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La Peste d’Albert Camus

Nous savons tous qu’au Moyen Âge une terrible épidémie, la peste noire, a ravagé les pays européens. C’est ce mystérieux mal, que les hommes croyaient à jamais disparu, qui ressurgit vers 1940 dans la ville d’Oran. D’abord par les rats morts s’accumulant chaque jour sur les paliers, puis par des fièvres subites emportant inexplicablement voisins et amis, la peste pétrifie d’effroi la ville. Les médecins, comme le personnage principal, le docteur Rieux, se voient vite débordés par le nombre de victimes et doivent demander la fermeture de la ville.

La pièce d’Albert Camus déploie les différentes attitudes des hommes qui vivent dans l’angoisse. Les 5 acteurs communiquent pleinement la douleur, le désarroi ou la simple joie d’oublier un peu la réalité macabre du dehors. La mise en scène de Mario Borges met l’accent sur l’humanité du texte de Camus mais aussi sur l’extrême modernité des individualités que nous voyons évoluer. Comme pour un tsunami, un cyclone, une tempête de verglas ou une canicule, les hommes et les femmes se sentent impuissant vis-à-vis de phénomènes qui les dépassent. Des projections nous rappellent d’une part les événements contemporains où l’Homme prend conscience de sa petitesse mais aussi de sa force intérieure, et d’autre part le refuge que propose la religion, éternelle explication de l’inexplicable. Cette pièce nous donne vraiment matière à réflexion, sur nous mêmes mais aussi sur l’humanité à laquelle nous appartenons. Je tiens spécialement à remercier et à féliciter les acteurs qui ont réussi à nous transmettre un message par leur jeu précis, sincère et émouvant. La mise en scène de Mario Borges a une grande part dans la réussite de la production et donne une version sensible et originale de l’oeuvre.

La peste d’Albert Camus, présentée du 22 octobre au 8 novembre 2008 à la Caserne Letourneux (Théâtre Sans Fil). Lieu : 411 Avenue Letourneux.

Mots-clés : Théâtre (92)

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