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Musique, cendres et amour. Ceux que l’on porte.

New York, 11 septembre 2001. Le monde changea subitement, sombrant dans une valse énigmatique de paranoïa, d’extrêmes et d’intolérance. Mais à une plus petite échelle, quelle en fut la conséquence sur l’amour, l’effet sur une petite histoire intime ? Voila le défi qu’Andrew Dainoff décide de relever avec sa pièce Ceux que l’on porte.

L’histoire. David décide de laisser Los Angeles derrière lui pour rejoindre sa Sally à New York. Leur idylle fleurira à l’ombre des tours jumelles. David passionné et musicien de jazz, se produit dans un club jazz de la ville. Tout semble couler le plus paisiblement, entre nuits ardentes avec Sally et spectacles avec son nouveau meilleur ami mordu de musique… Jusqu’à ce que le World Trade Center s’effondre, engloutissant dans sa chute les bureaux, les employés, les pompiers, et Sally, chef d’un des restaurants de la tour. C’est alors le plongeon pour David dans la plus sombre des nuits, celle où l’on désire que les fantômes appellent et où l’alcool se révèle être un bien bon accompagnateur. Bourbon sur bourbon, David décide de quitter New York pour se reprendre en main et se rend à Rome. Début d’un voyage intérieur qui sera déterminant pour David. Il y a rencontrera l’amour, mais pas sous la forme qu’il espérait. Il revient à New York, se rendant compte que pour oublier Sally il est tombé dans les bras d’un new-yorkais à Rome. Puis la fatalité s’abat sur lui. D’abord son amant séropositif, puis son ami musicien s’éteignent, l’un d’un lymphome, l’autre d’une fusillade.

« J’ai trois amis. Ils sont morts. Je suis désolé. David. »

L’auteur américain Andrew Dainoff aborde un sujet troublant de l’Amérique, une cicatrice encore béante. En nous faisant partager cette pièce forte et intime, nous voyageons dans le New York de la musique, de l’amour, mais aussi celui des cendres qui pèsent sur les vêtements et qui brûlent les yeux. Une mise en scène originale avec deux musiciens (Philipe Brault et Simon Cloutier) sur scène, jouant avec brio de leurs instruments, vient accentuer l’ambiance jazz de la pièce et ajouter un cachet intime au récit. L’acteur Félix Beaulieu-Duchesneau se livre à une performance intense, à vous attendrir, vous faire rire, vous étonner et pleurer. Rendez-vous dans les clubs jazz newyorkais, aux bars où l’alcool coule sans sembler s’épuiser, à Rome, Central Park et le pont de Brooklyn, rendez-vous avec l’amour sous toutes ses formes, mais aussi avec la détresse puis le souvenir. Une pièce traitant de nos peurs, de nos sentiments, un récit marquant. À voir absolument !

Du 14 octobre au 8 novembre 2008 à l’Espace Go. Ceux que l’on porte, une production du Théâtre PÀP, d’après l’œuvre originale de Andrew Dainoff, traduit de l’américain par David Laurin, mis en scène par Vincent-Guillaume Otis et interprété par A.-E. Bossé, F. Beaulieu-Duchesneau, P. Brault et S. Cloutier. Prix étudiant, 24 $.

Crédit photo : PolyPhoto

Mots-clés : Théâtre (92)



*Les auteurs ont l’entière responsabilité de leurs articles et n’engagent d’aucune façon l’équipe du Polyscope ou de l’AEP, sauf lorsque la signature en fait mention. Nous laissons au lecteur la jugeote de déceler le sarcasme saupoudré sur nos pages.

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