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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Un peu de transports…

Cet article n’est pas un coup de gueule et n’a pas vocation à tailler les gens. Toutefois, avec le pourcentage élevé de français à Poly, j’en ai marre d’entendre ces éternelles critiques donc mettons les choses au clair une bonne fois pour toute avec un petit rappel d’histoire et quelques réflexions au hasard… tout du moins sur les transports en commun.

Il était une fois le rail…
L’apparition de la machine à vapeur en 1820 permet une avancée industrielle sans pareil mais aussi l’apparition de la locomotive à vapeur qui va révolutionner les transports. Bien que quelques voies ferrées existaient déjà en France, c’est entre Stokton et Darlington en Angleterre que s’élançait la première locomotive à vapeur permettant le transport de passagers et de marchandises le 27 octobre 1927. Le 21 juillet 1836 est inaugurée entre un hameau nommé La Prairie et La petite ville de Saint Jean, la première voie ferrée du Canada, plus d’un an avant la France où c’est uniquement le 24 aout 1837 que la voie ferrée entre Saint-Lazare et Saint-Germain transporte ses premiers passagers grâce à l’énergie vapeur. C’est alors le début d’une grande course aux transports avec une expansion du chemin de fer aussi bien à travers toute l’Europe qu’à travers le continent nord américain. C’était l’époque des révolutions industrielles, du communautarisme, de la découverte.
Puis les chars nous envahirent…
La voiture à vapeur de son côté nait en Chine au cours de la seconde moitié du 17e siècle. Puis est remise au goût du jour au début du 19e siècle avec l’avancée de la machine à vapeur en vieille Europe. De nombreux modèles d’automobiles voient le jour mais c’est uniquement vers 1856 que le moteur à propulsion est inventé puis après une première course à l’automobile, la première voiture commercialisée est créée en 1891 par Panhard et Levassor et roule avec un moteur Benz.
Un peu plus tard, avec le Taylorisme plus connu sous le nom de Fordisme, le marché automobile prend de plus en plus d’ampleur et bien que la France menait la danse avec le plus de voitures exportées, sa production se fait dépasser entre 1910 et 1914 par les Etats-Unis et elle ne sera jamais plus leader…

L’électricité, l’apparition du métro et la remise en service des tramways…
De son côté, le métro faisait ses premières roues à Londres avant de débarquer à Paris en 1900 à l’occasion de l’exposition universelle. Totalement électrifié, ce mode de transport allait se répandre partout en occident. Il arrive à New York en 1904 et enfin à Montréal en 1966. Le tramway de son côté connait un âge d’or même à Montréal et y a atteint son apogée en 1933, le réseau montréalais étant constitué d’environ 510 km de lignes ! Cependant, alors que le métro se développe, le tramway lui subit une disparition quasi-totale des centres villes sauf en Europe de l’Est…

La faute à qui ?
Avec une production d’automobiles fulgurante, une densité de population faible, une histoire jeune et portée principalement par l’enthousiasme des valeurs du Nouveau Monde (pour oublier les atrocités commises et vécues jusqu’au début du 19ème siècle, le choc boursier de 1927 et la seconde guerre mondiale) le continent Nord américain se construit autour de cet outil de la vie de tous les jours. Des downtown avec de longues routes parallèles et orthogonales se forment et plus rien n’est possible sans la voiture. Les aménagements routiers ont chassé le tramway et empêchent le développement des réseaux de bus. Sans compter que l’utilisation de tel ou tel transport est un symbole déterminant de votre classe sociale à l’époque.
Pendant ce temps-là, en Europe occidentale, pendant que les embouteillages font fureur, la mortalité due à l’automobile est incroyablement forte. De plus l’augmentation de la population due à l’immigration massive nécessite de repenser les centre-villes et les modes de transports dans toutes les villes.

Et maintenant ?
De nos jours, 6 villes en France sont équipées d’un métro avec un passage en moyenne toutes les 3 minutes en heures de pointes, plus de 15 villes possèdent un réseau de transport en commun comportant des lignes de tramway et toutes les principales communautés d’agglomération possèdent leur propre réseau de transports en commun. La part des transports en commun peut monter jusqu’à 70% dans les transports privilégiés par les habitants de zone urbaine. Et l’utilisation de la voiture en Europe est en décroissance depuis 2003. Côté Montréalais, l’utilisation de la voiture constituait 68% des déplacements en 2006 et celle des transports en communs en période de pointe seulement 22%.

Des raisons ?
Un bon français « chauvin » vous dirait : « c’est parce que ils sont nuls ces québécois ! » mais si on s’extrait un peu de ce patriotisme non justifié (quand on voit le président…) on peut fournir quelques raisons évidentes à l’effort de développement quasi nul du réseau transports en communs à Montréal et pourquoi ça a marché en France et en Europe. Et rassurez vous, je n’évoquerai pas l’excuse profondément stupide du climat que tous les québécois vous sortent dès que vous les mettez en difficultés d’argumentation.
Alors que la voiture est fortement utilisée au Canada, son utilisation décroit en France et généralement en Europe. Non pas que les français et européens soient une espèce naturellement penchée vers l’environnement, mais surtout pour des raisons économiques. Avoir une voiture en France coûte cher en carburant et par rapport à l’état qui taxe tout ce qu’il peut. Au Canada, la crise pétrolière n’a pas encore retenti et en comparaison, même si on ressent une hausse des prix, ils restent encore totalement abordables pour un portefeuille modeste français. Le deuxième argument est le facteur culturel. Depuis très longtemps, les transports en commun sont utilisés en France et la morphologie concentrique et condensée des villes incitent à ce mode de transport. Ici, l’automobile est un objet culturel autour duquel les villes ont été construites. La symbolique de l’auto est forte surtout en ce qui concerne la liberté. Sans ce mode de transport, il devient difficile de sortir de la ville voir même de s’éloigner du downtown. Ce côté culturel fait que les politiques de réaménagement urbain ne suivent pas un schéma d’optimisation des transports en commun, n’effectuent aucun contrôle de l’étalement urbain et qu’aucun fond budgétaire n’est débloqué pour cela. En comparaison, en moyenne plus de 50% du budget des conseils départementaux en France sont alloués au développement des différents modes de transports en commun. De plus le fait que la ville se soit naturellement étendue et que la densité de population reste faible (une densité plus de deux fois inférieure à Grenoble une ville perdue au milieu des Alpes d’une superficie de 18,13 km²), malgré les embouteillages la circulation reste supportable.
En bref une volonté politique, des portefeuilles menacés et un tissu urbain compact, et on a tout ce que Montréal et le Québec n’ont pas pour réussir le pas en avant vers les transports en commun !

Des solutions ?
S’il y en a ou que j’aie des hypothèses à émettre je ne les énoncerai pas ici mais je vous incite vivement à vous faire votre propre idée sur la question et surtout de toujours garder en tête et de vous renseigner avant d’avoir plein de préjugés ! Vive la République et vive le Québec… Libre !

Mots-clés : Montréal (29)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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