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ÉLECTIONS 2008: et l’éducation post-secondaire?

Le 14 octobre 2008, vous serez amené à voter pour le parti de votre choix. Entre les faiseurs d’images, les propagandes électoralistes et les pancartes qui
« ornent » nos rues, le Polyscope tente ici de démêler les programmes et les rhétoriques partisanes et de mettre en avant les enjeux primordiaux pour les universités.
Quels enjeux?

L’École Polytechnique et l’Association des Étudiants de Polytechnique se sont refusées à se prononcer pour un parti ou pour un programme particulier. M. Guy, directeur de l’École, précise toutefois que « [l’École] a des attentes envers tous les partis dont notamment celui qui va être au pouvoir ».

Comme attente principale, l’administration de l’École à travers des organismes comme le CREPUQ fait du lobby auprès des différents partis pour une hausse des transferts fédéraux. On l’a répété assez souvent les universités ont les poches vides et crient famines depuis des années.
Ainsi la première et principale revendication de l’administration concerne un réajustement de ses transferts. Sur cette question, l’École et l’Association des Étudiants de Polytechnique affiche une (rare) immunité. Pour Patrick Couture, Vice Président à l’externe « en 1994 le gouvernement fédéral a coupé dans ces transferts mais récemment le Premier Ministre Charest a réclamé du gouvernement fédéral qu’il redonne ces montants, c’est donc un enjeu qui est d’actualité ».

Dans les faits ce fameux transfert fédéral, le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux représente une enveloppe d’à peu près 3 milliards de dollars qui sont versé au gouvernement du Québec, qui est libre de l’investir comme il entend dans la santé, dans l’éducation ou dans les programmes d’aide sociale. Le gouvernement du Québec excuse souvent le sous financement de l’éducation post secondaire par les coupures dans ces transferts en 1994.

En considérant le déséquilibre fiscal comme réglé, le gouvernement fédéral conservateur s’est toujours refusé à hausser ses transferts. Cependant les budgets d’organismes qui subventionnent les établissements de recherche ont été bonifiés d’environ 80 millions de dollars, et l’organisme Génome Canada qui subventionne la recherche multidisciplinaire a reçu 140 millions de dollars. Ces hausses budgétaires ne règlent que de façon très superficielle le problème et surtout ne s’applique pas à une échelle plus globale et à long terme.

Il est à noter que ces transferts n’atterrissaient pas uniquement dans les poches de l’École. Ces transferts comprennent également des programmes de bourses, de retour d’impôts et d’autres avantages financiers permettant d’alléger le fardeau fiscal des étudiants.

Comme autre revendication, M. Guy veut aussi que les partis reconnaissent le rôle des universités dans les sociétés canadiennes et québécoises. « Nous nous attendons à ce que les partis politiques et surtout celui qui formera le prochain gouvernement reconnaissent le rôle que font les universités, à savoir que nous formons du personnel hautement qualifié dont les économies canadienne et québécoise ont besoin pour se développer et aussi pour maintenir la qualité de vie qu’on a ici. » L’École veut surtout que cette reconnaissance ne soit pas juste « des mots, mais qu’elle se transforme en action ».

La deuxième revendication principale est par rapport aux coûts indirects de la recherche, comme l’électricité ou le chauffage. Ces frais occupent généralement 60 à 65% du coût total, mais les universités voufraient que le fédéral assume 40% de ces coûts. Cette une situation qui serait désavantageuse pour Poly d’après M. Guy, puisque «Poly est une institution très active en recherche. tandis que celle qui font moins de recherche ont moins de difficultés financières».

« … je pense que la guerre en Afghanistan devrait être l’enjeu dominant de cette campagne. Au départ c’était censé être une mission de reconstruction et non de ptrouille, parce que la reconstruction ça va nous rapporter la patrouille à Kandahar, non! La culture aussi est un enjeu important, je suis assez contre les coupures que je trouve arbitraire et idéologique.

