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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Meryl Streep, what else ?

Quinze fois, c’est le nombre hallucinant et historique de nominations pour la catégorie Meilleure Actrice du gala des Oscar qu’atteint cette année Meryl Streep l’une des étoiles les plus reluisantes d’Hollywood. Cette année encore, elle a réussi à séduire l’académie et à être nommée pour son interprétation dans Le Doute. Ce film qui lui aura déjà permis de décrocher le prix de la meilleure actrice de l’année auprès de la Screen Actors Guild, l’association professionnelle des acteurs de cinéma et de télévision. Un très bon signe car le palmarès de cette dernière cérémonie précédent le gala des Oscar lui ressemble souvent à deux gouttes d’eau. La preuve en est les nominations des prestigieux Academy Awards qui se sont avérées presque identiques aux choix de la guilde des acteurs: 18 artistes sur 20 étaient finalistes pour les mêmes prix aux deux galas. Meryl, c’est aussi une palme à Cannes, deux ours à Berlin, un grand prix à Moscou, six Golden Globes, deux Emmy, un César d’honneur et un Bafta (récompense anglaise), un palmarès sans équivalence à travers la planète.

Mais la magnificence de Meryl Streep ne s’arrête pas à quelques trophées, c’est aussi une carrière exceptionnelle.
Elle a su sans cesse prendre des risques pour relancer sa carrière en alternant rôles dramatiques et un peu plus légers. Le plus bel exemple est l’année qui vient de s’achever et où les deux films auxquelles elle aura participé : Mamma Mia et Doute. Dans le premier, elle joue, chante et s’amuse, cela crève les yeux. Il s’agit d’une comédie musicale qui raconte l’histoire assez fraîche de Donna, la mère de l’héroïne, qui cherche à retrouver son père. Alternant frasques comiques et danses endiablées à l’aube de sa soixantième année Meryl est plus que surprenante. Dans le second, elle joue la très drastique et sévère Soeur Aloysious Beauvier. Directrice d’une école catholique du Bronx en 1967, elle a de sérieux doutes sur la moralité du prêtre qui se voit accuser de pédophilie. Deux rôles à l’opposé mais tous les deux très bien interprétés.
Elle a cette capacité à savoir nuancer ses personnages sans tomber dans la caricature grotesque. Elle sera passée par tous les états en 30 ans de carrière de « l’adulation excessive au dédain absolu » comme elle le dit si bien. Mais en faisant des films à « grand succès » quasiment tous les deux ans, qu’elle montre à toutes les jeunes qu’une carrière ne s’arrête pas passée la trentaine, mais que la beauté d’une interprétation, d’un rôle se travaille en se détachant des cases et des étiquettes que les gens ont trop souvent tendance à coller sur les acteurs. Daniel Craig, Pierce Brosnan ou Roger Moore resteront à vie 007, Cameron Diaz jouant la cruche de service, Glenn Close avec Cruela d’Enfer, même Léonardo Di Caprio avec son grand talent a eu beaucoup de mal à faire oublier Titanic et j’en passe. Prendre des risques restera la clé de voute de sa carrière. Pour elle, on aura tous une image différente du regard sévère de Miranda dans Le diable s’habille en Prada, les traits de la mère juive protectrice dans Petites confidences, la névrosée tante Agrippine dans Les désastreuses aventures des orphelins Beaudelaire, ou encore l’amoureuse transie avec Clint Eastwood dans Sur la route de Madison et j’en passe.

Meryl Streep est une perfectionniste qui prépare ses rôles avec un sérieux et une rigueur qui impressionne. Et c’est sans doute cela la clé de son succès, savoir appréhender et jouer avec l’accent polonais, apprendre l’allemand (pour le Choix de Sophie), le violon en pratiquant six heures par semaine pendant six semaines pour La musique de mon coeur, faire des cascades spectaculaires dans La rivière sauvage ou encore chanter dans cinq films (Ironweed, La force du destin, Bons baisers d’Hollywood, The Last Show, Mamma Mia !).

C’est sans doute toutes ces capacités hors-normes, cette perséverance et cette sensibilité qui font aujourd’hui de Meryl Streep l’une des meilleures actrices de tous les temps, reconnue par la profession et par le public, la preuve (s’il en fallait encore une), Mamma Mia est devenu le film le plus populaire en Grande-Bretagne devant Titanic, il y a quelques jours.

Mots-clés : Cinéma (60)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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