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Entrevue avec une ancienne de Polytechnique

Avec la sortie du film Polytechnique, nombreux ceux sont qui s’intéressent à la réaction de l’École, des élèves, des victimes et de leurs proches. Toutefois, personne ne s’est tourné vers les premières étudiantes de Polytechnique qui auraient pu elles aussi être victimes d’un tel acte. C’est donc en exclusivité que Le Polyscope vous présente une entrevue avec une ancienne étudiante de Polytechnique.

Premièrement, pourquoi avez-vous décidé de suivre des études en génie, sachant que le milieu était typiquement masculin ?

Étant la fille d’un ingénieur, mon environnement a contribué à développer mon intérêt pour les sciences.
De plus, à cette époque, le poste de président de l’Ordre des Ingénieurs du Québec était tenu pour la première fois par une femme. Je ne voyais donc aucune raison pour ne pas entreprendre des études dans un domaine qui m’intéressait.

Vous considériez-vous féministe ?

Non. Pour moi, le fait d’entreprendre des études en génie était tout simplement naturel.

Pourriez-vous nous dire comment était la vie d’une étudiante à Polytechnique au début des années 80 ?

J’étais la seule fille dans la majorité de mes cours. Je dirais avoir reçu beaucoup de soutien de la part des autres étudiants. En aucun cas je ne me suis sentie mise de côté. Je dirais même que j’étais choyée par mes collègues de classe. J’étais quelqu’un de très travailleuse et je n’ai eu aucune difficulté à m’intégrer.

Comment avez-vous appris la tuerie de Polytechnique ?

J’étais à la maison en train de regarder la télévision quand la nouvelle qu’une tuerie avait eu lieu à l’École Polytechnique de Montréal fut annoncée. J’ai alors suivi de près les développements pour tenter de comprendre les événements qui ont pu motiver un tel geste.

Quelle a été votre première réaction ?

J’ai évidemment été très bouleversée lorsque j’ai appris l’événement. Je me suis alors demandé comment une seule personne a pu tuer 14 autres sans que personne n’ait pu intervenir. Je ressentais aussi énormément de colère face à la situation.

Vous êtes-vous dit que cet événement aurait pu arriver lorsque vous étiez encore étudiante à Polytechnique ?

Évidemment. Il est certain que l’événement aurait pu se produire alors que j’étais encore étudiante à Polytechnique. J’ai ressenti alors beaucoup de compassion et de tristesse envers les victimes et leurs proches.

Comment avez-vous vécu l’événement par la suite ?

Pendant peut-être encore 2-3 ans, je ressentais de la tristesse lorsque j’entendais parler de cet événement. J’ai réalisé que personne n’est vraiment en sécurité et que ce genre d’événement peut arriver à n’importe qui et à n’importe quel moment.

Pourriez-vous dire que ces événements ont changé le Québec ?

Suite à la tuerie, je me suis posée plusieurs questions en ce qui concerne le contrôle des armes à feu. Je crois le Québec a aussi fait son devoir de ce côté puisque l’événement a contribué à modifier les lois en ce qui à trait à l’enregistrement des armes à feu. Je crois aussi, du moins je l’espère, que ce type d’événements malheureux est de ceux qui contribuent à faire avancer les causes.

Comment avez-vous réagi à l’annonce qu’un film serait réalisé sur la tuerie de Polytechnique ?

J’ai manifesté de l’intérêt dès le moment où j’ai appris qu’un film sur Polytechnique allait être réalisé. J’espère que ce film saura susciter des réflexions auprès de notre société. Je trouve que ce film est une très bonne idée. Loin d’être un film à sensations, je crois qu’il s’agit plutôt d’un film destiné à faire réfléchir et à informer. Réfléchir à ce qui pourrait être fait pour éviter que des événements malheureux du même genre se reproduisent.

Avez-vous l’intention de visionner le film ?

Oui, certainement.

Aujourd’hui, quels souvenirs gardez-vous de votre expérience à Polytechnique ?

J’ai beaucoup aimé mon passage à Polytechnique. Je garde particulièrement de bons souvenirs de PolyParty et du Polyscope. Malgré la rigueur des études, je garde tout de même une expérience positive de mon passage à Polytechnique.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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