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Annick Corbeil nous décrit le programme de stages à Polytechnique

Bio:
Franco-ontarienne, elle a, vers l’âge de 14-16 ans, participé à des programmes d’échange internationaux et travaillé à l’international, en Europe : Allemagne, France, Italie, Suisse… Elle obtient un bac en sciences politiques et relations internationales avec une mineure en littérature allemande à Concordia, tout en travaillant à temps plein en tant que coordonnatrice d’activités pour les étudiants internationaux dans une école de langues. Elle poursuit des stages et emplois à Washington D.C. et à Vancouver, au American Council on Education, au Consulat Général de Suisse, à U.B.C. et Simon Fraser University, qui la mènent finalement à effectuer un Master of Higher Education, with Specialization in International, Comparative and Development Education à l’Université de Toronto, avec les recherches effectuées à Singapour pendant six mois. Elle complète également un certificat en communication interculturelle offert à UBC… C’est finalement à son retour à Montréal que s’affirme sa vocation avec un emploi en relations internationales à l’ÉTS, puis finalement le poste de responsable des programmes d’échange à l’École Polytechnique.

Que représente le poste de responsable du programme d’échanges à l’international ?

De par ce poste, la principale fonction de Mme Corbeil est de gérer la mobilité des personnes entrantes et sortantes à Polytechnique (mettre les chiffres, les statistiques). Ceci comprenant l’accueil des nouveaux étudiants en échange, le lien avec l’étranger (se résumant essentiellement à la correspondance électronique avec ses homologues étrangers), et bien sûr, la coordination des demandes d’échanges émanant de la société polytechnicienne. À son arrivée au poste, de grands défis attendaient Mme Corbeil, nouvelle arrivante en remplacement de Mme Micheline Legault qui était là depuis 25 ans. Cependant, plusieurs objectifs concrets lui avait permis d’y faire face. Ces différentes résolutions, nous sommes aujourd’hui capable de vous les énumérer. En premier lieu, il s’agissait de formaliser le programme d’échanges à l’international n’était pas perçu comme quelque chose de sérieux. Bon nombre de personnes ne trouvaient pas la justification académique d’un tel projet et, par conséquent, ne se justifiaient pas l’idée de financer (grâce à l’École ou le gouvernement) un voyage « touristique » à un étudiant.
La ligne directrice aura été de « démocratiser l’accès au programme d’échanges ». En effet, encore aujourd’hui, trop de gens pensent que le programme d’échanges à l’international, reste quelque chose d’élitiste, uniquement réservé à « la crème de la crème ». Les actions concrètes qui ont été posées, sont entre autres : des campagne de séduction auprès des étudiants avec des séances d’informations, des publicités présentant plusieurs photos d’anciens étudiants en échange, des rencontres avec des anciens partageant leur expérience, etc.

Accessibilité et modalité des échanges pour les étudiants étrangers Comme il a été dit précédemment, cette année a célébré un élément essentiel de la « démocratisation de l’accès au programme d’échanges ». Toutefois certains éléments majeurs doivent être considérés. En effet, aucune aide financière ou bourse ne sera accordé :
* Aux étudiants étrangers
* Aux non-résidents permanents
Cependant la question qui est soulevée à l’heure actuelle concerne les bourses d’exemption que pourraient obtenir ces étudiants de part leur gouvernement. Le problème étant que si ces étudiants- là, qui ne paient pas les frais majorés (ce qui comprend donc aussi les étudiants français qui paient le même prix que les étudiants québécois), décident de partir en échange, ils se verraient obligés de payer ces frais majorés durant leur échange. Bien que lors de leur retour à Poly, ils recouvreraient leur statut originel, il demeure toutefois que pour beaucoup, ne plus bénéficier de la bourse d’exemption pendant une session ou un an, signifie la perdre à vie.

