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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

L’infotainment

Les nouvelles, c’est plate. Les cotes d’écoute du Téléjournal plongent, les citoyens sont blasés des élections et les tirages des journaux fondent comme un lapin de chocolat au micro-ondes.
Pour tenter de corriger ce problème, les plus grandes chaînes d’information ont développé un concept intéressant que l’on peut observer depuis quelques temps, l’infotainment. Pour mettre plus de zazz, de pep et de sparkles dans les yeux des téléspectateurs, il a fallu les attirer en mélangeant aux informations quelque chose que le public aime, l’entertainment. Un peu comme lorsque l’on utilise un drop shadow ou un lens flare sur une image parce qu’elle est trop fade, ou quand les supermarchés recyclent leur filets mignons dont la date d’expiration est dépassée pour en faire de savoureuses saucisses à hot-dog.
Ce terme est apparu dans les années 80, mais est revenu à la mode au cours des dernières années, entre autres à cause de l’attention dirigée par les médias sur les célébrités, les « feel-good stories » et tout autre produit dérivé issu de leur mélange.

Question d’être cool (pour une fois), j’ai décidé de sauter dans la vague et d’accueillir chaleureusement la venue de cette nouvelle façon de raconter les nouvelles, de transmettre de l’information. Devant l’échec de ma tentative de faire renaître la mode des Pogs dans les cours de récréation que sont les zones sans fumée à 9 m des portes, il fallait que je me reprenne.

C’est pour cette raison que je suis fier de vous présenter quelques concepts d’émissions sur lesquels j’ai travaillé dans les dernières heures. Eh oui, ça prend pas plus de temps que ça. Écoutez un épisode de Virginie et vous verrez que ça prend pas plus d’effort que ça de faire de la télévision… même après 13 saisons.

Le Sénat

Long et ennuyeux, interminable et inutile, monotone et poussiéreux. Ces termes qualifient aussi bien les baptêmes de vos petits neveux que la vie quotidienne des sénateurs. Plus encore, tous deux mettent en vedette des héros en couche avec un peu de salive sur le bord de la bouche.

Pour rendre l’exercice un peu plus sexy, il faudrait ajouter un peu d’esprit de compétition à la chose, pour que seuls les candidats qui tiennent réellement à être sénateur le deviennent. Une course contre la montre, avec des obstacles installés tout le long d’un parcours truffé de surprises.

On devrait ainsi envoyer tous les candidats au poste de sénateur à Wipeout, la très distinguée émission de « V » (anciennement TQS) où les participants se lancent dans la boue et sautent sur des grosses boules gonflables au-dessus d’une piscine.

Tout aussi exaltant qu’une essoufflante partie de backgammon.

La joute

Stéphan-pas-de-e Bureau a beau être l’une des plus illustres personnes à avoir siégé à la barre du Téléjournal de Radio-Canada, force est d’admettre que l’émission qu’il anime en ce moment sur les ondes de Télé-Québec, La joute, manque quelque peu de piquant. Le concept ? Trois invités s’affrontent dans une joute oratoire sur des sujets d’actualité et le public est ensuite invité à voter en direct pour déterminer l’invité s’étant le plus démarqué pour remporter le match.
Pas mal, mais ça pourrait être mieux. Au début, j’étais convaincu que Stéphan-pas-de-e livrerait un combat hebdomadaire contre un gladiateur dans une arène, et que le public pourrait voter à savoir si oui ou non l’animateur serait livré aux lions après sa victoire. J’aurais bien voulu changer de poste, mais comme vous l’aurez compris, si je regarde Télé-Québec, c’est parce que je n’ai pas le câble. Pour attirer ce public qui, contrairement à moi, n’utilise pas des oreilles de lapin pour recevoir le signal de ma boîte à idioties, il faudrait justement ajouter davantage de défi, plus d’action.

Si l’on doit rendre à César ce qui est à César, alors on devrait également rendre à La joute ce qui est à Jérémie… euh, la joute. Amenez-en, des gladiateurs. Amenez-en des robots cracheurs de feu. Ça serait réellement un combat épique. Comme les gars qui vont se battre avec des épées en mousse sur le Mont-Royal le dimanche, mais sans la mousse… et sans le costume de troll.

Après tout, les mamans des concurrents ont passé tellement de temps à faire ces costumes, ça serait dommage de les abîmer.

Les émissions de rénovation

Vous pensez que ces personnes du public qui participent à des concours où l’enjeu est de rénover une maison pour ensuite courir la chance de la gagner est une idée trop stupide pour regarder l’émission ? Moi aussi.
Mais pensez au défi qu’il faudrait relever si une de ces émissions était tournée à Poly. Rien que l’idée de voir disparaître les très colorés murs saumon de l’ancien pavillon me fait rêver, même s’ils sont recouverts de papier-peint fleuri.

Pensez à ce qui se passerait si les escaliers mobiles des deux pavillons étaient tous en état de fonctionner pour plus d’une journée…
Ouf, je vais saigner du nez.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.