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Un « D » pour Harper…

En période de finaux, Harper, lui, a déjà reçu sa note de la part de l’organisme Démocratie en surveillance : “D“, avec comme commentaire une transparence trop floue et des réformes démocratiques qui mettent du temps à arriver.

Dans un bulletin de note assez détaillé, l’association dénonce le fait qu’Harper ne mette pas encore assez de barrières aux pratiques suspectes qui demeurent toujours légales, comme par exemple le secret qui entoure encore les collectes de fonds et le lobbying. Le premier ministre était évalué sur 5 points :

  • Honnêteté et éthique du gouvernement : E
  • Réalisation des promesses électorales : E
  • Efficacité des mesures mises en place : B
  • Travaux avec les députés de l’opposition et la population : E+
  • Mesures économiques : E+

Selon son directeur M. Conacher, il est beaucoup plus probable qu’un Canadien soit puni pour stationnement illégal qu’un politicien pour avoir accepté de l’argent d’un lobbyiste.

Démocratie en surveillance est peu connue et reconnue au Canada, malgré son travail de dénonciation d’entrave à la démocratie, mais elle fait un peu parler d’elle.Ralph Nader, l’indépendantiste américain a par exemple déclaré : « Démocratie en surveillance est le meilleur espoir en matière de réforme démocratique parce qu’il relève le défi de questionner et d’améliorer les institutions politiques et sociales au Canada, afin de créer des outils démocratiques accessibles aux Canadiens. Démocratie en surveillance s’engage à travailler avec la population concernée dans le processus électoral au Canada. »

Cette association avait aussi noté les différents partis lors de la dernière élection : c’est le NPD qui s’en sortait le mieux avec un C+, le Parti Vert arrivait second avec C, suivaient ensuite le Bloc avec D, les conservateurs avec E- et en bonne dernière position les Libéraux avec F, qui ne proposaient aucun engagement dans des réformes améliorant la démocratie ou la responsabilité gouvernementale.

De la démocratie à la liberté d’expression, il n’y a qu’un pas facile à franchir. Cette note est plutôt inquiétante à quelques jours du rapport annuel de Reporters Sans Frontières, qui dans son rapport de l’année dernière avait décrié le gouvernement Harper : « À l’instar de leurs confrères américains, quoique dans une moindre mesure, les journalistes canadiens ont aussi à craindre pour l’avenir du secret professionnel. Une nouvelle disposition du code pénal, introduite le 15 septembre 2004, les oblige à livrer leurs documents, leurs notes et enregistrements sonores et vidéo, jugés utiles à la police dans le cadre d’une enquête criminelle, un refus entraînant une amende pouvant s’élever à 250 000 dollars et/ou une peine maximale de six mois d’emprisonnement. Cette clause est entrée pour la première fois en application, en 2006, lorsque Bill Dunphy, du quotidien Hamilton Spectator, a été sommé par la justice, au mois de février, de fournir les notes d’un entretien qu’il avait eu avec un dealer présumé, dont le frère avait été accusé de meurtre. L’affaire a été portée en appel. Son collègue, Ken Peters, avait été condamné, en 2004, à 30 000 dollars d’amende pour avoir tu le nom d’une source. Deux ans plus tard, il attendait toujours le jugement en appel. »

Le Canada reste cependant l’un des pays les plus démocratiques à travers l’Amérique et le monde. Reste que les derniers évènements à Ottawa et des décisions contestées (et contestables) de Stephen Harper en cette fin d’année, influenceront sans doute les résultats de ces association pour cette année 2008 en matière de démocratie.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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