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Entrevue avec Bernard Bigras

Quel futur pour l’environement québécois ?

Benard Bigras est député du Bloc du comté de Rosemont la-petite-patrie, mais il est aussi porte-parole de son parti sur les questions environnementales. Il faisait parti en 1997 de la délégation canadienne qui est allé à Kyoto. Et depuis il suit et se positionne très régulièrement sur ces questions à Ottawa.

Pensez-vous que le nucléaire est une solution alternative?

Non, je ne pense pas que le nucléaire, soit une voie énergétique qui soit sécuritaire et qui permette de faire face aux changements climatiques.
On a un potentiel d’énergie renouvelable disponible particulièrement au Québec que nous pourrions au fond mettre en valeur par des incitatifs fi scaux, par des mesures et par des politiques.
Je pense que dans une période d’instabilité politique et ce qu’on doit trouver ce sont des solutions durables aux problèmes environnementaux. Je ne pense pas que nous devrions investir des ressources matérielles, financières et humaine pour développer ce secteur.


Pensez-vous alors que les énergies renouvelables pourraient palier à notre besoin en énergie ?

Je pense que tout d’abord il faut réussir à réduire notre dépendance face au pétrole.
L’efficacité énergétique dans toute politique doit être mise en priorité, parce qu’il ne faut pas oublier une chose le Québec est tombé en déficit commercial entre autre dû à sa dépendance au pétrole. Donc il faut à mon avis réduire de moitié notre dépendance au pétrole au court des dix prochaines années, c’est-à-dire réduire la part du pétrole dans le bilan énergétique du Québec. D’abord en nous assurant une meilleur efficacité énergétique en modifiant les normes de construction des bâtiments, en mettant en place des normes de fabrication de véhicules automobiles comparables à celles mises en place en Californie. Elle doit être couplée au développement des énergies renouvelables (géothermiques, solaires, éoliennes) particulièrement dans le nord du Québec. Ce n’est qu’avec cela que l’on peut faire des gains économiques et environnementaux importants.

Que pensez-vous de la taxe carbone proposée par les libéraux ?

On ne rejette pas d’emblé le principe d’une taxe. Mais la façon et l’application dont la présentée M.Dion ressemble plus à une politique sociale qu’à une politique environnementale. C’est-à-dire que si cette taxe avait eu pour but de créer un fond de lutte contre le changement climatique et pour développer les énergies à développement durable, ça c’aurait été intéressant et puis on aurait pu aller plus loin, si par exemple cette taxe aurait été portée sur les super profits des pétrolières. Au lieu de vouloir se servir de cet argent pour autre chose…

Et quand par exemple Elizabeth May propose une alliance de partis plus libérales face aux conservateurs ?

Ce front commun on l’a, ce n’est pas une idée nouvelle de madame May, regardez le travail en deux ans des partis de l’opposition. Je vous donne un exemple le projet de loi C-288 [projet de loi assurant le respect des engagements du Protocole de Kyoto] du député libéral Pablo Rodriguez qui a reçu le soutien du bloc québécois et NPD. Ce que ça veut dire c’est que les membres de l’opposition sont capables de faire front commun quand la cause environnementale est compromise. Donc on répond OUI peut-être à une alliance très formelle mais à une alliance stratégique et un front commun fort quand les intérêts environnementaux seront menacés…
On accuse souvent le Bloc de faire passer la souveraineté avant toute chose, j’ai l’impression que vous, vous faites passez l’environnement avant toute chose…
On essaye d’être au diapason de ce à quoiles québécois aspirent. Lorsqu’on croit au protocole de Kyoto, c’est parce que le Québec y croit, c’est l’expression du Québec sur la scène internationale. Lorsque j’étais à Nairobi ou à Bali, j’ai défendu la vision québécoise. Imaginez que les québécois donnent une majorité à un parti comme les conservateurs, ça voudrait dire qu’ils sont pour une politique d’affaiblissement du protocole de Kyoto, ça voudrait dire que les québécois vont à l’encontre de leurs valeurs.

Quand vous voyez la nomination de Sarah Palin et son discours sur l’écologie quel est votre réaction ?

On n’a pas l’habitude de commenter un fait d’une campagne politique en cours. Je dis noningérence mais pas non-indifférence à la politique présentée par monsieur Mc Cain. Les Etats-Unis doivent revenir à la table des négociations internationales plutôt que d’être autour des piscines lors des conférences des partis et changements climatiques. Ils doivent revenir et proposer des projets pour réduire leurs gaz à effet de serre.
Mais dans plusieurs états d’Amérique du Nord, il y a une vraie volonté de mettre en place des mesures environnementales [comme en Californie].
Donc la volonté américaine n’est pas nulle, elle doit simplement s’exprimer pour que ces leaders soient entendus lors des conférences internationales.

Mots-clés : Entrevue (33)



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