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À qui perd, gagne…

Aujourd’hui, Stephen Harper s’est adressé à la nation canadienne. Dans un discours plat, il n’a rien dit de nouveau à part qu’il ferait tout ce qu’il a en son pouvoir pour bloquer la coalition « non-démocratiques » des libéraux avec le NPD et le soutien des terribles « séparatistes » du Bloc Québécois (dans la discours en anglais étrangement il qualifiait de « souvrainistea » dans la version française). Mais il n’a rien annoncé sur le futur du Canada et sur ses décisions futures.

Dans la foulée, Stéphane Dion, le chef de l’opposition, répliquait dans un discours qui ressemblait plus à un énoncé de sa futur politique qu’il devrait mener si il devient premier ministre qu’à une réelle réplique à Harper. Le Bloc ne serait pas en reste avec Gilles Duceppe qui a reproché à Stephen Harper sa politique économique et ses attaques sur le Québec. Il expliquait sa décision de soutenir une coalition « soutenue par la majorité [des députés donc] de la population » et par le fait que de nombreuses décisions du Bloc seraient appliquées dans cette coalition. Enfin un peu plus tard Jack Layton, le chef du NPD, insistait sur le fait que cette coalition était tout à fait démocratique.

Que va-t-il se passer maintenant ?

M. Harper propose à la Gouverneure Michaëlle Jean une suspension des travaux et de la session de la chambre des députés ce qui reporterait dans 6 ou 7 semaines en éternisant ainsi la crise politique :

  • Elle accepte et le vote de défiance est reporté fin janvier ;
  • Elle refuse ou elle ne se prononce pas et le vote de l’énoncé économique a bien lieu lundi.

Dans ce cas-ci :

  1. M. Harper perd le vote de confiance sur son énoncé économique lundi. Il demande à la Gouverneure Michaëlle Jean de dissoudre l’assemblée :
  • Cette dernière accepte et le Canada repartira pour une énième élection ;
  • Cette dernière refuse et propose aux Libéraux et NDP de prendre la tête d’une coalition.
  1. M. Harper perd le vote de confiance sur son énoncé économique lundi. Il demande à la Gouverneure Michaëlle Jean de dissoudre l’assemblée, elle refuse et propose aux Libéraux et NDP de prendre la tête d’une coalition. Stephen Harper, premier ministre en titre demande à la reine de destituer la gouverneure, cette dernière en nomme une nouvelle.

Le Canada a été fondé sur un système politique pour deux partis comme aux États-Unis. Mais l’apparition et la multiplication de partis comme le NPD et le Bloc ces dernières années a amené à avoir de plus en plus de gouvernements minoritaires mais jamais au point que ceux-ci soient renversés par une opposition majoritaire. Cette situation est une première et PERSONNE ne peut pronostiquer ce qu’il se passera dans les jours à venir. La Gouverneure Michaëlle Jean quant à elle est en train de consulter toutes les règles constitutionnelles et devra faire un choix crucial pour le futur du Canada.

Monsieur Harper va sans doute demander la suspension des travaux dès ce jeudi 4 décembre au petit matin pour gagner du temps et espérer que la coalition des libéraux et du NPD avec le soutien du BQ s’écroule d’elle-même. Déjà certains députés de l’opposition (PLC, NPD et BQ) auraient été contactés par les conservateurs de Harper pour qu’ils les soutiennent en échange de postes de ministres, sénateurs et autres postes honorifiques. Il y a quelques semaines encore Dion semblait être le grand perdant de ces dernières élections fédérales, lui et tous les progressistes canadiens. Il pourrait provoquer un rebondissement spectaculaire en devenant le nouveau premier ministre canadien. Lui et le NPD !

Le futur nous le dira très bientôt.

Et après ça on ne dira plus que la politique canadienne est la plus plate au monde.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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