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Carte blanche à La Confiserie

Je dois avouer, je suis un grand fan de Navet Confit, alias Jean-Philippe Frechette, découvert sur les ondes de CISM, une radio qui supporte le légume depuis ses débuts. Admettons que je l’ai souvent vue en spectacle…en format cabaret au Lion d’Or l’an dernier, à Pop Montréal 2008 devant une minuscule foule, lors du lancement du LP2 à la SAT (j’avais à l’époque un blog culturel et je courrais tous les lancements pour profiter des bières gratuites), et j’en oublie sûrement! Quoi qu’il en soit, chaque prestation est unique, et on ne sait jamais quelle surprise nous attend. Ce qui fait que je continue à aller le voir, et je ne regrette jamais.

Cette fois, l’organisation des Francofolies a décidé de donner carte blanche à La Confiserie, l’étiquette de disque dirigée par Navet Confit, en collaboration avec GSI Musique. Fondée il y a maintenant trois ans, le label connaît une année fracassante, avec la sortie de Contre le tien – Ananas Bongo Love de Carlc-Éric Hudon et La lenteur alentour d’Émilie Proulx, deux albums qui ont été remarqués sur la scène locale. Suivra cette année la parution d’un premier album complet pour la jeune formation Polipe, que j’ai découvert en première partie du spectacle, et le LP3 de Navet Confit lui-même, un album que j’attends avec impatience.

Tous ces artistes étaient donc réunis dans la petite salle du Cabaret Juste Pour Rire pour nous livrer un spectacle hors de l’ordinaire. Rien d’étonnant lorsqu’on connait l’univers du Navet Confit, une musique pop-folk qui ne suit aucune convention, mais oh combien accrocheuses avec ces mélodies anticonformistes et ses rifts de guitares à vous faire perdre un dentier. Même si tous les artistes de La Confiserie possèdent un son et une personnalité unique, il y a chez ces musiciens multi-instrumentalistes un caractère do it your own qui clache beaucoup dans ce monde dominé par les grands labels et la convergence.

Dès notre entrée au cabaret, la mime Roxanne Chamberland nous offre quelques confiseries, que c’est concept! Premier constat : la salle est à moitié vide, même si la première partie (assurée par Polipe) est déjà commencée. Je ne déteste pas trop la musique du jeune groupe, mais disons qu’ils manquent cruellement d’expérience sur scène. Deuxième constat, lorsque Navet Confit monte finalement sur scène : l’ambiance est lourde. Le public plutôt silencieux. Est-ce simplement une (trop grande) marque de respect, ou un ennui total, dur à dire. Qu’importe, le Navet Confit, Carl-Éric Hudon et Émilie Proulx nous interprètent chacun six pièces de leur répertoire. La musique des deux premiers me fait bouger et j’adore, mais je ne peux pas en dire autant d’Émilie Proulx. Malgré sa voix exceptionnelle et ses arrangements impeccables, le caractère noir de sa musique est trop déprimant pour moi. Ils seront bientôt rejoints sur scène par Vincent Blain, un vétéran de la scène locale francophone et l’homme derrière le groupe L’Indice, ainsi qu’Antoire Corriveau (belle découverte), Jacques Bertrand jr et la trop drôle Géraldine, venue nous interpréter une chanson, vêtue de sa cagoule orange. De quoi détendre l’atmosphère!

Une soirée concept et très chargée donc pour La Confiserie, que je ne regrette en rien d’être allé voir. Comme à l’habitude, le Navet a réussi à nous surprendre et n’a pas hésité à multiplier les collaborations musicales pour ce faire.

Crédit photo : La Confiserie




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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