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Le CIPO, au Burkina Fasso, c’est bien !

Cet été, certains d’entre vous avez travaillé, d’autres étaient en stage ou vous avez peut-être même voyagé. Le Comité international de projet outremer (CIPO) qui comprenait 8 étudiants de tous âges et toutes disciplines à la Poly a passé deux mois dans un petit village dans le sud du Burkina Faso, Tabou. Nous avons habité dans des familles d’accueil qui nous ont reçus en rois. À notre arrivée, les villageois nous avaient préparé une danse et une fête traditionnelle. Notre venue était très attendue, et pour cause, au village où nous nous trouvions, il y a un groupement de femmes productrices de beurre de karité. Jusqu’à tout récemment, ces femmes produisaient leur beurre de façon artisanale, avec beaucoup d’efforts et peu de moyens. Nous avons donc travaillé avec une coopérative et la population locale pour construire un centre de transformation du karité. Ce centre composé de deux bâtiments permettra aux femmes d’augmenter leur productivité. Dans un premier temps, une plateforme multifonctionnelle comprenant un moteur servant à concasser la noix de karité et un deuxième servant au barattage et à la cuisson du beurre. Les femmes pourront ainsi avoir une plus grande place sur le marché, mais aussi avoir plus de temps et d’énergie pour leur famille.

J’ai eu l’occasion de voir une cérémonie funéraire avec des masques portés par les danseurs traditionnels qui suivaient le rythme des tamtams. J’ai vécu dans un village sans électricité et sans eau courante. J’ai mangé et dormi avec ma famille d’accueil. Je suis devenu un villageois. J’ai vu la culture, je l’ai entendu, j’ai senti l’Afrique et j’ai été témoin du African beat. J’ai bu le thé à la manière mauritanienne chez mon voisin et discuté des différences entre l’Afrique et le Canada. J’ai d’ailleurs beaucoup réfléchi et appris sur les différences entre les mentalités, les valeurs, les priorités, etc. J’ai aussi visité la capitale, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, une ville d’art et de musique. J’ai vu des éléphants, des hippopotames, des antilopes et des babouins. J’ai même égorgé un poulet qu’on m’avait offert en cadeau ! J’ai transformé la brousse en chantier de construction, puis en centre de transformation du karité. J’ai contemplé les majestueux baobabs. J’ai surtout baigné dans la vie africaine de l’ouest, du moins dans ma famille d’accueil avec laquelle j’ai créé des liens et un sentiment d’appartenance, et ce malgré la barrière de langage. Nous avons célébré notre travail et notre départ par des danses traditionnelles, un festin et une soirée chaleureuse au son des tamtams. Ce n’est qu’une brève liste de ce que j’ai vécu. J’ai beau en parler pendant des heures à mes amis et ma famille, mais je sais qu’il y a seulement mes 7 amis du CIPO qui comprennent réellement ce que j’ai vécu. Cette expérience unique qui s’est passé en claquement de doigt de deux mois.

Pendant près de six mois avant le départ, nous avons préparé ce fameux projet. Un processus de groupe qui nous a tous rapproché et donné des outils pour nous préparer à un tel défi. Nous avons consacré beaucoup de temps et d’énergie à ce projet, car il nous tenait à cœur. Il nous tenait à cœur parce que nous savions l’impact positif que nous aurions sur la communauté qui nous accueillait et nous avions hâte de vivre cette expérience. Réunion, financement, promotions, formations, ateliers de cohésion en font une expérience d’organisation complète et à notre image, celle du groupe que nous formons. C’est une expérience qui se vit en groupe, car chacun est un maillon essentiel et sans chacun des maillons, la chaîne n’est pas assez longue pour attacher le projet, le groupe de canadiens (et un français) aux villageois Burkinabés. Chaque maillon a besoin des autres pour être utile, mais surtout pour que l’expérience se réalise comme elle se doit, positivement.

Bien que nous ayons dû quitter les gens que nous aimons et notre routine quelle qu’elle soit, c’était pour en trouver une autre à l’autre bout du monde : le chantier. Cette routine facilite l’adaptation et atténue le choc culturel. Il est vrai que mon orientation en génie physique ne m’avait jamais mis en contact avec le milieu de la coopération internationale, mais ma contribution sur le chantier a été tout aussi profitable que n’importe qui, il suffisait d’y mettre du coeur ! Et de voir à grand pas les murs des bâtiments pousser au milieu de la brousse était très stimulant. Surtout en sachant que ces murs ont été construits de mes propres mains… plus souvent sales que propres! Un contremaître local nous a tout de même été essentiel, car nous n’avions pas les compétences pour travailler avec les ressources matérielles, ni les conditions locales.

Mes compagnons et moi avons donc consacré deux mois de nos vies pour les habitants de ce petit village. Notre revenu : une expérience inoubliable, unique et indescriptible, mais surtout un sentiment d’accomplissement et de fierté incomparable. Les villageois nous ont tout donné alors qu’ils n’ont rien. Je n’ai pas l’impression d’être une personne complètement changée, mais plutôt d’avoir acquis un bagage d’expérience et de souvenirs qui me suivront tout le long de ma vie. Je n’ai pas non plus la prétention de dire que nous avons changé le monde, mais pour une fois d’avoir agit au lieu de regarder. Oui, ma copine, ma famille et mes amis m’ont manqués, mais je ne regrette rien.

Ce genre d’expérience, je n’en vivrai jamais d’autres, mais vous avez encore la chance d’en vivre une. Différente, mais toute aussi unique. Venez voir à quoi votre été 2010 pourrait ressembler, jeudi le 24 septembre à 12h30 au local L-2710 pour une courte séance d’informations ou en tout temps au local du CIPO (A-435). La date limite pour les inscriptions est le 28 septembre. Ne soyez pas égoïste envers votre cerveau et votre cœur en les privant d’une expérience unique dans votre vie… osez aider, qui sait où cela pourrait vous mener !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.