Logo Le Polyscope
De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Et voilà les Jutra

C’est la fin, la saison interminable des remises de récompenses du 7e art se termine enfin en ce fin de mars avec les Jutra, qui comme lors des autres années, devraient se dérouler dans un anonymat assez certain. Après les spectaculaires cérémonies américaines à la sauce hollywoodienne des Golden Globes, Emmy Awards et la crème de la crème : les Oscar, voici la cérémonie québécoise. Ces cérémonies sont un peu comme un morceau de musique qui part tout doucement au début de l’hiver pour atteindre le pic, le sublime, l’apothéose à la fin février lors de la venue des fameuses statuettes dorées pour ensuite redescendre avec les César, tout doucement jusqu’aux Jutra à la fin mars.

Certes, le cinéma québécois est bien loin, des superproductions de la côte ouest des États-Unis, certes Karine Vanasse qui sera l’animatrice de cette cérémonie nous surprendra moins que Hugh Jackman, certes, cette cérémonie dans les locaux de Radio-Canada ne sera pas dans le Kodak Theater, mais y a-t-il un intérêt à suivre cette cérémonie ?

Sans doute pour connaître les films de la Belle Provique que vous avez ratés l’année dernière. En effet, les films selectionnés sont exclusivement québécois, et les critères de sélection des films sont vraiment stricts et rigoureux. Ainsi, seuls 32 films de l’année 2008 étaient potentiellement sélectionnables à ce gala, 20 auront été nommés cette année. Dans les grands films québécois qui recevront sans doute plusieurs prix cette année, Babine fait figure de favoris avec 9 nominations. L’histoire de ce garçon sous forme de conte oscille entre une précarité réelle et un monde un peu fantastique qui embarque le spectateur dans une ambiance qui a satisfait des plus petits aux plus grands. D’autres films comme C’est pas moi, je le jure ! pourraient rafler quelques prix. L’histoire de ce petit garçon qui ne se rend pas bien compte de ses raisonnements bizarres, comme le fait d’essayer de s’endormir dans la piscine ou de se pendre aux anneaux de l’arbre. On espérera que d’autres films comme Papa à la chasse aux lagopèdes ne seront pas récompensés. Non pas parce qu’il est mal filmé, ou mal joué, mais parce qu’un film est là pour attirer le public et tenter de garder son attention husqu’à la fin. Malheureusement, ce film qui raconte la fuite d’un PDG qui a volé des millions et qui se confie à ses filles en filmant lui-même sa fuite vers le Grand Nord, est d’un ennui et d’un manque de rythme assez hallucinants.

Mais revenons aux problèmes originels : le cinéma québécois est-il exportable ? Trop souvent, les films québécois sont faits pour les québécois. Seuls quelques films arrivent à franchir les frontières de cet îlot francophone pour rencontrer un succès mondial comme par exemple Les Invasions Barbares (un Oscar et trois César). C’est souvent parce que, contrairement au cinéma belge ou français, les québécois veulent garder leur identité constituée de leur accent, leurs expressions, leur histoire, leur culture, que leurs films ont du mal à franchir l’Atlantique pour être diffusé dans les salles noires de l’Europe francophone. C’est dommage car la sensibilité, la bestialité et la beauté du cinéma québécois devraient être exportés hors du Québec. Cette qualité est amplement reconnue par l’ONF (Office National du Film) qui finance grandement l’industrie du cinéma de la province. Espérons que cela continue pour notre plus grand bonheur.

La 11e Gala des Jutra aura lieu à Montréal le dimanche 29 mars à 19h30 sur la chaîne Radio-Canada.

Le triomphe de Slumdog Millionaire

Lors de la 81e cérémonie des Oscars, le cinéma indien a vécu son heure de gloire avec Slumdog Millionaire en rempotant huit Oscar dont celui du meilleur film. Bien qu’il soit britannique, ce film a été très largement inspiré du livre indien :
Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire et est agrémenté de la musique indienne d’Allah Rakha Rahman.

La surprise SÉRAPHINE

La cérémonie des César restera toujours un mystère pour le commun des mortels, alors que les succès cinématographiques français de 2008 comme Mesrine, Entre les Murs, et Un conte de Noël semblaient être les grands favoris. C’est Séraphine qui a remporté sept César avec son actrice principale Yolande Moreau. Un beau succès pour ce film à petit budget.
Mots-clés : Cinéma (60)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.