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Tu veux-tu venir icite ?

Une française@Montréal

Allô amis de la Poly! J’espère que votre semaine a été bonne. Comme vous pouvez le constater, le public ne m’a pas éliminée et j’ai eu le droit de revenir en deuxième semaine. Bon, comme je vous le disais la dernière fois, ma chronique va traiter des différences culturelles entre les francophones du Vieux et du Nouveau Continent. En fait depuis que je suis arrivée à Montréal, j’ai été confrontée à des situations assez comiques. Je dois vous dire que nous avons beau parler la même langue, français et québécois, nous ne parlons pas le même langage. Je sais que je vais me faire beaucoup d’ennemis à la Poly mais également au Québec à la suite de cette chronique mais où est le fun sinon? Je suis française ne l’oubliez pas et nous sommes mondialement connus pour être des râleurs de première pour qui la chicane est un sport national. Pas une année ne passe en France sans qu’une grève nationale n’éclate de préférence vers le mois de mai histoire de manifester sous le soleil. On n’est pas fous quand même !

Bon mes amis québécois, ça me fais chier de vous dire ça, parce que honnêtement vous m’êtes bien sympathiques, mais où avez-vous appris à parler les enfants ? Quand on pose une question à quelqu’un on met le sujet à la deuxième place dans la phrase. Enfin ça c’est que je pensais avant de mettre un pied à Montréal. Ici, excusez moi, icit (d’où vient le «t», j’en ai aucune idée) non seulement le sujet est mis à la première place mais il est également mis à la troisième place. Je récapitule quand vous posez une question vous vous sentez obliger de répéter deux fois le sujet. Exemple : « Veux-tu du café ?» se dit «Tu veux-tu du café ?». Pourquoi précisez le sujet deux fois ? Vous avez peut-être peur que la personne ne comprenne pas du premier coup que c’est à elle que vous posez une question. Le premier «tu» sert alors d’avertissement. Attention je vais te poser une question. Le deuxième «tu», bah il est à sa place alors il s’est dit qu’il ne voyait pas pourquoi il devrait dégager. Il a raison, il ne faut pas se laisser faire par l’autre «tu» qui s’est incrusté sans demander la permission. Je suis avec toi mec. Lâche pas. Ça c’est encore la version la plus correcte, excusez, correc (ah c’est donc de là qu’il vient le «t» de icit) de la question québécoise. Eh oui les amis, j’ai déjà eu le droit à un «Vous voulez-tu… ?». Là je dois vous avouer que j‘ai capoté (halluciné pour les français). Attendez, je veux bien être flexible mais il y’a un moment où il faut choisir. Tu ou Vous that is the question. En parlant du Tu ou du Vous, les Québécois vous avez le tutoiement facile. Ce n’est pas que ça me gêne, au contraire ça a le mérite de mettre à l’aise de suite, mais mettez vous à la place d’une française à qui on a toujours dit qu’on devait dire «vous» aux inconnus. Le «tu» nous paraît alors comme une intrusion trop précoce dans notre sphère privée. En France tu tutoies tes potes (ta gang), ta famille et puis les gens que tu connais un minimum. Du coup quand le guichetier du métro m’a dit « Tu veux-tu un ticket régulier ou réduit ?», j’ai eu envie de lui répondre qu’on n’avait pas élevé les cochons (les caribous) ensemble.

Là vous vous dites que je suis culottée de venir dans votre pays et de vous insulter de la sorte. C’est vrai que ce n’est pas correc de critiquer quand on est invité quelque part. Mais souvenez vous que je vous avais prévenu. Je suis une fucking parisienne et j’aime la chicane. Bon je vais essayer d’enchaîner sur une note positive. Il ya un truc que je trouve fort agréable lorsque je vais faire du shopping (magasinage), c’est que les vendeurs me demande si ça va quand je rentre dans la boutique. En France des fois la vendeuse ne me calcule même pas. Du coup, je me sens frustrée. Mais ici le vendeur s’intéresse à moi. Il veut savoir comment je vais. Bon moi encore timide je réponds : «ça va merci et vous ? ». Bon je fais mes achats. Je règle et le remercie. Il me répond : «Bienvenue». Du coup je lâche un second merci. Bah ouais je trouve ça sympa de ça part de me souhaiter la bienvenue au Canada. C’est évident qu’avec mon accent il a tout de suite compris que je n’étais pas d’ici. Mais au bout d’une semaine à Montréal, je me demande si les québécois vont me souhaiter la bienvenue pendant tout mon séjour. Ce que j’ai réalisé un peu plus tard c’est que là où un français répond «de rien» ou «il n’ya pas de quoi» après un «merci», un québécois répond «bienvenue» (traduction littérale de l’anglais «welcome»). Même langue mais langage différent.

Sans transition j’aimerai finir ma chronique sur un petit message personnel. La semaine dernière je vous ai dit que j’étais à la recherche d’un bûcheron québécois. Je crois que mon appel est tombé dans l’oreille d’un sourd. J’ai beau checké mes mails (courriels), toujours pas de chemises à carreaux à l’horizon. M’aurait-on menti ? Le bûcheron canadien serait-il une légende au même titre que le monstre du Loch Ness ? Sur ce, passez une bonne semaine la Poly. Faites pas trop de bêtises (mais un peu quand même !) et à la semaine prochaine si je ne me suis pas faite lyncher dans un couloir de Poly.

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