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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Hommage aux Beatles à Las Vegas

Las Vegas m’ouvrait toute grande ses portes de casino le temps d’une fin de semaine. Début d’un trip de deux semaines qui allait m’apporter à Los Angeles et San Francisco, un passage dans la ville du vice était plus que nécessaire pour goûter aux plaisirs culinaires, nocturnes et culturels (car les trois sont très possibles) de cet étrange paradis désertique du casino et de l’hôtel. Malgré une visite d’hélicoptère au-dessus du Grand Canyon et plusieurs virées dans les chics hôtels tous plus thématiques les uns que les autres (que ce soit une reproduction des rues de New York, des canaux de Venice, de la tour Eiffel et j’en passe), c’est le représentant numéro un du Québec en ces terres arides – le Cirque du Soleil – qui allait m’offrir le spectacle le plus éblouissant de mon week-end. Deux places m’attendaient effectivement pour une représentation de Love, spectacle hommage aux Beatles.

Expert en la matière, le Cirque du Soleil en met plein la vue avec pas moins de six spectacles présentés dans six hôtels différents ! Love est à l’affiche au chic hôtel Mirage depuis 2006, dans une salle spécialement construite pour la production. Bien que Las Vegas soit ultra-touristique et offre toujours un nouveau bassin de spectateurs pour ce genre de divertissement, il ne fait aucun doute que la popularité des Beatles explique la notoriété continuelle de ce spectacle. La récente sortie des 12 albums studios remastérisés du Fab Four a peut-être aussi contribué à raviver la flamme du public pour ce groupe des plus marquants. Qu’importe, Love est tout simplement génial, magique… et beau.

La vision du metteur en scène Dominic Champagne est assez simple : « évoquer l’univers poétique des Beatles afin d’entraîner le spectateur dans un voyage émotionnel au rythme des paysages et des expériences ayant jalonné l’histoire du groupe ». Admettons que c’est assez bien réussi ! Ainsi, Love s’ouvre avec la chanson Because, dans une version inédite a capella, avec les harmonies vocales de John, Paul et George. Impossible de ne pas ressentir un petit frisson. Au mur, des marins grimpent sur des cordes rappelant un port de Liverpool. Les décors, les costumes, l’ambiance…tout est gris. Puis, d’un bond, le spectacle prend son envol, sur Get Back. Le spectateur est rammené au lieu du dernier concert des Beatles de 1969, au-dessus des toits de Londres. Explosions de couleurs, de danseurs, de joie. Il y a de l’action partout : au mur, au sol, au plafond, dans les airs… on voudrait tout voir, tout retenir, mais c’est impossible. Les décors sont plein de couleurs, on entre soudainement dans la frénésie des années 1960. De fil en aiguille, de chanson en chanson, de tableau en tableau, on explore l’univers des Beatles, avec comme trame de fond l’histoire du groupe, mais aussi du monde. Chaque chanson nous apporte de nouveaux costumes, de nouveaux personnages et de nouvelles prouesses dignes du Cirque du Soleil. La scène est habitée, tout comme la salle au complet ! On a l’impression d’être au cœur-même du spectacle.

Tout est très beau, et la qualité musicale est hallucinante. Pas surprenant, puisque c’est Sir George Martin lui-même, a.k.a. le 5e beatle, qui agit comme directeur musicale. L’enchaînement des chansons est poétique et planante. Tout au long du spectacle, des écrans géants présentent les ombres des quatre Beatles, qui s’amusent et se taquinent. Et c’est très réel, puisque le tout a été monté par notre François Pérusse national, qui a eu la chance d’accéder aux vieilles bandes sonores captées lors d’enregistrements d’album du groupe.

Cette petite touche humoristique nous laisse un peu le temps de reprendre notre souffle. Car c’est principalement là le plus grand défaut de Love : on en vient à oublier de respirer. Et ne parlons pas de la descente sur terre une fois les rideaux tombés. All You Need is Love !

Mots-clés : Cirque (54)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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