Les modalités et conditions d’acceptation au programme d’échanges à l’international Bien que tout ait été mis en œuvre pour rendre ce programme accessible à la plus grande partie possible de la communauté polytechnicienne, il n’en demeure pas moins que certaines conditions et restrictions sont nécessaires. Un des éléments majeurs à la sélection et qui peut susciter bon nombre de questions chez les étudiants est la moyenne cumulative requise qui est fixée à environ 2,75/4. Le terme
« environ » est ici employé car il y a certaines destinations d’échange où il est possible de partir avec une moyenne avoisinant les 2,5/4. Pourquoi ces notes-là ? C’est un barème qui a été fixé par un comité (composé entre autres des directeurs d’études des 1ers cycles et des cycles supérieurs), mais aussi souvent imposé par l’établissement d’accueil. En effet, certains des établissements en partenariat avec l’École Polytechnique exigent certaines moyennes de leurs étudiants afin qu’ils soient éligibles à un échange, et, au regard des notes demandées, des équivalences sont faites et permettent donc d’établir les barèmes énoncés précédemment.
Pour certains qui se sentiraient lésés par ces limites-ci, il est donc bon de savoir que bien qu’énoncé par un comité de Polytechnique, qui avait le pouvoir décisionnel, le facteur premier qui permet de fixer ces conditions-là réside majoritairement en fonction des compétences demandées par les partenaires et correspond donc finalement au niveau qui est demandé à l’étranger. La moyenne cumulative, reste donc le critère majeur de sélection :
* Si la moyenne est trop basse, la demande d’échange peut être acceptée sous condition d’augmenter la moyenne pour la session courante
* Si la moyenne répond aux conditions demandées, l’échange est accepté mais seulement sous condition de maintien de cette moyenne.

Une chute pourrait donc entraîner un refus du départ.
Malgré la grande influence de la moyenne dans l’acceptation au programme d’échanges, plusieurs autres critères sont aussi pris en compte et peuvent permettre de faire pencher la balance au cours de la sélection. Pour résumer, la « grille d’évaluation » des étudiants déposant une demande est composée des sections suivantes :
* moyenne cumulative ;
* motivation ;
* capacité d’intégration ;
* capacité de représenter Poly
* implication scolaire et parascolaire.

Cette évaluation de l’étudiant et de sa demande se fera par divers moyens qui permetteront donc de remplir un des objectifs fixés dans ce programme : valider la démarche pédagogique d’un échange dans le cadre du programme d’étude. Échange qui ne peut plus être assimilé à un voyage touristique d’un étudiant. Cette validation se fait donc grâce à deux rencontres : * séance pré-départ Journée d’information à laquelle doit se présenter chacun des étudiants voulant participer à un échange. Cette réunion permet à l’étudiant de définir ses objectifs et de se préparer à son rôle d’ambassadeur de l’École et à sa démarche de découverte (à quoi il pourra s’attendre au niveau de l’adaptation, qu’est ce que le choc interculturel, etc.).
* entrevue de sélection C’est une entrevue de 20 à 30 minutes qui va permettre d’évaluer et de valider les différents critères de la « grille d’évaluation ». Pour prendre l’exemple de la motivation, l’étudiant devra montrer comment il a réfléchi à sa démarche et en quoi celle-ci peut être considérée comme professionnel et académique. Comprenant que, dans cette démarche, posséder des renseignements sur le lieu d’arrivée (l’école, la ville, le pays, …)

