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Les Grands Ballets Canadiens : La Dame de Pique

Si seulement toute la grâce des ballets pouvait accompagner la vie de tous les jours! Mais avant tout il vous faut savoir l’histoire de La Dame de Pique, ballet merveilleusement adapté du roman de Pouchkine.

Le spectacle débute dans un café, où des officiers accompagnés de leurs belles jouent aux cartes. La tension règne dans cette assemblée, qui ne remarque pas qu’elle est observée de loin par un jeune homme. Hermann, officier de l’armée russe, ne peut se résoudre à jouer comme le font ses camarades, l’envie le gagnera-t-il?

Soudain, la partie est interrompue par l’arrivée d’une comtesse. Nous plongeons alors dans ses souvenirs de jeunesse à l’aide d’une conception virtuelle impressionnante. La jeune femme, qui vit alors un premier amour, se voit révéler une combinaison de cartes qui permet infailliblement de gagner au jeu du Pharaon. Hermann, obnubilé par cette possibilité de gagner sans risque, fera tout pour arracher le secret à la comtesse, jusqu’à séduire sa dame de compagnie. Des promenades en forêt jusqu’au retour dans le temps où la comtesse, alors une séduisante jeune fille, assistait à des spectacles de ballet, nous somme éblouis par la conception moderne de la mise en scène, mêlant ainsi grâce traditionnelle à virtualité technique. Comme si le ballet permettait de transposer la vie quotidienne, de l’esthétiser, de lui donner un cachet de noblesse.

À l’aide de la jeune femme de compagnie, Hermann réussit à s’introduire chez la comtesse. Ce duo est probablement un des plus beaux instants du ballet. La scène de violence est poignante et portée par l’incroyable performance de la ballerine-comtesse.
Celle-ci doit danser comme une femme âgée de 80 ans alors qu’elle n’en a probablement que 20, mais son interprétation est absolument réussie. Nous ressentons par les mouvements saccadés, qui aimeraient pouvoir retrouver la souplesse de la jeunesse, tout le poids des années, toute la résignation devant une vieillesse inéluctable. Effrayée, la comtesse meurt sous le regard froid et désespéré d’Hermann, qui vient de perdre à jamais la chance de pouvoir gagner aux cartes.

Cependant, lorsqu’il assiste aux obsèques, Hermann voit apparaître des dizaines de comtesses mais il est le seul à en faire l’hallucination. Poursuivit, il tombe sur le lit mortuaire de la défunte comtesse et dans un réveil qui crée dans toute l’assemblée le plus grand effroi, celle-ci attrape Hermann. Elle revient d’entre les limbes pour lui révéler la combinaison gagnante, non sans l’avoir terrorisé auparavant. Après avoir refusé l’amour de la dame de compagnie qui danse alors sur le thème douloureux de l’abandon après la trahison des sentiments, Hermann se précipite à la maison de jeu. Lorsqu’il gagne le premier tour, les officiers et les courtisanes se lancent dans une danse à la fois due à la colère de la perte et leur respect naissant pour cet homme. Lorsqu’il gagne la deuxième manche, Hermann décide de miser toute sa fortune. Il est porté par ses compagnons, il est acclamé, tous dansent sur les tables ou avec les jeunes femmes.
Lorsqu’Hermann choisit la dernière carte supposée le faire gagner, le meneur du jeu révèle qu’il a tiré la dame de pique.
Hermann a donc perdu. L’assemblée s’éloigne du disgracié qui reste seul, tombé par terre sous le poids de la honte, de l’incompréhension et du déshonneur.
La comtesse fait son apparition devant cet homme qui a voulu tout avoir sans ne rien faire. Nous sentons sur ses lèvres le sourire ironique de la vengeance alors qu’elle s’éloigne à tout jamais, laissant au monde le soin de régler ses problèmes d’avarice, de mensonge et de trahison.

Les Grands Ballets Canadiens présentent ici un spectacle d’une qualité extraordinaire tant dans la maîtrise de la danse que dans l’originalité et l’harmonie de la mise en scène, méritant ainsi véritablement le levé de l’assistance et ses applaudissements.

La Dame de Pique, présentée à la salle Wilfird Pelletier de la Place des Arts le 25, 30, 31 octobre et 1er novembre prochain à 20h00.




*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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