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François-Xavier Demaison, une ascension exceptionelle

Au coeur des César, le Polyscope a interviewé deux nominés : François-Xavier Demaison, en course pour le César du meilleur acteur et Antoine De Maximi pour le meilleur documentaire. Deux hommes pour deux destins extraordinaires et hors du commun.

Il y a huit ans seulement, François-Xavier était un fiscaliste comme les autres au milieu des gratte-ciels new-yorkais. Aujourd’hui, il est nommé comme meilleur acteur français aux César. Comment est-il arrivé à changer de vie comme cela ?

Et bien tout commence (ou finit) le 11 septembre 2001, quand il voit les deux tours s’écrouler en face de lui. Il se dit que la vie est bien trop courte pour s’enfermer dans une routine qu’il n’apprécie pas forcément. Issu d’une famille d’avocats, il avait enchainé écoles chrétiennes, fac de droit et, pour finir, Sciences Po, qui l’avait forcé à abandonner le cours Florant (école de théâtre parisienne très célèbre) pour pouvoir réussir ses études et décrocher le rêve américain de travailler dans un grand cabinet d’avocats de la Grosse Pomme.

Mais voilà, cet évènement lui a permis de prendre un second souffle et d’écrire et de monter un spectacle en quelques mois à peine. Puis, il a réuni toutes ses économies et ses contacts pour jouer sa première représentation devant 800 personnes. Dans la salle, désabusé et surpris de voir un aussi bon spectable pour une première, le comédien français Samuel Le Bian est séduit par l’humoriste et décide de le produire pour la suite.

Puis, le rêve continue avec l’arrivée de personnes qui l’aident à améliorer son spectacle, il effectue ensuite ses débuts à la radio et à la télévision où il fait des chroniques, puis, au cinéma en 2005, où il commence à décrocher de petits rôles. En 2007, il revient à son premier amour : le théâtre, avec L’Arbre de joie. C’est aussi l’année où il décroche une nomination aux Molière (équivalent des Oscar français du théâtre) pour son spectacle humoristique « Xavier Demaison s’envole ». Il enchaîne les tournées et était même présent l’été dernier à Montréal au Festival Juste pour rire où il nous a présenté son spectacle et fait des duos avec Florence Foresti.

Il a un style qui mélange le stand-up et le théâtre, le réel et la fiction, en parlant de sa vie d’avant, à New-York, mais aussi en imitant des personnes qu’il a croisées tout au long de sa vie : un prof de boxe, un castor ou une ancienne danseuse de ballet. Tout cela, il le fait sans caricaturer, ni blesser, juste avec la dose d’humour parfaite. C’est sa marque de commerce, une gentillesse et une modestie que l’on retrouve aussi bien dans son spectacle que lors d’une entrevue.

Cependant, sa véritable ascension restera indéniablement son rôle principal dans : « Coluche, c’est l’histoire d’un mec », où il a pris le risque et a réussi à interpréter l’un des plus mythiques humoristes français. Pour cela, il a dû passer des heures à écouter des chansons et des sketches, mais aussi à se transformer physiquement en prenant 13 kilos. Il a fait preuve d’un perfectionnisme et d’un professionnalisme aujourd’hui reconnu par les 44 membres de la prestigieuse académie des César.

Il arrive, par ce rôle, à égaler Marion Cotillard ou Vincent Cassel (dans le rôle de Mesrine). Ce film, lui a « ouvert beaucoup de portes », il le dit lui-même. Car l’histoire de Coluche n’est pas que l’histoire d’un comique, il y a aussi des scènes sombres et dramatiques à jouer. L’étiquette du comique, ce n’est en aucun cas le rôle dans lequel il veut s’enfermer. C’est pour cela que, dans ses prochains films, il jouera « un personnage inquiétant » (un avocat) dans un film belge avec Bruno Magimel et un écolier dans la version adaptée du Petit Nicolas au cinéma. Des rôles très variés pour « ne se fermer aucune portes » et avoir un maximum de choix dans les personnages qu’il peut et veut jouer. Mais aujourd’hui, il est heureux et il apporte un nouveau genre de comiques et d’acteurs : ceux qui n’ont pas toujours joué, qui ont eu une vie pas ordinaire avant d’en avoir une autre, exceptionnelle. Il fait surtout partie des gens qui nous montrent que le travail paye toujours, et que si on aime ce que l’on fait et que l’on travaille pour le faire bien, on réussit toujours à percer et même parfois très vite !

À voir aussi l’article sur l’entrevue avec François-Xavier Demaison dans le Polyscope.

Image article François-Xavier Demaison, une ascension exceptionelle 334

Mots-clés : Cinéma (60)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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