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De toute façon, on est les meilleurs depuis 1967.

Sympathy for the Devil

Aussi rarement une exposition d’art contemporain n’a été plus proche de son public. Le Musée d’Art Contemporain de Montréal ouvre ses portes pour l’exposition Sympathy for the Devil :
art et rock and roll depuis 1967
. Présentée du 10 octobre 2008 au 11 janvier 2009, je vous convie à mes côtés pour une petite visite critique de l’évènement, au cœur de la musique et des médiums artistiques.

Ambiance déjantée, imaginez-vous dans un concert des Rolling Stones ou des Beatles, puis transposez cette force au beau milieu d’une galerie d’art. Une véritable atmosphère de fête est au rendez-vous tout au long du parcours. Sympathy for the Devil se veut une rétrospective des liens qui se sont tissés entre l’art moderne et la musique rock des quarante dernières années. Au programme, un tour du monde électrique, musical et rock and roll !

New York d’abord. Plaque tournante de la convergence de l’art et de la musique rock. La trace d’Andy Warhol se posera sur votre chemin, encourageant personnellement de nombreux artistes et musiciens sortant des sentiers artistiques traditionnels. Puis le Royaume-Uni, berceau de la musique rock et des groupes mythiques tels que les Beatles ou les Rolling Stones. Quoi de plus normale que cette musique universelle est influencée l’art ! La suite de l’exposition présentera des œuvres venant d’artistes d’Europe continentale, de la Côte ouest nord-américaine, du Midwest américain et finalement du reste du monde.

Un grand nombre d’œuvre émerveillent, d’autres choquent, mais aucune ne laissent indifférent. Parmi les plus marquantes, mentionnons celle de Christina Marclay (Sans titre 1987-2007), qui consiste en une série de vinyles recouvrant le plancher de la salle d’exposition du musée. Osera-t-on piétiner ces 33 tours ? L’œuvre de Jim Lambie (Pinball Wizard et The Byrds, 2007) est à couper le souffle. Entrer dans la salle où la couleur semble exploser relève de l’irréel. L’oiseau nous regarde passer, attentif à nos moindres mouvements, dans cet univers multicolore pendant que la peinture paraît être aspirée par un œil posé au sol. Une autre surprise, le studio d’enregistrement de l’artiste thaïlandais Rirkrit Tiravanija. Une pièce vitrée prend place sur le parcours de l’exposition. À l’intérieur, deux guitares, une batterie, un microphone. Tous les spectateurs sont invités à bâtir cette œuvre en réservant gratuitement une plage horaire pour jouer de la musique, chanter, bref s’en donner à cœur joie pendant 1h. Les bandes sonores sont gardées, mais l’effet est invraisemblable ! La pièce étant totalement insonorisée, les spectateurs observent les chanteurs se déchaîner tandis qu’aucun son ne parvient à sortir de la boîte. Une nouvelle relation entre artiste-œuvre-spectateur.

Peintures, vidéos, sculptures, dessins, pochettes de cd, montage photographiques, musique rock… A voir absolument, cette exposition est capable de tous nous toucher, car personne n’est indifférent au rock and roll. Il a su donner une identité à une génération entière et continue d’inspirer chacun d’entre nous. Dernier instant capté de cette aventure, l’œuvre de Jeremy Deller. Un poster donné à chaque personne franchissant les portes du musée, noir, avec la seule phrase énigmatique et aux multiples sens : What would Neil Young do ?

Sympathy for the Devil : art et rock and roll depuis 1967. Du 10 octobre au 11 janvier 2009 au Musée d’Art Contemporain de Montréal, 4 $ pour les étudiants, du mardi au dimanche de 11h à 18h, mercredi jusqu’à 21h et le premier vendredi du mois jusqu’à 21h lors des Nocturnes du Musée.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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