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Dieudo le rigolo

Dieudo le rigolo, apôtre de la farce et du bon mot. C’est en ces termes que Dieudonné M’Bala M’Blala se présentait il y a quatre ans dans son spectacle Mes Excuses. C’était aussi la première fois que le public Québécois faisait sa connaissance. La France en ce temps le repoussait du pied tandis que le Québec lui ouvrait les bras au plus talentueux humoristes de notre génération.
Depuis 2004, il en a pris plein sa mouille le frère Dieudo. Pointé du doigt comme étant la pire ordure que la France ait connu depuis le gouvernement de Vichy, il a très vite été banni des plateaux télé. Certains présentateurs — dont on taira le nom — alaient jusqu’à mettre en scène leur désaffection à Dieudo, histoire que les bien-pensants les portent en bonne estime. Tout cela était vain. Tellement vain en vu du talent de l’homme que le public n’a jamais renié, dont les salles ne désemplissent pas, et dont la plume ne tarit pas.

Il l’a précieuse, la plume, Dieudo. Ciselée et pesée. Elle fait penser à celle qu’avait Michel Audiard, le célèbre dialoguiste des Tonton Flingueur. Maniant l’argo français avec le doigté d’un orfèvre, Dieudo n’a eu cesse de nous épater par sa fécondité et sa précision.
Le dernier né de ses cahiers a d’ailleurs fait grand bruit. J’ai fait le con, présenté cet été à Montréal, a fait salle comble à Paris. Mais comment fait Dieudo pour remplir ses salles alors que les médias lui tournent le dos et que les plateaux télé lui sont quasiment interdits ? En faisant parler les cons ! Dieudonné appelle son procédé l’altermarketing.
Un beau matin de dimanche, un athée convaincu dont le dernier né s’appele Judas va faire baptiser sa file Plume dans une église traditionnaliste. Le parrain, Jean-Marie Lepen, la bête de la politique française.

Le résultat ne se fait pas attendre. Tous les médias se mettent à cracher à l’unissons. À qui mieux mieux. Et en y allant de la pire mauvaise foi que l’on puisse avoir vu de mémoire de lecteur de journaux. Même le petit Martineau s’était joint au concert en trombinait de son instrument désaccordé sur un blog où ses lecteurs venaient lui rappeler qu’il n’était qu’un peigne-cul.
Le spectacle en prenait tout son sens. J’ai fait le con. Oui. Et pas à peu près.

Au mois de novembre, Dieudo présente son spectacle à Montréal au Théâtre National. Nous lui avons demandé ce qu’il préparait de bon comme facéties pour son public québécois. Et il semble que nous ne serons pas déçus. Dieudo et Falardeau pourraient bien nous concocter un petit scandale de derrière les fagots. Le Polyscope se frotte déjà les mains et tient son cahier d’écolier et son stylo bic pour prendre des notes.
D’ici là, achetez vos bilet et allez encourager le talent. Tant que la liberté de ton aura cette dimension, il y aura encore de l’espoir de vivre un peu heureux.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.