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La 67e WorldCon à Montréal

Comme le disent ses propres membres : il existe une Société mondiale de science fiction. Son activité principale est (surprise1 !) l’organisation du Congrès mondial de science fiction. Plus de cinq mille personnes se sont recontrées du 6 au 10 août à Montréal, entre tables rondes, ateliers d’écriture, séances de dédicaces, concours cosplay, expositions d’art ou ventes aux enchères. Dans les couloirs du Palais des Congrès, les tuniques rouges de Star Trek côtoient les marines de SG-1 et les écolières japonaises des couples d’ingénieurs steampunk.

Les reporters du Polyscope eux, ont croisé le chemin de Lar deSouza, consacré cartoonist of the year par les prix Harvey et Aurora.

Lar vit de ses deux webcomics, « Least I could do » et « Looking for group ». Les parutions hebdomadaires et gratuites lui ont permis d’accumuler deux millions de lecteurs, répartis dans le monde entier. Contrairement aux grands groupes de médias, il croit fermement en la « ultimate democracy » qu’est le net, et se rémunère avec la vente de goodies plutôt qu’avec les publications elles-mêmes. Ce qui aurait été trop long, trop cher devient possible grâce à l’ordinateur. Les grandes enseignes du journalisme évoluent sous la contrainte, leur importance va diminuer, leur focus devenir plus local.

Lar, lui, adore dessiner et se donne à plein temps à son art. Il vient d’être choisi pour illustrer la couverture du guide World of Warcraft !

Mais c’est déjà l’heure du grand moment du congrès : la cérémonie de remis des prix Hugo. Place aux vainqueurs :
Roman : Neil Gaiman (Coraline, Stardust, Sandman…), décidément partout cette année, pour L’Étrange vie de Nobody Owens.
Dramatic Presentation, Long Form : Andrew Staton et Pete Docter pour Wall-E.
Dramatic Presentation, Short Form : Joss Whedon pour son génial Doctor Horrible’s Sing-Along Blog (vous ne l’avez pas vu ? vous devriez !).
La cérémonie de cette année se distingue par une petite nouveauté : le prix Hugo se dote, pour la première fois depuis sa création en 1953, d’un logo. La réponse de la salle est unanime, enthousiaste.

Voir des gens debout faute de place est plutôt bon signe pour le secteur en plein marasme à peine une décennie plus tôt. La science-fiction et la fantasy se portent aujourd’hui mieux que jamais à en juger par la déferlante de films de super-héros ou le succès du Seigneur des Anneaux. Pas convaincu ? Le casting de Battlestar Galactica tenait une conférence sur les droits de l’Homme à l’ONU il y a quelques mois.
Et la science-sans-fiction dans tout ça ? Quasi-absente des discussions, en dépit du grand nombre de scientifiques présents. Curieux phénomène tout de même. Alors même que l’introduction aux Klingons faisait salle comble, la table ronde sur le thème « Faut-il envoyer des humains sur Mars ? » ne réunissant que quelques participants.qui faisaient remarquer que les 60 milliards que la NASA demande pour envoyer un équipage sur Mars2 correspondent à peu près aux bonus des banquiers de Wall Street l’année dernière.

Mais ne boudons pas notre plaisir, 2009 a déjà offert de très bonnes oeuvres (Moon, District 9) et en promet d’autres (au hasard : Avatar, the Box, Gentlemen Broncos). L’année s’annonce stellaire pour la science-fiction !




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.