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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Entrevue avec Gilles Duceppe

Ce fut dur, ce fut long, ce fut compliqué, mais Polyscope l’a fait : une interview exclusive d’un chef dans notre très cher journal ! Seul Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, a accepté notre interview dans un moment aussi crucial que présentement.

Né à Montréal, Gilles Duceppe est le fils du célèbre acteur québécois Jean Duceppe. Négociateur pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), en 1990. Gilles Duceppe devient le premier député élu sous la bannière du Bloc québécois, à Montréal. En 1997, il prend la tête du Bloc Québécois.

Quel est le point de vue du bloc sur l’éducation secondaire ?

Nous, on demande à ce que l’on ramène les transferts en matière d’éducation secondaire au niveau auxquels ils étaient en 1995. Cela suppose des transferts de trois milliards et cinq cent millions au niveau du Canada, pour le Québec cela représente 802 millions pour le Cegep et pour les universités. Alors ça ne règle pas le déséquilibre fiscal mais cela ramènerait le niveau du post secondaire au niveau de 1995.

Si nous avons encore un gouvernement minoritaire, êtes vous prêt à exiger que le parti au pouvoir assure ce transfert pour l’éducation universitaire ?

Pour le budget de 2007, on avait réclamé le règlement du déséquilibre fiscal, ce qui a été fait dans le domaine de la santé, on a réussi à chercher 3.6 milliards mais l’éducation post-secondaire ne l’avait pas été compris dans ces modifications de transferts. Donc la prochaine fois, il faudra travailler pour que cela passe aussi par l’enseignement post-secondaire.

En ce qui concerne l’éducation, la plateforme électorale 2008 du Bloc Québécois est la même que celle de 2006 et de 2004. Comment cela se fait-il ?

Moi, je pense qu’il y a un point important, c’est le crédit d’impôt pour le retour des diplômés dans leur région d’origine une fois diplômés. Il est de 8000 $ au Québec, ce qui n’existe pas à Ottawa. Ça a été voté par la chambre des communes en trois lecture puis ça s’est rendu au Sénat et les conservateurs sont opposés à cela…Moi, je pense que c’est important pour les étudiants. Ca permettrait des crédits de 3000 $ par an jusqu’à un maximum 8000 en trois ans. Alors ça c’est un gain qu’on a fait, mais malheureusement la Chambre a cessé ses travaux. Donc le projet de loi n’existe plus, il faudra le ramener.

En ce qui concerne les problèmes, les problèmes de transferts restent les mêmes, la question d’une faillite des étudiants reste la même. Ce n’est pas réglé, vous savez c’est parce qu’avec un gouvernement minoritaire il a y sélections qui sont plus fréquentes, sinon on serait quatre ans plus tard avec des choses qui n’ont pas été réglées. D’ailleurs les étudiants restent les mêmes aussi…


Les étudiants c’est l’avenir du Québec et du Canada est-ce normal qu’ils aient à souffrir comme cela ?

Je pense que c’est inacceptable, c’est un mauvais investissement, une mauvaise philosophie de la part du gouvernement. Il préfère mettre des jeunes en prison plutôt que de financer le Cegep et les universités.

Dans notre numéro précédent nous avions un article qui était
« Trudeau défie Barbot à Papineau ». Avez-vous un mot à dire sur elle ?

Je pense que Vivian Barbot est une excellente députée, une femme qui est intervenue dans différents domaines au Québec : présidente de la fédération des femmes, présente aussi au niveau syndical dans le domaine de l’éducation qui a fait un très bon travail au niveau des affaires étrangères. Elle est maintenant leader adjoint [du Bloc], femme d’une très grande qualité. Moi, je suis très fier qu’au Bloc, on ait des personnes qui viennent d’autres origines, c’est la première femme d’origine haïtienne élue au Québec et elle est avec le Bloc Québécois comme c’était le cas de Maria Mourani [députée du comté d’Ahuntsic] première femme d’origine libanaise. […] Et moi je suis très fier de ça.

Auriez-vous une réaction sur la campagne négative qu’à lancé le NDP contre vous ?

Moi je pense que le NDP devrait plutôt s’occuper des conservateurs. Mais ils ont passé la dernière session à s’attaquer plus aux libéraux qu’aux conservateurs… Alors, je pense que le NDP plutôt que de lutter pour que le parti conservateur n’obtienne pas de majorité fait passer des intérêts partisans parce qu’ils veulent remplacer ceux qui sont capable de battre les conservateurs. Et ça seul le Bloc peut le faire, toutes analyse politique le prouve à partir des sondages. On va dire c’est pour ça qu’ils peuvent battre le parti conservateur, mais le seul parti à pouvoir entacher une majorité de conservateurs : c’est le Bloc. Donc je pense que c’est une erreur d’utiliser le vote progressiste. Mais tout parti a joué sa stratégie et quant à nous, nos ennemis, ce sont les conservateurs…

Quel est votre avis sur toutes ces publicités négatives qui polluent la campagne, car c’est la première fois que l’on voit cela ?

Je pense que ce n’est pas la meilleur des choses, il faut aller sur le fond des choses et moi je pense que tous les progressistes doivent s’unir. C’est malheureux que le NDP n’ait pas voté en 2007 avec les Libéraux et le Bloc pour mettre fin à la guerre en Afghanistan en février 2009, ils ont plutôt préféré voter avec les conservateurs pour ne pas voter avec les libéraux… Pensant à leurs intérêts bassement partisans plutôt que de penser au fond des choses et de dire de mettre fin à la mission en Afghanistan. La mission se serait terminée dans quatre ans s’ils avaient voté avec les libéraux et nous.

Mais vous avez dit qu’il n’y avait de possibilités de faire d’alliance avec d’autres parties ?

Non, moi j’ai dit qu’il n’y avait pas moyen de faire de coalition, mais par ailleurs des alliances ponctuelles dès lors qu’il en va des intérêts du Québec quelque soit l’étiquette de ceux qui nous font une proposition que ce soient les conservateurs, les libéraux ou alors le NDP, nous (et on l’a prouvé dans le passé) on fait passer les intérêts du Québec avant toute chose.


Pour vous le Polyscope et l’Ecole Polytechnique de Montréal ça vous évoque quoi ?

Ça me rappelle quand j’allais à l’Université de Montréal, j’étais vice-président de l’Union générale des étudiants du Québec et à l’époque Polytechnique était membre de cette union. Et je me rappelle que la représente était Hélène Maynaud[…] et qu’elle participait activement aux travaux… Le journal était très actif à l’époque, mais c’était en 1967, 1968, là… Mais c’est derrière pour moi.

Merci monsieur Gilles Duceppe.
Et n’oubliez pas d’aller voter.

Pour plus d’infos www.presentpourlequebec.org

Je tiens à remercier Fred de Poly-T et Monsieur Christophe Guy pour leur aide dans la préparation à cette interview et madame Amélie Lefort pour tous ses très bon conseils.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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