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Le FNC comme vous ne l’avez jamais lu

Le 37e Festival du Nouveau Cinéma s’est déroulé à Montréal du 8 au 18 octobre 2008. Une occasion rêvée pour l’équipe du Polyscope de se bouger les miches et aller découvrir les réalisations cinématographiques de la dernière année.
Au programme, plus de 250 projections de tout genre, documentaires, fictions, films d’animations, court-métrages provenant des quatres coins du monde… Vous pensez si on s’en ai est mis plein la vue ! Histoire de rembourser les places gratuites, un petit pot-pourri des films qui valent le coup.

Still Orangutans Réalisation: Gustavo Spolidoro.
Brésil, 2007. 81 min.

Le film Still Orangutans est une prouesse technique en son genre, tel l’Arche Russe de Alexandre Sokourov (2002). Voyage au cœur de la ville brésilienne, pendant 80 min, et ce en un seul et même plan-séquence. Pas de coupure, juste la caméra qui nous fait découvrir et nous invite au voyage. Les histoires de plusieurs personnes s’entrecroisent, évoluent parallèlement ou deviennent le point de départ d’autres histoires, mais l’effet reste le même : la caméra réussit à capter ces petits moment de vie pour nous les faire partager. Il n’y a rien de mieux pour nous faire ressentir toute la force de ces personnes. Scènes quelque fois étranges, comiques, tragiques, oniriques ou tout simplement joyeuses, nos yeux ne pourront se détacher de l’écran. Des scènes puissantes appuieront les dires du réalisateur Gustavo Spolidoro : train, bus, fête d’anniversaire où un professeur de chant rejoint sa bien aimée de 15 ans, mère de famille plongée en plein cauchemar aux prises avec des pigeons, beuverie de parfums entre amants, lesbiennes s’attaquant au Père Noël, enfant donnant ses économie pour acheter la montre la plus cool qu’il n’a jamais vue, vieillard se faisant aborder dans la rue pour éditer un manuscrit ; bref, les humains n’ont peut être pas trop évolués depuis les orang-outans. A découvrir, ne serait-ce que pour le dépaysement vers ce pays chaud et sympathique qu’est le Brésil. Rire, scepticisme, voyage, à voir !

Cap nord Réalisation: Sandrine Rinaldi.
France, 2008. 61 min.

Paris, une nuit des «viveurs». Travailleuse, cette belle jeunesse voulait le pouvoir et le plaisir.  Artiste, elle voulait des trésors. Oisive, elle voulait animer ses passions. Elle voulait une place. C’est une œuvre teintée de poésie que nous livre la réalisatrice Sandrine Rinaldi. Conviés pour une soirée nordique, une vingtaine de jeunes adultes se retrouvent pour danser au rythme incessant des mélodies, oubliant l’espace d’une nuit le monde extérieur. Exercices de style verbal entre les protagonistes, cache-cache, rencontres et jeux de regards, le thème récurrent reste l’amour. L’amour, infini, profond ou nouveau, mais l’amour, sentiment recherché par tous. Les acteurs se livrent corps et âme pendant une heure à un moment d’éternité. Rien ne semble exister autour d’eux, ils vivent pour eux, et par eux, formant un îlot inébranlable dans ce Paris presque sans couleur. Sans se prendre la tête, ils ne semblent revendiquer qu’une chose, vivre. Ce film simple, aux pistes sonores invitantes, sans être kitsch, vous fera apprécier le film musical d’un genre nouveau, poétique.

Flame and Citron Réalisation: Ole C. Madsen Danemark, 2008. 130 min.

Ole Christian Madsen nous livre un film fort et poignant. Flame et Citron, ce sont les noms codés de deux résistants danois durant la Seconde Guerre mondiale. Sabotant les plans Nazis et essayant d’organiser la révolte contre l’oppresseur, Flame (Thure Lindhardt) et Citron (Mads Mikkelsen, After the Weeding) deviendront les héros du Danemark de par leur combat et leur courage. Leur première mission est d’éliminer certains espions allemands, mais peu à peu un climat de suspicion s’installe et plus rien ne semble tourner rond : certains Nazis éliminés se révélèrent être des résistants infiltrés, le chef de Flame et de Citron se servant du prétexte de la Guerre pour liquider ses propres ennemis. Flame tombera amoureux d’une photographe qui deviendra la prochaine de ses cibles. Agente double ? Informatrice ? Résistante ? Que faire ? Qui croire dans ce chassé croisé sombre où toute information est filtrée, modifiée, écoutée par des oreilles indiscrètes ? Flame and Citron vous laissera à bout de souffle, les deux personnages vous faisant partager la vie complexe de la résistance, une vie ni noire ni blanche mais aux multiples teintes de gris, où seuls le courage et l’amitié sont des armes aussi sûr que la liberté. D’une grande intensité.

Valse avec Bashir Réalisation: Ari Folman.
Israël, 2007. 88 min.

Valse avec Bashir, c’est le récit de Ari, ancien soldat israélien à la recherche de sa mémoire. 20 ans après les massacres commis à Beyrouth ouest, son cerveau semble avoir effacé de son esprit le cours des évènements. À travers une série de rencontres entre anciens camarades de guerre, journalistes, amis et psychologues, son aventure et les images réapparaîtront progressivement, dures, cruelles, mais nécessaires. Valse avec Bashir est aussi, et avant tout, un témoignage des massacres perpétrés dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Chabila. Les phalangistes libanais, pour venger l’assassinat du futur président chrétien Bachir, décident d’épurer les camps hébergeant les terroristes, exterminant hommes, femmes et enfants ; et ce sous le regard immobile de l’armée israélienne. Tel Persepolis, ce film est à transmettre et à propager. Film d’animation à la technique envoûtante et désarmante, accentué par une bande sonore riche, Valse avec Bashir est un succès, il remet à sa place les responsabilités de chacun  : de la part d’Israël, laisser se perpétrer un massacre est tout aussi coupable que de le commettre. Valse avec Bashir, ou la voix du souvenir des Palestiniens, peuple tronqué par l’idiotie humaine.

À l’Ouest de Pluton Réalisation: Bernadet & Verreault.
Québec, 2008. 95 min.

Une plongée en apnée hallucinante dans la vie d’un groupe d’adolescents habitant un quartier en banlieue de Québec. Pour un premier long métrage, Bernadet et Verrault nous ont livré une œuvre admirable en tous points. Une pellicule naturelle, sans fard ni outrance, donnant au tout un aspect de documentaire très crédible. Les petits jeunes ont d’ailleurs travaillé fort, près d’un an de préparation pour forger leur rôle. Les réalisateurs ayant tenu justement à impliquer les jeunes acteurs amateurs dans la scénarisation du film. La projection se focalise par la suite sur une longue soirée d’anniversaire dans une maison familiale laissée vacante où tous les excès ressurgissent allègrement. La soirée se prolonge jusqu’aux petites heures du matin où la banlieue ressurgit par son imposante présence et vient refermer la parenthèse et le voyage onirique du spectateur se termine sur les piscines proprets.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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