en font partie intégrante. Dans cette démarche de « séduction » du jury, l’étudiant retrouve donc l’équivalent d’une entrevue d’embauche : le fait même d’avoir cette entrevue, permet de réfléchir au préalable à l’échange et à ce qui nous pousse à le faire. C’est une étape importante du suivi de l’étudiant et elle permet ainsi de lui confirmer que l’encadrement est bien là.
Comment se comparent les taux de recrutement des finissants avant et après l’instauration du stage obligatoire ?
Ces taux restent relativement élevés, dans l’ordre de 90%. Ce que l’instauration du stage obligatoire change, ce n’est pas le taux de recrutement, mais le temps d’intégration au marché de l’emploi. Pour un étudiant ayant fait un stage, le temps d’intégration est quasi nul à la sortie, tandis que pour un étudiant n’ayant pas fait de stage, le temps d’intégration peut varier entre 3 mois et 1 année. Finalement, après une année, les taux sont toujours dans les 95-98%. Les frais de stages sont comptabilisés comme des frais de cours. Ainsi un été de stage coûte 318$ aux stagiaires. Ces frais sont-ils des frais administratifs ?
Oui. En fait tenir un bureau comme le nôtre coûte très cher et ce service n’est aucunement subventionné par le Ministère de l’Éducation. Il ne fait pas partie du service aux étudiants, donc ne reçoit pas les subventions qui y sont dédiées, parce qu’il y a plusieurs années, c’était le centre d’emploi du Canada sur campus qui subventionnait ce service. Alors, quand ces centres se sont retirés, il y a eu des demandes pour que le Ministère reprenne le flambeau. Le Ministère a rejeté ces demandes, mais l’École a fait le choix de maintenir et de faire grossir ce service.
Donc, ces frais servent à financer une infime partie de ce service. Ça ne rencontre jamais les frais pour financer un tel service.
Quels sont les défis principaux auxquels le service de placement et les étudiants de Poly devront faire face dans les prochaines années?
Le défi pour nous est de continuer à augmenter notre performance. D’ailleurs, nous progressons de 20% par année, et donc notre défi sera de faire cela pour que tout l’étudiant de Poly fasse un stage.
Et pour les étudiants, ce sera de s’ouvrir un peu. Moi je sens que les étudiants vont devoir être plus souple et être moins exigeants par rapport à certains aspects comme, par exemple, ne pas se donner une fenêtre de recherche d’emploi trop mince.

Le double diplôme Jusqu’à maintenant, nous avons surtout parlé des échanges, mais il ne faut pas oublier les programmes de doubles diplômes offert par l’École. Toutefois à noter, que les exigences sont très restrictives : la première est le contingentement avec une moyenne cumulative requise de 3,5/4 et pouvant même aller jusqu’à 3,8/4 (avec parfois des examens en sus). La deuxième condition, est fixée par le Bureau Canadien d’Accréditation des Programmes d’Ingénierie et exige que toute personne demandant un diplôme canadien ait effectué au moins 75% de ses études au Canada (dans le cadre de nos études d’ingénieur, ceci correspond donc à 90 crédits). C’est un programme offrant des possibilités d’études dans plusieurs écoles françaises et une italienne, mais qui reste malheureusement peu populaire dans notre communauté, avec seulement 3 candidats pour l’année 2009-2010 (1 à l’X, 1 autre à l’École Nationale des Ponts et Chaussé et le dernier à Sup-Aéro), contre environ 50 arrivants.
Le mot de la fin Afin de clore ce dossier qui a pu être effectué grâce à la collaboration de Mme Annick Corbeil, nous terminerons sur sa réponse à la question
« pour vous qu’est ce qu’un échange peut apporter à la formation académique d’un ingénieur ».
Il en ressort que la validation d’un échange à l’étranger est une très grande valeur ajoutée à un C.V. En effet, la conjoncture actuelle avec la mondialisation, l’Outsourcing et même s’ajoutant aujourd’hui la crise, font que les employeurs sont à la recherche de profits internationaux :
« Démontrer que tu as participé à un programme d’échange, ça dit à l’employeur : je suis débrouillards, capable de communiquer avec les gens d’une autre culture, je connais une 2e ou 3e langue, je suis ouvert et j’ai acquis des connaissances ailleurs. S’ajoutant à cela que les employeurs n’ont plus le temps de former une nouvelle recrue à ces compétences internationals, il faut donc que le nouvel employé soit capable, le lendemain de son embauche, de partir gérer un contrat à l’international.
[À l’heure actuelle] il n’y a que très peu d’entreprises locales et ce profil devient donc incontournable à la formation d’un ingénieur. »

Pour plus d’informations:
www.polymtl.ca/inter/etupoly/




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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