Je ne veux surtout que Harper reprenne le pouvoir et surtout pas qu’il soit majoritaire donc je suis prêt à voter libéral pour ça même si j’aime plus ou moins Stéphane Dion. »

Mathieu Bonin

«…l’environnement est d’après moi l’enjeu qui devrait être le plus important. C’est à dire la bourse du carbone, comment est ce que le fédéral va développer une éventuelle taxe verte et comment ils vont l’arrimer au provincial… mais je voudrais aussi entendre les différents partis sur le transport, par rapport à l’énergie, et aussi sur le plan constitutionnel. C’est à dire comment est ce qu’il voit la redistribution des pouvoirs…

Mes convictions se retrouvent dans presque tout les partis donc je ne pense pas qu’il y en ait un qui défendent plus mes convictions. »

– Liouselle Siou

« …l’environnement est pour moi l’enjeu qui devrait le plus ressortir. En fait je trouve que l’environnement doit être à la base de toute la politique présentement pour s’assurer qu’il n’y a pas d’autres problèmes en santé et en éducation qui surviennent par la suite.

Sur cet enjeu, je donnerai la pire note à Harper et la meilleure… j’imagine qu’elle serait pour le parti vert… mais je ne pense pas qu’il y ait un parti qui ait tout ce qu’il faut pour nous représenter.»

– Marie-Amélie Taschereau

«…moi aussi l’environnement est très important mais il y a aussi l’aide internationale. C’était une promesse électorale des dernières élections et je pense que c’est un enjeu important.

Un bon système d’éducation est aussi primordial mais puisque c’est une compétence provinciale, cet enjeu serait plus important si c’était des élections provinciales. »

– Laura-Jeanne Taschereau

Parti Libéral du Canada

Le Bloc Québécois réclame que les transferts pour l’éducation postsecondaire et les programmes sociaux soient haussés immédiatement de 3,5 milliards de dollars à l’échelle canadienne, soit 820 millions de dollars pour le Québec, et que dans un deuxième temps, ils soient remplacés par un espace fiscal équivalent afin de les rendre permanents, prévisibles et inconditionnels.

Pour le Bloc Québécois, l’éducation est la pierre d’assise du développement des sociétés. Le Québec a effectué des efforts importants pour accroître l’accessibilité aux études et ces efforts ont beaucoup rapporté, aussi bien au plan économique que pour la qualité de vie des Québécoises et des Québécois. Les universités forment nos futurs leaders et, en ce sens, elles doivent obtenir du financement adéquat pour soutenir notre économie du savoir et l’avenir de notre société. Le Bloc Québécois défend les intérêts de la société québécoise et demande que le fédéral transfère un espace fiscal au Québec pour que nous puissions décider de nous-mêmes de nos propres priorités.

Bloc Québécois

Et l’éducation post-secondaire?

« Un gouvernement libéral augmentera de plus de 500 millions de dollars par an sa contribution aux coûts indirects de la recherche universitaire.»

« … chaque étudiant à temps plein au premier ou au deuxième cycle universitaire ou au collège récupérera 1 000 dollars pas an. En outre, notre plan offre un crédit d’impôt de 250 dollars de plus pour les étudiants qui travaillent …»

« Un gouvernement libéral rendra accessibles à tous les étudiants des prêts garantis d’une valeur de 5 000 dollars, indépendamment du revenu parental. »

«Un gouvernement libéral créera un fonds de dotation de 20 ans d’une valeur de 25 milliards de dollars […] qui permettra au gouvernement d’attribuer 200 000 bourses en fonction des besoins financiers, pouvant aller jusqu’à 3 500 dollars par an, et 100 000 bourses d’accès de 4 000 dollars par an.»

NPD

Fournir une subvention de 1000 $ à tous les étudiants de premier cycle ou l’équivalent qui sont admissibles aux prêts étudiants, versée au début de l’année scolaire.

Appuyer les étudiants et l’éducation postsecondaires au Québec et dans les territoires du nord à l’aide d’un financement équivalent à celui des programmes de développement postsecondaire et d’accès pour les étudiants prévus par leur gouvernement.

Faire en sorte que les frais de scolarité demeurent raisonnables et améliorer les possibilités d’éducation postsecondaire en négociant, avec les provinces et les territoires, un financement amélioré et ciblé pour appuyer et enrichir les institutions postsecondaires financées et administrées publiquement. cela comprendra de nouvelles initiatives pour accroître l’appui financier destiné aux professionnels demandés, tels que les médecins et les infirmiers, et pour lier ce financement à l’engagement de ces derniers de travailler dans les régions où il y a une pénurie.

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