En définitive, certains vices et manies de la vie de tous les jours peuvent sembler des plus anodins mais si on s’arrête quelques secondes, leur absurdité ne peut que ressortir. Je suppose que nombreuses sont les personnes qui boivent du lait le matin, en prennent avec leur café la journée, ou juste l’utilisent dans des pâtisseries. C’est ce qu’il y a de plus habituel mais il a bien fallu qu’une personne découvre le fait que la vache donne du lait. Simple réflexion : que faisait-elle exactement au moment de sa découverte ?




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.