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Entrevue avec Simon Laflamme

Ancien étudiant de l’université McGill en commerce (2003) puis de génie civil (2006), Simon Laflamme parvient même à faire un échange en Australie à l’université de Melbourne (2005) avant de graduer ingénieur junior. Il s’est aussi impliqué durant son Bachelor à plusieurs associations étudiante (ISF en tant que VP-Finance) et à nombreuses compétitions d’ingénierie. Ses performances académiques, son implication extra-scolaire et son ouverture d’esprit lui ont valu une bourse pour un Master au MIT. Aujourd’hui, Simon Laflamme est candidat pour un doctorat et nous explique son choix de carrière…

Vous êtes actuellement au doctorat en génie civil : quel est votre intérêt de recherche ?

J’ai un intérêt particulier pour les systèmes adaptifs, le contrôle de structures ainsi que la conception de structures dynamiques. Je recherche un système intelligent qui pourrait être incorporé aux structures munies d’un système de contrôle actif ou semi-actif, afin que ces structures apprennent leur comportement à la suite d’excitations externes. Cet apprentissage permettrait aux systèmes de trouver leur contrôle optimal, un peu à la manière d’un enfant qui apprend ses fonctions motrices.

Quelle différence voyez-vous entre le génie civil au Québec et au Massachusetts ?

J’ai eu l’opportunité de pratiquer au Québec ainsi qu’au Massachusetts en temps qu’ingénieur junior, mais mon expérience est très limitée. Au meilleur de mes connaissances, le génie civil ne se différencie que dans les détails entre les codes de conception. Dans la pratique, nous faisons face aux mêmes défis de développement durable et de sécurité des occupants et usagers. Les besoins de la population que nous devons considérer sont également semblables. Par exemple, il y a au Massachusetts tout comme au Québec des craintes grandissantes envers des infrastructures vieillissantes.
Pensez-vous retourner dans l’industrie après vos études ou pensez-vous continuer dans le domaine de la recherche et de l’enseignement ?

Mon cœur est à la recherche et l’enseignement. Je trouve la recherche en ingénierie stimulante, car il y a ce besoin d’innovation qui fait en sorte que les problèmes à résoudre doivent souvent faire appel à l’imagination des chercheurs. Vient aussi l’enseignement du génie civil que je trouve agréablement particulier. Il y a le défi de former les étudiants afin qu’ils soient prêts pour l’industrie, tout en leur donnant les outils nécessaires afin qu’ils puissent également innover et devenir des leaders dans leur champ de spécialité.
En tant qu’académicien, il faut aussi conserver un lien serré avec l’industrie afin que les recherches et l’enseignement répondent aux besoins actuels et réels. Toutefois, il est aussi très important d’avoir une vision et de pouvoir orienter la recherche et l’enseignement pour l’avenir.

Pourquoi avoir choisi le MIT pour effectuer votre cycle supérieur ?

Le choix d’une université de bonne réputation est important lorsque nous choisissons d’étudier en cycle supérieur. Bien que plusieurs universités québécoises jouissent d’une très bonne réputation, certains facteurs, probablement de nature économique, font en sorte que certaines universités américaines ont pu former et attirer à travers le temps des leaders internationaux dans plusieurs domaines, ce qui leur a donné leurs excellentes réputations. Le MIT est une de celles-ci. Bien que pour moi la réputation comptait beaucoup, ce n’était pas tout. Je voulais également un programme qui allait répondre à mes besoins, et leur programme M.Eng était ce que je cherchais.
Lorsque j’ai décidé de faire un doctorat, c’était un peu la même histoire, sauf qu’il fallait que je trouve une place où je pouvais faire la recherche que je voulais. Le MIT était la place idéale pour explorer le contrôle intelligent de structures. En effet, il y avait un intérêt sincère pour le sujet de la part des professeurs, et l’ambiance au MIT est propice aux recherches avant-gardistes.

Le MIT est connu pour être une institution très sélective…Quelles sont selon vous « les bonnes cartes » qui garantissent l’admission ? Quel est, selon vous, ce qui a fais que vous avez été admis au MIT ?

Selon moi, il s’agit d’avoir un bon équilibre dans le dossier que nous présentons à l’université. Les notes sont importantes, mais il y a d’autres choses qui peuvent jouer en la faveur des candidats. Je crois qu’il faut être capable de démontrer que l’on peut contribuer à l’épanouissement de l’institution, puisque les étudiants sont une bonne partie de l’âme d’une université. Nous devons également démontrer que nos intérêts en recherche concordent avec ceux de l’université, car il faut être conscient qu’une faculté de génie ne donne pas nécessairement dans le domaine que l’on veut. Aussi, il est important d’avoir de bonnes références, donc il est utile de bien se faire connaître de nos professeurs dans l’université que nous fréquentons lors de l’application.
Il est un peu difficile pour moi de dire avec précision ce qui a fait que j’ai été admis au MIT ; c’est probablement cet équilibre que j’avais.

Les études à Boston sont aussi très dispendieuses : quelles sont les différentes options pour se faire subventionner ?

Généralement, les étudiants admis au MIT peuvent se trouver un poste d’assistant de recherche ou d’assistant de professeur (pour les programmes de maîtrise en science et doctorat). Dans les deux cas, les études seront payées en plus d’une allocation mensuelle. Il y a aussi quelques bourses de recherches institutionnelles et privées qui sont disponibles. Il faut également penser au Fond Québécois de Recherche sur la Nature et les Technologies (FQRNT) et au Conseil de Recherche en Sciences Naturelles et en Génie du Canada (CRSNG) qui ont des fonds disponibles pour les étudiants qui désirent étudier à l’étranger.

La communauté québécoise est-elle importante à Boston et au MIT ?

Je ne connais pas les chiffres pour la communauté québécoise, mais il y avait 233 étudiants canadiens au MIT pour l’année 2007-2008, sur un peu plus de 10 000 étudiants. Ce n’est donc pas énorme, et il ne m’arrive pas très souvent de croiser des québécois habitant la région, que ce soit au MIT ou à Cambridge et Boston. Bien que les québécois soient loin de former une communauté culturelle prédominante à Boston, il ne faut pas s’en faire ; c’est bien de pouvoir profiter de la diversité culturelle qui nous entoure.

Pensez-vous revenir travailler/enseigner au Québec ?

Il est un peu tôt pour moi pour prendre cette décision. Il s’agit de voir où mes recherches me mèneront, et de trouver une institution où mes intérêts concorderont avec les leurs. Tout comme ce qui a trait au processus d’admissions, je dois trouver un endroit où je serai bien. Toutefois, il est sûr que j’adore Montréal et le Québec, et qu’il n’y a aucun doute que c’est une région où j’aimerais bien un jour me retrouver.

L’ensemble de la rédaction vous remercie de nous avoir accordé cette entrevue.

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