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La rentrée du Centre Canadien d’Architecture

La sérénité du Centre Canadien d’Architecture, établi juste derrière la rue Sainte-Catherine, contraste fortement avec les autres bâtiments sur la rue. Les lignes austères de l’édifice comme le silence qui règne sur le jardin sont pourtant trompeurs, car le CCA abrite plusieurs expositions simultanément. Dans le cadre du mois de la photo à Montréal, le CCA a choisi de mettre à l’honneur deux photographes : Robert Burley et Guido Guidi.

Robert Burley, photographe torontois et collaborateur de longue date du CCA, ouvre les festivités avec une fresque murale d’une dizaine de mètres ornant l’entrée du bâtiment. Des anonymes y observent la démolition par implosion de l’usine Kodak-Pathé de Chalon-sur-Saône (France). Elle se veut un témoignage des effets des nouvelles technologies sur les industries de produits photographiques traditionnels. Sa deuxième installation poursuit ce sujet avec d’autres clichés d’usines à l’abandon ou en passe de l’être. Cette disparition des chambres noires, disparition de l’obscurité, se passe – ironie du sort pour une usine de films photographiques ! – à l’abri des regards, tant les présences humaines sont rares sur ces photos.

La thématique de la mutation douloureuse est reprise est enrichie dans La vitesse et ses limites. L’exposition examine le culte et les conséquence de la vitesse dans tous les domaines (art, société, culture, économie…) de 1900 à nos jours, en s’appuyant sur nombre de livres, photographies, dessins, films et jeux vidéos. Voulue par les futuristes du siècle dernier, subie par les masses laborieuses de l’ère industrielle, la vitesse perfuse partout, change les mentalités, les habitudes et les modes de vie, et peu à peu le monde passe des cartes postales rétro à la vie telle que nous la connaissons. Peut-être est-ce là le bénéfice de cette visite au CCA : un regard plus aigu sur la publicité, sur la société de consommation, sur le culte de l’éphémère, sur notre quotidien en somme. L’exposition, superbe au demeurant, conclut sur les nouvelles formes d’intelligence que l’Humanité devra trouver pour s’adapter au monde qu’elle s’est construit.

Enfin, l’exposition sur l’architecte Carlo Scarpa est une conclusion rafraîchissante. Constitué des photgraphies de Guido Guidi, l’œuvre explore les relations entre le temps et l’espace en capturant plusieurs lieux avec une dizaine de photos chacun, pour autant de regards. Au total, 54 clichés du photographe italien Guido Guidi composent l’hommage à l’œuvre de Scapa. Un souci des particularités architecturales de chaque endroit, une volonté de (se) laisser le temps de voir les choses qui fait du bien.

11 septembre au 19 octobre 2009, Façade nord ; Robert Burley : La disparition de l’obscurité

 

11 septembre au 15 novembre 2009, La tombe Brion de Carlo Scarpa : photographies de Guido Guidi

 

11 septembre 2009 au 10 janvier 2010, La vitesse et ses limites

 

Plus d’info sur : www.cca.qc.ca




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