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Votez, hein?

« Harper va-t-il enclencher le processus électoral ? »
Étudiant en échange débarquant de France en ce début de septembre, je découvre ce gros titre dans les journaux sans trop bien comprendre ce qu’il se passe. Je viens d’arriver et mes connaissances en politique nord-américaine se résume à Hillary, Obama et McCain dont on entend parler toutes les semaines dans les journaux télévisés outre-Atlantique.
Je découvre petit à petit le fabuleux monde de la politique canadienne et québécoise. Ces insultes à l’encontre de son opposant qui fusent, ces publicités négatives qui fl eurissent, chacun essaye de défendre son bout de pain. Je vois Stéphane Dion qui reçoit une fi ente d’oiseau sur le site Internet des conservateurs, Elizabeth May refusée puis acceptée dans les différents débats, le Bloc qui liste toutes les promesses non tenue aux Québécois par Stephen Harper, le NDP qui essaye de proposer de nouvelles idées, etc…

Et là je commence à voir dans mes cours, les profs, les élèves qui débâtent sur le futur vainqueur, les idées, les bilans, partout : dans la rue, dans les couloirs de l’école, même dans les cours. Souvent, après dix minutes de débat enfl ammé, le professeur s’arrête et voit que la moitié des étudiants ne comprennent rien à ce qu’il se dit et lâche avec un grand sourire ironique : « saleté d’étudiants en échange ».
Par la suite, le professeur reprend son cours et évite d’infl iger à ces chers français des grands moments de solitude et d’incompréhension.
Pour palier à cette peur de ne rien comprendre, je suis allé directement dans les locaux de campagne des différents partis en lice qui se créent petit à petit dans mon quartier. J’y ai découvert des personnes extrêmement sympathiques qui ont pris le temps de m’expliquer leurs convictions et n’ont pas manqué de me rappeler leurs différences par rapport aux autres partis concurrents.

J’ai constaté, honteusement, que ces passionnés connaissaient très bien les enjeux de la campagne américaine. Mais aussi qu’ils connaissaient aussi de façon très surprenante la politique françaises, ces différents partis, leaders, opinions et étaient capable de me faire une analyse sur la crise du parti socialiste, ou la dernière sortie de piste sur la laïcité de Nicolas Sarkozy.

C’est à ce moment là que j’ai pris conscience que nous français notre vision du Québec et du Canada que nous connaissions se limitait au festival « juste pour rire », Stéphane Rousseau, les têtes à claques, le sirop d’érable, Céline Dion et Garou. Alors les québécois connaissaient énormément de choses sur la France, jusqu’aux petits détails de sa politique. Je me suis donc jurer de palier mon immense méconnaissance du Québec et du Canada en commençant par comprendre qui étaient les personnes et les idées qui les gouvernent.

En faisant le tour des locaux de campagnes, j’ai découvert les différents partis un à un. J’ai vu leur vrai visage, celui que l’on ne voit pas à la télévision. Ce visage, c’est celui de l’attaché de presse dans l’ombre du candidat qui règlent les dernier détails pour son entrevue soit simplement parfaite, c’est celui de l’attaché de campagne qui va superviser toute une équipe de bénévoles qui travaillent jusque tard le soir pour espérer voir gagner leur candidat, le soir du 14 octobre. Ils s’appellent Lise, Alexandre, Daniel, Caroline ou Patrick. Tous ces gens sont fort sympathiques, ils travaillent dur mais ils vous accueillent avec un grand sourire. Ils prennent le temps de faire une petite pause malgré l’intensité de la campagne pour expliquer à un petit étudiant français leur vision du Canada qu’ils aimeraient voir demain.

Pour certains, cette campagne est plate, comme pour Stéphane Laporte, journaliste à La Presse. Pour lui « les présidentielles américaines, c’est la NFL. Les élections canadiennes, c’est la CFL. ». C’est vrai que nombre de comtés connaissent déjà leur vainqueur et même la grande question de savoir si un député vert sera élu a déjà sa réponse. Madame May, grâce à Stéphane Dion qui a retiré son candidat pour laisser le champ libre, sera bel et bien présente à la chambre dans quelques mois.

Mais dans d’autres circonscription, la bataille est belle et rude. C’est le cas des deux comptés dont le Polyscope vous présente dans ce dossier : Outremont et Papineau. Les candidats débattent, s’entre-déchirent, s’invectivent et parfois même laissent filer quelques noms d’oiseau, malheureusement pour vous rien de tout cela dans ce dossier… Les candidats que nous avons interviewé n’ont pas critiqué une seule fois leurs adversaires et les autres partis, ils n’ont pas dit qu’ils avaient des ambitions pour leur carrière comme devenir ministre, ni qu’ils se préoccupaient plus de leurs citoyens que leurs adversaires. Dans ces deux endroit, la bataille promet d’être serrée jusqu’au dernier bulletin de vote. Au niveau fédéral, les sondages ne donnent guère espoir dans un changement, mais (toujours d’après ces mêmes sondeurs) on aura peut-être une (bonne ou mauvaise selon les diverses opinions) surprise pour la seconde place. Rendez-vous le 14 octobre en soirée pour faire le bilan de cette énième élection fédérale.

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*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.