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À la découverte de Çaturn

Un spectacle de danse qui repousse les limites entre les genres. Une création inédite qui utilise à la fois la danse et le cinéma pour peindre la toile narratrice d’une histoire intergénérationnelle. Une production qui met entre les mains de l’interprète l’entière responsabilité du projet artistique. Des collaborations avec Robert Lepage, conseiller artistique, ainsi que Richard Reed Parry et Matthew Banks, deux membres d’un certain groupe de musique rock montréalais (Arcade Fire quelqu’un?). Tous ces éléments rassemblés ont réussie à piquer ma curiosité à un tel point que je me suis rendue à l’Usice C, haut centre de création et diffusion pluridisciplinaire, mercredi, pour assister à la première de Çaturn. Une œuvre audacieuse qui me transporta tout droit dans l’univers de Naomi Stikeman, là où danse et cinéma fusionnent pour nous livrer un intrépide récit où les générations se succèdent et contribuent à leur façon à la mémoire collective.

Naomi Stikeman, créatrice originale, interprète et directrice artistique de la compagnie One Yellow Fish, est une habituée des grands défis, elle qui a déjà été danseuse pour les Grands Ballets Canadiens de Montréal et La La La Human Steps, une compagnie de danse montréalaise à la renommée internationale. Entourée d’une solide équipe, l’ontarienne a cette fois-ci décidé d’utiliser le cinéma et la danse pour raconter l’histoire de Sophie, une tout petite fille en pleine quête existentielle, qui tente de réanimer les souvenirs oubliés de sa grand-mère (interprétée par Janine Sutto), alors que l’image de la jeune demoiselle semble s’effacer peu à peu. Pour y arriver, elle renoue avec Chanell (alias Frédérik Bédard), propriétaire d’un salon de coiffure tout ce qu’il y a de plus kitsch, et ancienne coiffeure de la grand-mère. Dès le début, Çaturn met cartes sur table : il est question ici d’énergie et de synergie. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Les vies humaines se chevauchent, et la fin d’un cycle n’est que le commencement d’un second.

Des courts-métrages, réalisés avec un soin particulier de l’esthétisme, sont ainsi projetés sur grand-écran, et entrecoupés de performances physiques livrés par Naomi elle-même, entourée du danseur-chorégraphe Peter Chu. En danse, ils traduisent l’action et l’émotion du grand-écran, et vont même jusqu’à influencer le court du récit. Même sur scène, l’esthétisme est au rendez-vous, avec un choix judicieux d’éclairage, de costumes et d’accessoires. Chapeaux aux danseurs, qui nous livrent une chorégraphie impeccable, et résolument moderne. Par son approche cinématographique, Çaturn saura plaire autant aux amateurs de danse qu’à ceux qui n’ont jamais osé découvrir cet art, derrière lequel se cache une surprenante beauté humaine.

Çaturn, 18$ pour étudiants.

Jusqu’au 15 novembre, 20h tous les soirs, à l’Usine C, 1345 Av. Lalonde




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