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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Enfin !

Le charisme, l’honnêteté, le travail, la popularité, l’engouement national voir international ont balayé la couleur de peau d’un candidat.
New York City, il est 18h et les premiers bureaux de vote de l’Indiana se ferment. Aux abords du Rockefeller Center, une foule immense se masse devant les écrans des chaînes d’information MSNBC et NBC. Une certaine tension se lit sur les visages craintifs des new-yorkais qui n’ont qu’une seule peur : qu’il se reproduise un scénario tel qu’ils ont vécu en 2000, un « cauchemar », une « arnaque », une « entourloupe » se rappellent-ils. Ils savent qu’ils ne sont pas « maîtres » de leur destin, car leur état est démocrate depuis la nuit des temps. Mais durant la soirée, la victoire dans les états clés tels que la Pennsylvanie à 20h, puis l’Ohio à 21h15, les rassureront rapidement et ils n’auront plus qu’à attendre la fermeture des bureaux de vote sur la côte ouest (la Californie notamment à 23h) pour célébrer sa victoire. Ce qu’il s’est passé à 23h est indescriptible.

L’annonce du président tombe, le visage de toutes ces personnes présentes se décrispe en quelques secondes. Des sourires, des rires et des hurlements se soulèvent, tout cela ce produit très vite, tout le monde passe d’un état d’anxiété à un état de bien être en quelques secondes. Ils ont tant espéré ! Dans la foule présente, il y a des newyorkais bien sûr mais aussi de nombreux touristes européens, asiatiques, nord-américains. Tous sont là pour assister au couronnement d’une icône. Un symbole qui a réussi à mettre l’espérance (HOPE) et le changement (CHANGE) dans la tête de dizaines de millions de personnes à travers la planète. Tous ressentent la même chose, c’est un peu comme la chute d’un mur en Allemagne en 1989 ou le premier homme sur la lune en 1969.

Je ne peux pas me retenir et je lâche quelques larmes… Je suis le parcours du candidat Obama depuis janvier 2007 et ses débuts à l’élection présidentielle américaine. D’un coup, cette personne passe de candidat à vainqueur d’une élection puis de vainqueur, dans une conséquence inévitable, à Président des Etats-Unis d’Amérique, tout cela en quelques secondes. Je suis là au milieu de tous ces américains qui voient leurs rêves se réaliser et je dois l’avouer un peu le mien aussi.
À quelques blocs, au cœur de l’hôtel Sheraton, dans le quartier général des démocrates, c’est aussi une grosse effusion de joie, tout le monde danse, rie, interpelle les journalistes et savoure leur victoire. Dans une des salles luxurieuses, l’alcool coule à flot, les larmes aussi… « C’est la victoire la plus importante de toute l’histoire des démocrates » me confie une des nombreuses militantes présente. Le gouverneur de New York, David Paterson apparaît, prend la parole et interpelle d’une voix vibrante le public : « Aujourd’hui, les américains n’ont pas voté contre McCain mais bien pour Obama ! » Cela est bien vrai, cette élection qui est normalement entre deux candidats s’est assez vite transformée en un référendum du type pour ou contre Obama. Pour Carolyn Dorois « c’est une soirée historique ». Elle a 61 ans et cette bénévole démocrate en a vu passé des candidats. Mais pour elle, c’est une personne « hors du commun » et c’est avec lui que le pays a vraiment besoin « de prendre un nouveau départ ! ». Si elle devait choisir un sujet clé où Obama doit agir tout de suite, c’est pour elle, sans aucun doute, « la crise financière et économique car cela touche tellement d’américains. ». Elle reste tout de même très réaliste « Obama ne va pas changer les Etats-Unis en quelques jours, encore moins la face du monde, mais petit à petit avec tous ces personnes compétentes qui l’entourent il va essayer de faire de son mieux et réaliser ce qu’il a promis ». Elle me présente une des « ses amies ». Cette dernière est française et a obtenu « sa » Green Card il y a quelques années. Elle a aidé la campagne Obama, en allant jusqu’en Pennsylvanie en voiture (soit quelques centaines de kilomètres) pour faire du porte-à-porte pour convaincre un par un les électeurs de cet état indécis. Ce soir, sur la carte des résultats, cet état est colorié en bleu, Obama a gagné là-bas et elle en est très fière. Elle a fait campagne pour lui malgré qu’elle ne soit pas américaine car elle veut absolument que le système de santé américain soit amélioré. D’un coup d’immenses cris nous interrompent dans notre entrevue, Obama est sur les écrans géants de la salle !
« Des gens sont allés voter pour la première fois car il savait que pour une fois leur voix allait compter, […] car ce soir il n’y a plus des états républicain et des états démocrates mais des états unis d’Amérique. » dit-il, dans la salle les applaudissements fusent, les yeux brillent, les visages sont souriants. Quand Obama aborde le fait qu’il veut travailler avec McCain et Palin, les encouragements se sont plus rares et quelques hués fusent, les partisans ont du mal à digérer la campagne très négative de leur adversaire. Après un discours brillant qui nous rappelle ses premières allocutions prononcées après les victoires dans les primaires en janvier 2008 avec notamment le « YES, WE CAN » du New Hampshire. Les partisans se félicitent une dernière fois de leur victoire avant de retourner chez eux pour un repos bien mérité et surtout apaisé.

New York quand à lui ne s’endort pas, Times Square ne désemplie pas de partisans qui sont dans un état de joie surréaliste. Une sorte de folie s’empare des vainqueurs de la nuit, toutes les personnes s’interpellent, se félicitent, rigolent. La police un peu nerveuse à du mal à contenir la foule sur les trottoirs. Mais aucun incident ne sera à signaler, l’ambiance reste très bonne et très belle à contempler.

Demain, le jour se lèvera sur les USA comme les autres jours, mais quelque chose ne sera plus jamais comme avant, quelque chose que rien ne pourra changer, cela s’appelle l’égalité, la vrai celle que l’on ne peut imposer par une discrimination que l’on appelle « positive ». Après avoir triomphé de la brillante Hillary, Obama aura réussi à se défaire du soldat McCain. Mais le plus dur n’est pas encore passé pour l’ancien sénateur de l’Illinois, il lui faudra maintenant essayer de satisfaire toute l’attente qu’il a suscitée et surtout essayer de sortir les Etats-Unis du marasme dans lequel il s’est embourbé avec l’administration Bush.

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