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On remet ça en janvier ?

Ce matin, le premier ministre Stephen Harper est allé voir la Gouverneure Générale Michaëlle Jean. Il a fait ce qu’il avait à faire, c’est-à-dire lui demander de proroger la session parlementaire. La Gouverneure a fait la seule chose qu’elle pouvait faire, soit accepter sa demande. Elle n’aura servi à rien dans cette crise. Encore une fois, elle aura cédé à la demande du premier ministre en estimant qu’il n’y avait pas de crise politique majeure.

Qu’est-ce que cela signifie ? Proroger c’est prolonger un délai fixé précédemment. Ainsi, le vote de confiance prévu lundi (et qui aurait pu faire chuter Harper) n’aura pas lieu et sera reporté au 26 janvier. Et tous les travaux (lois, comités) de la chambre des communes sont annulés.

Les partis d’opposition ont vivement réagi. Hier, ils avaient tous imploré, ordonné, pleurniché auprès de la Gouverneure qu’elle ne proroge pas les travaux de l’assemblée. Ils avaient même envoyé une pétition ce matin, mais rien n’y a fait, le parlement repart pour 2 mois de chômage technique.

La tactique de Harper est simple : attendre, pour faire craquer la très fragile coalition du PLC/NPD avec le soutien fragile du Bloc. Le calcul est simple :

  • Harper a 144 députés qui le soutiennent à la chambre ;
  • Il y a au total 308 députés dans la chambre des communes ;
  • Il lui faut 50% du vote de confiance à la fin du mois janvier.

Harper a « juste » à trouver 21 députés de l’opposition (notamment ceux de l’Ouest) pour s’abstenir. Ou mieux, d’en convaincre quelques uns par l’odeur alléchante d’un poste de sénateur ou encore d’un siège à une commission. Il ne suffirait alors plus que d’en trouver quelques autres pour s’abstenir au moment du vote.

En clair, si la coalition n’explose pas dans les prochains jours à cause des libéraux de l’Ontario ou de quelques députés du bloc un peu trop souverainistes, ce sera Harper qui aura récupéré quelques députés. Ou au pire en janvier – 4 mois après la dernière élection – Harper décidera de repartir en élection avec la bénédiction de la Gouverneure pour enfin décrocher une majorité.

La coalition a donc loupé le coach, mais rien n’est fini car Harper dans son excès d’arrogance n’a ni présenté d’excuses dans son discours télévisé de ces propositions insultantes dans l’énoncé économique qu’il a retiré par la suite (financement des partis, droit de grêve des fonctionnaires…), ni n’a ouvert la porte aux partis de l’opposition pour trouver des solutions. Si chacun reste de son côté et s’occupe de ces préoccupations partisanes jusqu’à la fin janvier, on peut craindre le pire pour le Canada, son économie et surtout son peuple.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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